Communiqué de presse N°001 : ABA ROLI soutient les initiatives de la Coalition Malienne de lutte contre l’Esclavage par Ascendance

16

Bamako, le 09 février- (ABA ROLI) – l’Association du Barreau américain, Initiative Etat de Droit – ABA ROLI – a soutenu la Coalition Malienne de Lutte Contre l’Esclavage à la tenue de son atelier de planification des activités pour l’année 2017.
«La société malienne dans son ensemble est profondément conservatrice et continue encore de nos jours à traîner des tares comme l’esclavage», s’est indignée la présidente de la Coalition malienne de lutte contre l’esclavage lors de l’ouverture de cet atelier qui a regroupé une trentaine de participants.

Depuis sa création en juillet 2012, à en croire sa présidente, la Coalition, dont est membre ABA ROLI, a entrepris une série d’actions dont la plus emblématique a été l’adoption d’un avant–projet de texte de loi criminalisant l’esclavage et les pratiques assimilées en 2014.

«Après une année et demi dans les locaux du ministère de la justice, ce projet de texte de loi s’est retrouvé au mois de juin 2016 sur la table du Conseil des Ministres, qui ne l’a malheureusement pas adopté», s’est indignée Keita Fatoumata Cissoko. Avant de poursuivre : «… le travail qui nous attend demande plus de persévérance, plus de professionnalisme et plus de plaidoyer-lobbying». «Il nous faut une loi criminalisant l’esclavage et les pratiques assimilées. Oui une loi ! Encore une loi», a-t-elle lancé en guise de conclusion.
Dans son allocution, le directeur Pays d’ABA ROLI, M. Lury NKOUESSOM, a souligné que cet atelier s’inscrit en parfaite harmonie avec l’objectif 3 du Projet de Lutte contre l’Esclavage par ascendance et le travail forcé des enfants, initié par ABA ROLI.

«Notre but c’est d’accompagner la Coalition et les autres partenaires qui luttent contre l’esclavage par ascendance afin d’atteindre les objectifs visés» a-t-il souligné. En effet, l’objectif 3 du Projet de lutte contre l’esclavage, vise à promouvoir un plaidoyer mené par les organisations de la société civile pour une réforme législative abordant les questions de l’esclavage par ascendance et le travail forcé des enfants à travers des fora nationaux et régionaux. Il sera mis en œuvre par quatre organisations nationales, à savoir Temedt, Association des Juristes Maliennes, ODEF et Deme SO pour une durée de 18 mois. La fin des travaux a été sanctionnée par un plan d’actions de sept axes et des recommandations.

Cas de l’esclavage au Mali
Il ressort de la conclusion des études menées par des chercheurs que 7% de la population au Mali est victime de l'esclavage. Les assises nationales de 2014 contre l'esclavage au Mali ont montré que plus de 800.000 personnes en sont victimes. Selon Naffet Keïta, anthropologue à l'université de Bamako, «il y a au moins 300 000 esclaves à part entière au Mali». Mais, en incluant les descendants et les affranchis, le plus souvent méprisés, la question concernerait «plus de 850 000 personnes, soit près de 7 % de la population». L'universitaire a réussi à esquisser une géographie régionale de l'ampleur du problème : de 30 à 35% de la population autour de Tombouctou, 30% à Mopti, 20% à Gao, de 12% à 15% à Kayes.

À propos de Temedt et de la Coalition
Créée suite au Forum de Ménaka du 12 août 2006, TEMEDT, Association pour la consolidation de la paix, le développement, la promotion et la protection des droits humains compte actuellement plus de 40 000 membres. L’association dispose d’une couverture nationale (une coordination par capitale régionale du Mali), ce qui lui permet facilement d’élargir le débat relatif aux transformations sociales indispensables pour un progrès social durable dans tout le pays. D’une manière générale, l’Organisation à travers sa mission contribue à l’ancrage de la démocratie et de la bonne gouvernance au Mali en vue de l’émancipation des communautés notamment les plus marginalisées.

En 2013, Temedt et des organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme ont mis en place un réseau dénommé Coalition de lutte contre l’esclavage par ascendance. Cette Coalition a pour principal objectif l’organisation de plaidoyer pour l’éradication de l’esclavage au Mali.
à propos d’ ABA ROLI
L’Initiative Etat de Droit de l’Association du Barreau Américain plus connu sous son acronyme ABA ROLI se considère en position d’appui dans le domaine de l’Etat de Droit et le processus de réconciliation nationale au Mali.

