Présidentielle de 2018 : IBK peut-il encore convaincre ses compatriotes ?

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Cette élection qui s’annonce dans un peu plus d’une année sera très difficile pour le président de la République, Ibrahima Boubacar Kéita, son parti, le Rassemblement pour le Mali (RPM) et les autres partis de la majorité présidentielle. Pour cause. A quelques mois de la fin de son mandat, les citoyens maliens restent partagés sur le bilan d’IBK. Pourtant, l’homme avait été plébiscité à plus de 77% lors de la présidentielle de 2013.

Si des voix s’élèvent pour dire que l’on n’organise pas des élections en Afrique pour les perdre, des observateurs estiment que l’alternance est amorcée au Mali. Ils justifient leur position par la défaite du parti au pouvoir dans certaines grandes communes du Mali lors des dernières communales: la commune urbaine de Sikasso, celle de Koulikoro et la commune VI du district de Bamako, entre autres.  Pour les observateurs de la scène politique malienne, cette chute du RPM prouve à suffisance que le peuple malien ne croit plus à ses gouvernants. 

Rappelons que dans son projet de société, IBK propose d’apporter une solution définitive au problème du nord, de réconcilier les Maliens et de rétablir durablement la paix et la souveraineté. Dès son élection, il était très attendu par un  peuple qui voulait des réponses claires à ses maux. C’est ainsi que certains de nos confères rappellent encore les arguments du Président IBK lors de sa campagne électorale en 2013 : « Depuis plusieurs années, le Mali a démantelé son système de défense avec pour conséquence le délaissement progressif d’une partie du territoire. La zone nord a été depuis plusieurs  années administrée par les réseaux de trafiquants, notamment narcotrafiquants. Depuis l’intervention des armées étrangères, l’unification fragile  du territoire  est en marche,  mais l’aide  indispensable  de la Mission  des Nations Unies  au Mali (Minusma), n’est pas destinée à s’installer durablement au Mali. Aujourd’hui, le départ des  troupes étrangères aussi bien de l’Irak que l’Afghanistan, posent problèmes. Notre souveraineté dépendra de notre  capacité  à apporter  une solution définitive aux problèmes du Nord, à anticiper nos besoins futurs nécessaires à notre  souveraineté  durable,  mais également à prévenir d’éventuelles nouvelles sources  d’instabilité pouvant  venir d’ailleurs ». Un Echec radical, soutient le journal l’Aube.

Le journal de renchérir en ajoutant que Ibrahim Boubacar Keïta a échoué dans sa lutte contre la corruption et la délinquance financière. « En 2014, l’homme avait pompeusement décrété que  «Nul ne s’enrichira plus illégalement et impunément sous notre mandat, Inch’Allah». Mais, de cette date à nos jours, la corruption et les détournements des deniers publics n’ont jamais atteint un tel seuil. Avec un avion présidentiel acheté à 21 milliards de FCFA ; entre 28 et 38 milliards de FCFA détournés dans un contrat d’armement militaire conclu à 108 milliards avec l’avenant ; des irrégularités financières totalisant la somme de 72,88 milliards de FCFA dont 33,86 milliards de FCFA au titre de la fraude (soit 46,46% du montant total) et 39,02 milliards de FCFA au titre de la mauvaise gestion dans le rapport 2014 du Bureau du Vérificateur général », a noté le confrère.

Des personnalités proches du défunt régime du président ATT, se réclamant de l’opposition républicaine, à savoir Soumaila Cissé de l’URD, Modibo Sidibé des Fare AN KA Wili, Tiébilé Dramé du Parena, Daba Diawara du Pids sont en passe de venir ceux en qui le peuple croit.  Même dans sa majorité, le président IBK  a récemment fait des louanges de Soumaila Cissé, chef de fille de l’opposition. L’opposition a tendu la main à la majorité présidentielle après l’attaque perpétrée contre le camp du MOC à Gao, le 18 janvier 2017.  Ce jour les deux camps politiques se sont donné la main pour faire face à l’essentiel. Ainsi, certains observateurs politiques pensent déjà à la réussite de l’alternance. D’autres n’hésitent même pas à dire que IBK prépare le chef de file de l’opposition, puisque déçu de par majorité.  Si cela est avéré, on peut die que le chef de l’Etat a parfaitement raison. Parce qu’aucun de ces partis de la majorité ne peut montrer tangiblement ce qu’il a fait pour IBK. Généralement représenté au Gouvernement par leurs premiers responsables (présidents), ils ne  pensent qu’à leurs propres intérêts.  C’est pourquoi, l’Adema a débarqué le ministre Dramane Dembélé du dernier gouvernement. Et l’entrée de Tiémoko Sangaré a aussi suscité des bourdonnements.

En attendant la mise en place du prochain gouvernement qui pointe à l’horizon, pour permettre à chacun de clairement préciser sa position, l’idée de l’alternance politique au Mali reste une question presque partagée par bon nombre de Maliens. Les choses seront certainement claires dès la nomination du prochain Gouvernement.

Mai Diallo

Maliflash infos


Source : Maliweb

Maliweb

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