Grogne sociale dans la sous-région : Quand la grève devient contagieuse

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Au Mali, ce sont les magistrats qui ont paralysé le système judiciaire depuis plus de trois semaines. Obligeant le gouvernement à discuter avec eux et à trouver des solutions. Même son de cloche au Burkina-Faso et en Côte d’Ivoire, en passant par le Bénin, le Niger, la grogne s’amplifie mais à quoi cela est-elle dû réellement ?
Au Burkina Faso, ce sont des militaires et des gendarmes à la retraite qui ont observé un sit-in devant le ministère de la Défense dont le patron en son temps était le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, pour demander l’application d’une décision de justice qui leur octroyait des paiements de salaires dus au fait qu’ils sont allés à la retraite plus tôt que prévu. Avant eux, ce sont des policiers et des militaires radiés qui ont marché et menacé « de tout dévoiler ».

Ils ont posé leurs problèmes à qui de droit parce qu’ils estiment qu’ils ont été abusivement radiés des effectifs en 2011. Pendant ce temps, pour contenir une probable prochaine grogne sociale généralisée, comme l’a connu le pays en 2016, le gouvernement a ouvert le dialogue avec les organisations syndicales.

Si au Burkina Faso tout semble être maîtrisé en ce début d’année 2017, ce n’est pas le cas en Côte d’Ivoire, où tout le monde ou presque est en mouvement. Tout a commencé avec les militaires qui ont revendiqué et obtenu 12 millions chacun, dont cinq immédiatement payables.

Ce qui, naturellement, a permis aux fonctionnaires qui étaient déjà en grève de durcir le ton. Finalement, le gouvernement a été contraint de discuter avec eux et de faire des propositions. Malheureusement, pour l’instant, tout n’est pas rentré dans l’ordre. Après les militaires et les fonctionnaires, les policiers et les sapeurs-pompiers ont naturellement pris la relève, avant que les forces spéciales de l’Armée n’entrent aussi dans la danse.
Au Mali, comme partout ailleurs, ce ne sont plus les préoccupations qui manquent. Partant de ces trois pays, on peut dire que les revendications sociales ne sont pas l’apanage d’un seul pays. Tout le monde est concerné. Quand bien même les réponses d’un pays à l’autre peuvent différer.

Au regard de tout ce qui précède, on peut aisément déduire que les préoccupations des peuples sont pratiquement les mêmes et se résument au bien-être social et économique que sont la sécurité alimentaire et physique, l’éducation et à la santé, l’accès à l’eau et à l’assainissement.

Il n’y a pas de doute que les années à venir seront encore plus difficiles pour les gouvernants qui doivent être suffisamment imaginatifs pour trouver des solutions aux problèmes qui leur seront posés, mais également pour les gouvernés qui doivent travailler et produire davantage s’ils veulent vraiment sortir de la misère. Nul ne sera épargné. Seuls ceux qui l’auront compris plutôt pourraient atténuer les effets des difficultés. On n’a pas besoin d’être un grand analyste macro-économique pour le savoir. Tellement la crise est généralisée.

Paul N’GUESSAN

Source : aBamako

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