ABA ROLI œuvre pour l’affermissement de l’Etat de Droit et la défense des droit humains dans plusieurs pays au monde, et en Afrique en particulier, notamment en RDC, en Centrafrique, au Burundi, au Rwanda, au Congo Brazzaville, au Nigeria, en Guinée Conakry, en Mauritanie, et au Soudan, par le truchement d’une assistance technique ainsi que le renforcement des capacités des acteurs divers évoluant dans des domaines pluridisciplinaires et utilisant des approches se fondant sur les attentes communautaires.
Présente au Mali depuis septembre 2010, l’organisation œuvre dans les domaines d’intervention suivants :
• La lutte contre l’esclavage héréditaire
• La Justice Transitionnelle
• Le Renforcement de l’Etat de Droit dans les Instances Judiciaires de Proximité.
FIN/AMC/AR_fév. 17

Communiqué de presse
Sur invitation de S.E.M. Ramtane Lamamra, Ministre d’État, Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, Chef de file de la Médiation, le Comité de Suivi de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du processus d’Alger a tenu sa deuxième session consultative de haut niveau à Bamako, le 10 février 2017.
Cette consultation a permis de faire le bilan général, d’identifier les difficultés et de formuler des recommandations concrètes afin d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord.
Les participants :
1. Condamnent vigoureusement la récurrence des actes terroristes, particulièrement l’attaque contre le camp du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) de Gao et réitèrent leurs condoléances aux familles des victimes. Mettent l’accent sur la nécessité d’une conjugaison des efforts de toutes les Parties maliennes avec le soutien de la Communauté Internationale, particulièrement la MINUSMA, afin de combattre efficacement le terrorisme sous toutes ses formes.

2. Expriment leur préoccupation quant à la persistance des difficultés dans la mise en œuvre de l’Accord. Font le constat de la lenteur dans la mise en œuvre de certaines dispositions essentielles. En particulier, les dispositions concernant l’installation des Autorités intérimaires et l’opérationnalisation du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC).

3. Réitèrent l’engagement d’intensifier le dialogue et privilégier la résolution pacifique des différends entre les Parties maliennes en vue d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord avec l’appui continu de la communauté internationale. Se félicitent des progrès enregistrés à ce stade dans la mise en œuvre de l’Accord et appellent les Parties à demeurer engagées dans le processus en vue de stabiliser la situation sécuritaire et consolider la paix.

4. Saluent les efforts du Groupe de travail mis en place lors de la 15e session du CSA et se félicitent des engagements pris par les Parties maliennes, contenus dans son rapport, notamment les différentes échéances pour le démarrage des patrouilles mixtes dans les régions de Gao, Kidal et Tombouctou ; l’installation des autorités intérimaires dans les cinq (5) régions du nord entre le 13 et 20 février 2017 ; l’opérationnalisation consensuelle des différentes commissions; l’engagement des Parties maliennes à travailler ensemble à l’organisation de la Conférence d’Entente Nationale et la nomination de l’observateur indépendant dans les meilleurs délais.
5. Saluent la mise en place d’un cadre de concertation permanent et fonctionnel entre les Parties maliennes dans l’intervalle des sessions du CSA. Appellent les Parties maliennes à intensifier les concertations au sein de ce cadre afin d’assurer une mise en œuvre consensuelle des dispositions de l’Accord.

6. Encouragent la communauté internationale à poursuivre son appui politique, technique et financier à la mise en œuvre de l’Accord en particulier pour la réalisation des programmes de développement envisagés dans les régions du Nord du Mali de manière à permettre aux populations bénéficiaires de commencer à profiter des dividendes de la paix.
7. Expriment leur gratitude à tous les membres du Comité de Suivi de l’Accord qui veillent à la bonne conduite du processus de mise en œuvre, particulièrement dans les moments les plus difficiles, et les encouragent à persévérer dans leurs efforts au service de la paix et de la réconciliation au Mali.
8. Saluent l’atmosphère conviviale entre les Parties durant la session et appellent à la préservation de cet esprit fraternel pendant tout le processus de la mise en œuvre de l’Accord.

Source : aBamako

aBamako