Insécurité permanente au nord et au centre: Le trou noir du régime

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En février 2015, l’Assemblée Nationale du Mali a voté la loi de programmation militaire sur la période 2015-2019 pour un montant de 1 230 milliards F CFA. Ce programme prend en compte l’équipement des militaires, leur formation et l’augmentation des primes surtout en cette période d’instabilité.
Nous avons naïvement pensé qu’une fois ce budget voté le nord sera tout de suite libéré, car avec cette manne d’argent les FAMAS allaient être dans les conditions pour défaire tout groupe fut-il la CMA, AQMI ou les signataires par le sang de Moctar Ben Moctar ou la katiba d’ Amadou Koufa.
Nous avons espéré qu’avec un certain niveau d’équipement des FAMAS, en hélicoptères de combat, en avions de transport, en avions de combat de type Tucano, la bataille deviendra inégale. Mais hélas. Ce n’est pas encore le cas, car les FAMAS peinent à restaurer la sécurité. Chaque jour que Dieu fait, il y a des morts, des blessés, des disparus conséquence des attaques terroristes. Malgré les informations reçues sur la région de Mopti et le déploiement des FAMAS la traversée annuelle de Diafarabé qui est une tradition, a été annulé ce qui va permettre aux terroristes de pousser des ailes. Les élections de novembre 2016 ont été émaillées d’assassinats et de disparitions notamment de personnalités politiques. Cinq soldats ont même péri dans une embuscade le 20 novembre 2016, le jour même des élections communales.
Lors du vote du budget 2017, l’opposition avait signalé que ce budget ne prenait pas en compte les aspirations profondes du peuple malien notamment les questions sécuritaires. Les plus hautes autorités ont été averties de l’absence de l’Etat dans le nord et le centre du pays. Certaines zones de la région de Mopti, du fait de la présence des djihadistes, n’ont plus de services sociaux de base, aucune présence du pouvoir central une aubaine pour les djihadiste. Après les élections, les assassinats ciblés se sont multipliés touchant aussi bien les élus locaux les représentants de l’Etat et les informateurs de l’armée.
Au moment où on pensait que tout entrera dans l’ordre grâce aux avions reçus en décembre 2016, et la mise en œuvre du Mécanisme Opérationnel de coordination (MOC) la situation a subitement basculé avec l’attentat meurtrier de Gao qui a fait presque 80 morts et autant de blessés. Cet attentat a été revendiqué par Almourabitoune. Le dit attentat est venu rappeler à la communauté internationale et au gouvernement malien que la sécurité dans le Sahel n’est pas pour demain. En faisant un bilan des pertes pour les deux dernières années, il y a eu en 2015, 538 personnes tuées ; en 2016, il y a eu 396 morts et les deux premiers mois de l’année 2017, il y a eu 176 morts. Le Ministre malien des affaires étrangères Abdoulaye Diop a dit à ces homologues du G5 Sahel, que la situation sécuritaire au Mali est assez préoccupante, malgré la présence des forces de la MINUSMA, de Barkhane et des forces africaines.
L’EUTM qui a depuis trois ans en charge la formation des militaires maliens n’a pas apporté grand-chose pour l’amélioration de la situation sécuritaire. Les contingents Sigui, Waraba, Panthère noire, Eléphant, Balanzan, Elou ont été formés sans que l’on sache à quoi ils ont servi, tellement l’armée est absente sur une bonne partie du territoire. Les populations ont comme l’impression qu’ils sont les parents pauvres des questions sécuritaires.
Est-ce une question d’équipements ? On ne saurait le dire et pourtant les djihadistes, les terroristes et la CMA s’emparent toujours des véhicules abandonnés par les FAMAS lors des affrontements. Le lundi 6 mars, dans la localité de Boulkessi, commune de Mondoro, cercle de Douentza, douze militaires maliens ont trouvé la mort à la suite d’affrontements violents avec des djihadistes venus du Burkina Faso. Les soldats maliens qui ont survécus se sont repliés, faute de munitions. Au même moment, certains hauts responsables militaires gaspillent des munitions à Bamako en jouant au Kotéba au centre de tirs de la police nationale.
Est-ce une question de formation ? Peut-être, car les Sénateurs français ont dit en 2016, après une visite sur le terrain, que l’UETM faisait non seulement une formation au rabais, mais aussi que l’Union Européenne ne fournissait pas les équipements nécessaires et adaptés aux troupes formées. Certains spécialistes dénoncent un laxisme coupable des partenaires du Mali pour l’entrainement des éléments pris individuellement mais aussi en groupes. L’attentat de Gao est une conséquence sûrement de ce laxisme.
Nous nous rappelons qu’en 2016, Moussa Mara avait annoncé que sur deux années budgétaires seuls 10 milliards F CFA ont été décaissés sur les 213 milliards de programmés au titre de 2015 et 2016. L’Etat et les FAMAS vivent-ils cette tare de la Gouvernance d’IBK ? Les FAMAS mangent-elles à leur faim lors des opérations ?
Leur niveau d’équipement en matériel de communication est-il efficient ? Les FAMAS ont-elles assez de véhicules 4x4 pour opérer ? Ont-elles des primes à hauteur de souhait pour avoir un bon moral ?
Ceux qui ont fait des actes de bravoures sont-ils récompensés à la hauteur de leur attente? Les familles de ceux qui meurent aux combats bénéficient-ils d’une prise en charge conséquente ? Ce sont des questions qui paraissent idiomatique, mais les réponses à ses questions pourront nous édifier sur la mal gouvernance et l’injustice en cours au sein de notre armée.
Si on devrait faire aujourd’hui le bilan du Ministre de la défense Abdoulaye Idrissa Maïga, un homme de rigueur d’habitude et celui du Général Didier Dako, ils doivent faire des efforts, les fruits n’ont pas tenu les promesses des fleurs. Les laudateurs tireront à boulets rouges sur le journal « CARREFOUR » pour une telle appréciation. Les critiques c’est pour éviter les erreurs du passé afin de connaitre la réalité des choses. Un proverbe chinois ne dit-il pas que si ton ami ne te dit pas la vérité paye ton ennemi pour qu’il te dise la vérité C’est en ce moment que les vraies responsabilités seront situées. Il en est de même du quinquennat d’IBK en terme de gouvernance sécuritaire. Beaucoup d’annonces ont été faites depuis la campagne électorale de 2013, mais il y a eu peu de réalisations, donc peu d’avancées parfois par la faute de la communauté internationale. Depuis le 17 mai 2014, les FAMAS n’ont pas avoir le dessus sur les groupes armés. Nous aurions souhaité que les fonds qui ont servi à payer une cinquantaine de véhicules 4x4 pour les beaux yeux de certains imams au Mali, aillent dans l’achat de 100 pick-up pour doter les FAMAS cantonnées dans les régions de Mopti et Ségou en matériel roulant. Cette option sécurisera plus les populations maliennes que les prières de certains « Imams politisés ».
L’insécurité permanente depuis l’arrivée d’IBK à la tête de l’Etat malien, est devenue le la tâche noire du premier quinquennat d’IBK. Le peuple saura évalué le bilan sécuritaire du mandat du ‘’Kankélétigui’’ au moment.
Badou S KOBA

Source : aBamako

aBamako

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