Doctrines: Se recommander au Dieu unique

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Au nombre des préceptes enseignés par l’Islam, le principe du monothéisme constitue l’un des fondements essentiels sur lesquels portent les fréquents rappels des oulémas. Dans leur exégèse ils remontent aux recommandations de l’ancêtre des religions monothéistes, le prophète Abraham qui avait combattu l’idolâtrie.
S’adressant à son peuple qu’il voyait adorer des statues avec ferveur, le patriarche leur dira qu’ils sont dans « une erreur évidente ». Au fil des siècles, selon les théologiens, ses prescriptions se dilueront dans la mémoire des peuples et la pratique de cultes voués à de multiples divinités se poursuivra sous diverses formes. Durant cette période identifiée par l’Islam comme l’âge de l’ignorance, de nombreuses idoles avaient été apportées à La Mecque de contrées voisines et dressées dans le sanctuaire de la Kaaba.
Les révélations reçues par le Sceau des prophètes (PSL) seront sans équivoque sur la question : « Dieu ne pardonne pas que lui soient associées d’autres divinités. Il pardonnera tout le reste à qui il voudra.
Quiconque lui associe d’autres dieux est dans un égarement lointain », est-il dit notamment à ce sujet (4:116). Ainsi le Messager s’attachera, tout au long de son existence terrestre à combattre ces pratiques et la prise de La Mecque sera marquée par la destruction des idoles rangées dans le sanctuaire.
Les théologiens musulmans rappellent cependant la persistance de la tendance humaine à recourir à diverses formes d’association dès que se manifeste la moindre contrariété dans son quotidien.
Relevant que le pouvoir des idoles, comme de toute illusion, dépend de la coopération et du consentement de ceux qui s’y abandonnent, les oulémas rapportent l’histoire d’un roi, adepte de ces pratiques. Il avait coutume, avant de s’engager dans quelque entreprise qu’il soit, de consulter des flèches divinatoires d’une idole. Procédant un jour à pareille consultation avant une expédition qui était pour lui de première importance, le roi tirera par trois fois la flèche qui symbolisait l’interdiction de toute action. Le monarque qui tenait à marcher ce jour-là contre un ennemi abhorré, entra dans une grande fureur, invectiva l’idole, puis la détruisit. Il se mit alors en route, se recommandant au Dieu unique. L’expédition fut couronnée de succès et le roi fut le premier à dénoncer le pouvoir de cette idole. Dans la même conception, les oulémas assimilent à une transgression des prescriptions toute attitude associant quelque entité au Créateur Unique qui est absolu et totalité.
Soulignant que « rien ne peut lui être adjoint ou retranché, car il est indivisible et représente tous les possibles », les docteurs de la foi recommandent au fidèle musulman de s’écarter des diverses formes que peuvent revêtir la transgression de ces principes. C’est ainsi qu’ils caractérisent de « moindre polythéisme » le fait de prêter serment sur un être ou un objet que l’on considère sacré autres que Dieu.
Dans ce registre s’inscrit aussi la pratique du fidèle de prouver sa bonne foi en jurant sur tout ce qui peut lui être cher, en dehors de l’invocation de Dieu. Sans équivoque, le chapitre de l’Ouverture le rappelle entre autres passages dans le Saint Coran : « C’est toi seul que nous adorons, c’est toi seul dont nous implorons le secours ».
A. K. CISSE

Source : aBamako

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