La politique versus la religion

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Le combat de l’homme est au-delà du naturel. Pour preuve, une nouvelle lutte est engagée et collée au fronton de la religion. Au Mali, rares sont les politiciens qui peuvent s’affirmer contre un phénomène social détourné de son origine et interprété selon les intérêts.

Aujourd’hui, le danger est grand et la comparaison est houleuse. La politique, pour certains citoyens, est un attelage de mensonges loin de la voie divine. Cette catégorie de personnes est inspirée, instrumentalisée et radicalisée par des fantômes religieux qui courent après leur quotidien.

Depuis le précipice dans lequel nous nous sommes fait plonger en 2012, à cause de la lâcheté des politiciens investis de la légitimité et de la légalité (il faut le reconnaître), les appétits se sont aiguisés et les leaders religieux ont laissé leur place de médiateurs pour se transformer en grands électeurs.

Aujourd’hui tout est pire au Mali, à commencer par la religion dont les adeptes passent leurs jours devant le PMU-Mali et leurs nuits dans les bars et les casinos. Le religieux et le politique n’ont même pas pu amener les citoyens et les croyants commerçants à baisser les prix des denrées durant le mois suprême de Ramadan. L’incivisme grandissant, l’anéantissement de la morale et la perversité à une grande échelle dominent une société qu’on qualifiait de modèle politique et religieuse.

Ce qui est étonnant et grave, c’est qu’en longueur de journée, des bâtiments sont transformés en lieu de culte, souvent climatisés et avec des équipements de dernière génération. L’Etat ne sait même pas comment leur financement est acquis. La politique a échoué et ces deux dernières années le prouvent. Les leaders religieux demeurent silencieux pendant que le peuple croupit dans une misère permanente.

Face à la religion, la politique a perdu ses galons et la République risque d’être formatée. Dans l’ombre et dans les coulisses, les politiciens courtisent ces ‘’traitres’’ religieux, qui au lieu de se montrer droits, tentent d’apaiser un peuple au milieu d’une tempête. À la recherche de l’électorat dans les mosquées, ces politiciens prouvent eux-mêmes leurs accointances avec les chefs religieux. « Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude » a-t-on coutume de dire. La religion est aujourd’hui devenue un fonds de commerce et une grande partie du peuple, en majorité des femmes et des enfants, est téléguidée par des mains extérieures.

Entre la politique et la religion au Mali, l’opportunisme est prépondérant, l’idéologie n’est pas sincère et la foi frôle la mystification. Entre la religion et la politique, chacun a ses privilèges de pouvoir entrainer les candides dans une conquête personnelle loin des valeurs de la nation. Pour dire que chez les politiciens autant que chez les leaders religieux, il y a malheureusement une énorme dose d’apatridie que les maliens n’ont pas encore comprise.

Ammi Baba Cissé ABC

Source : aBamako

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