Mise en œuvre de l’Accord de paix: encore des complications ?

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La mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali est, une fois de plus, confrontée à des problèmes. A peine fini la rencontre de haut niveau du Comité de Suivi de l’Accord qui a établi un nouveau calendrier pour l’installation des autorités intérimaires et des patrouilles mixtes d’ici fin février dans les régions du Nord, la société civile de Gao conteste le choix de d’installer des autorités intérimaires dans les régions de Tombouctou et de Gao à deux mois des élections régionales. La communauté noire Kel Tamasheq qui estime constituer 80% de la population des régions nord du Mali, continue aussi de réclamer son implication dans la mise en œuvre de l’accord.

Pour surmonter les nombreux blocages constatés dans la mise en œuvre de l’accord, une réunion de haut niveau s’est tenue à Bamako le weekend passé. Ainsi, un nouveau calendrier a été fixé, à la fin des travaux, pour l’installation des autorités intérimaires et des patrouilles mixtes d’ici fin février dans les régions Nord du Mali: l’installation des autorités intérimaires est prévue du 13 au 20 février 2017, et les patrouilles mixtes doivent démarrer le 20 février à Gao, le 28 février à Kidal, et une semaine après à Tombouctou.

Ce nouveau planning dans la mise en œuvre de l’accord a provoqué l’ire de la société civile de Gao dont l’Association Gao Lama qui s’interroge du « bien fondé d’un tel accord concocté par la médiation internationale au profit des éléments de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) consacrant de fait la partition du pays». « Pourquoi la Conférence d’Entente Nationale qui était sensée être primordiale pour la mise en œuvre de l’accord n’a pas encore vu le jour ?

Pourquoi le Mécanisme opérationnel de coordination et les patrouilles mixtes ne commencent pas par Kidal qui renferme dangereusement tous les ennemis armés du Mali ? Pourquoi mettre des autorités intérimaires à Gao et Tombouctou à deux mois des élections régionales ? Pourquoi autant de mépris pour les populations qui représentent plus de quatre vingt dix pour cent des régions de Gao et Tombouctou pourtant dédiées à la cause du Mali ? », s’interroge, dans un communiqué, l’Association Gao Lama.

« On se prépare sur le terrain. Il faut s’attendre à des mouvements. Nous sommes contre l’installation des autorités intérimaires », indique, contacté par le Républicain, Abdel Kader Maïga, le secrétaire général du bureau international de Gao Lama international. Selon Maïga, il faut complètement laisser tomber cet accord là. « On est en train d’aller à la Conférence d’entente nationale. Il faut profiter de la conférence pour réécrire l’accord dans son intégralité, une et que ça soit quelque chose qui vient des Maliens et pour le bonheur des Maliens. C’est la seule solution définitive et pérenne. Sinon tout le reste n’est que des subterfuges pour arriver à des intérêts individuels et partisans », souligne le secrétaire général du bureau international de Gao Lama international.

Le lendemain de la réunion de haut niveau du Comité de Suivi de l’Accord, le samedi 11 février 2017, le Professeur Inamoud Ibny Yattara, leader de la communauté noire Kel Tamasheq et qui estime constituée 80% de la population du nord du Mali a réclamé, une fois de plus, la participation de sa communauté dans l’application de l’accord : « Nous sommes oubliées par l’Etat. Nous voulons notre participation dans le processus de mise en œuvre de l’accord. La communauté réclame son droit de participation ».

Madiassa Kaba Diakité


Source : Africatime

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