Sans Tabou: quand les héritiers d’ATT s’entredéchirent

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En plus du PDES, des partisans de l’ancien président exilé à Dakar, depuis le coup d’État du 22 mars, mettent sur les fonts baptismaux, un Parti politique dénommé Mouvement Citoyen pour l’alternance, le Travail et la Transparence (MC-ATT). Si les deux formations politiques ont en commun la revendication de l’héritage du plus Grand soldat de la démocratie, elles sont opposées dans la manière de défendre ce bien commun.

Plus de quatre années après l’exil de l’ancien président ATT à Dakar, suite à un putsch militaire en mars 2012, ses héritiers se déchirent. Ainsi, deux camps revendiquent déjà l’héritage du tombeur de Moussa Traoré, à savoir: d’un côté des extrémistes radicaux, rassemblés au sein du PDES, qui s’abreuvent d’invectives, qui voient tout en noir et pensent qu’il n’y a de baptiseurs, de visionnaires, de bienfaiteurs que leur mentor. Ils se sont embusqués du côté de l’opposition et ne manquent d’occasion pour lancer leurs flèches contre le pouvoir en place. Il s’agit pour ces extrémistes dont le rang ne cesse de rétrécir, d’acquérir de nouveau la sympathie du peuple du Mali afin de le gouverner. Cette arrogance et l’agressivité de certains responsables de ce parti sont-elles étrangères à la démission, depuis quelques jours, du président par intérim du PDES, l’ancien maire de Gao, Sadou Harouna Diallo ?
De l’autre côté, des modérés partisans du général fuyard, jugeant cette position trop agressive et suicidaire, se sont démarqués du PDES pour mettre en place le MC-ATT (Mouvement Citoyen pour l’alternance, le Travail et la Transparence. En tout cas, les têtes d ‘affiche de ce renouveau du Mouvement citoyen, dont les noms circulent sur les réseaux sociaux (Sidi Bocoum, Ouleymatou Tamboura et Jeamille Bittar), sont tous des anciens compagnons d’ATT. En effet, frappés d’ostracisme au sein du PDES où la plupart ont été exclus, les rénovateurs appellent leurs camarades à s’unir « pour faire rayonner la vision du Président ATT, faire triompher la vérité et la justice, préserver les acquis de la Révolution du Mars 1991 et ceux de la décennie de gestion consensuelle, du président ATT, soutenir et concrétiser notre idéal commun de paix de prospérité et de bonheur pour notre Nation et notre Peuple ».
Refusant toute polémique et surtout tout extrémisme dans l’acte et dans le discours, parce que, soutiennent-ils le président ATT n’a jamais insulté personne, le nouveau parti affirme se démarquer totalement du radicalisme affiché par certains barons de l’actuel PDES qui ne représente plus qu’une parodie de la vision du président ATT. C’est pourquoi le MC-ATT refuse de faire partie d’une opposition qui aujourd’hui est aux antipodes de la vision d’ATT.
Les têtes d’affiche du parti disent n’être pas opposés à l’homme qui a mis le tombeur d’ATT sous les verrous et qu’après l’abandon des poursuites contre leur mentor, ils n’ont plus aucun contentieux avec le régime du président IBK.
Le nouveau parti serait-il de la majorité ? La réponse de ses responsables est évasive : « Notre seul camp, c’est le Mali ; c’est œuvrer pour le Mali. Nous sommes prêts à le faire avec tout le monde sans invective et sans insulte ».
Le Mouvement Citoyen pour l’alternance, le Travail et la Transparence, qui a déjà rencontré la majorité présidentielle et l’opposition, s’apprête à organiser, dans les tout prochains jours, une importante réunion d’information générale et d’échanges pour engager et réussir le retour dans la grande famille de tous les Hommes et Femmes qui ont fait avec ATT, la grandeur et la fierté du Mali.
Au regard de ces deux idéologies antinomique, on peut dire que les partisans de l’ancien président sont divisés autour de son héritage politique et idéologique.

Par Sikou BAH

Source : aBamako

aBamako

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