Centième numéro du journal « le Nouveau Réveil » : Que de chemin parcouru

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Lorsqu’en 2014 l’hebdomadaire « le Nouveau Réveil » voit le jour, peu d’observateurs imaginaient qu’il ferait encore partie du paysage médiatique 2 ans après et encore moins qu’il serait parmi les journaux les plus anciens et les plus réguliers du pays.

En effet, à l’époque, rien ne pouvait laisser présager une telle longévité. N’eût été la volonté, la détermination et l’abnégation de son promoteur, ainsi que le dévouement et la conviction de son équipe de rédaction, « le Nouveau Réveil » aurait connu le même sort que les dizaines de journaux qui ont été emportés par les innombrables embûches qui ont jalonné l’histoire de la presse malienne.

Bien sûr, Il y avait d’abord les contraintes matérielles. Sans être long, à titre d’illustration, le journal ne disposait que d’un seul ordinateur sur lequel on faisait la saisie. Pour la maquette, il fallait mettre toute la matière sur des clés USB dont la qualité laissait souvent à désirer.

Ainsi, il arrivait, après avoir fait plusieurs kilomètres, qu’on soit obligé de retourner au siège du journal pour reprendre l’opération, parce que la machine refusait de lire une clé. Finalement, on avait opté pour une solution radicale : transporter l’ordinateur !

Après, on devait affronter les «affres» de l’imprimerie où les calques étaient déposés ; et si par malheur il y avait des erreurs et qu’il fallait reprendre certaines choses, on était obligé de sillonner les quartiers pour retrouver les journalistes et le maquettiste. Toutefois, si on parvenait à dépasser les embûches de l’imprimerie, les tracas n’étaient pas pour autant terminés.

Aujourd’hui, sans verser dans l’autocongratulation et l’autosatisfaction, force est de reconnaître – malgré les nombreuses difficultés qui persistent (matérielles et financières) – que « le Nouveau Réveil », s’est imposé parmi les publications les plus crédibles du pays. Ce parcours et cette longévité, s’expliquent, entre autres, par une ligne rédactionnelle qui a su résister aux pressions et aux attitudes partisanes.

Il est vrai qu’à ses débuts « le Nouveau Réveil » a eu à prendre des positions qui ont pu être considérées comme «sectaires» ; mais il faut reconnaître qu’avec le contexte de l’époque qui était marqué par des violations massives des droits de l’homme, le manque de liberté, d’égalité et de justice, il était difficile de faire autrement; une ligne éditoriale étant fortement tributaire de son époque.

« Le Nouveau Réveil » a ainsi évolué pour se positionner comme un journal à équidistance entre tous les acteurs politiques, économiques et sociaux ; ce qui lui vaut souvent – paradoxalement – des inimitiés, les uns et les autres lui reprochant ses «attaques», dès qu’un article ne va pas dans le sens qu’ils souhaitent. Mais c’est ça aussi le prix de l’indépendance.

En effet, l’engagement de participer modestement, mais activement à la transformation de la société et des hommes en vue de créer les conditions de réalisation d’une gouvernance de qualité, d’une société véritablement démocratique et d’un développement harmonieux au profit du plus grand nombre de Malien, le journal comme son nom l’indique a pris la résolution d’accompagner et de susciter au besoin, le réveil positif que les uns et les autres se plaisent d’évoquer, à longueur de discours. Deux ans après le début de cette aventure, l’heure n’est pas au bilan tant le temps qui vient de s’écouler paraît si court. Mais « le Nouveau Réveil » est fière d’avoir contribué à améliorer des choses en rapport avec la collectivité ou à l’échelle du citoyen. Et cela parfois en tant qu’acteur clé, tantôt en témoin avisé.

Certes, il ne manque pas de Maliens ou d’institutions qui rament encore à contre-courant de l’histoire, mais la dynamique du réveil est enclenchée. Elle est irréversible. « Le Nouveau Réveil » réitère à nouveau sa volonté d’être un outil au service de cette transformation sociétale. Dans un contexte aussi critique que celui que traverse le Mali en ce moment, « le Nouveau Réveil » a la prétention de jouer un rôle de contre-pouvoir dans cette vague de turbulences politiques et sociales. À chaque parution, le journal s’engage à mettre en lumière les actes, les comportements et décisions qui sont de nature à freiner la marche du pays vers le progrès et le développement intégral et intégré. En revanche, nous n’hésiterons pas à promouvoir et à vulgariser les bonnes pratiques, les actions et les idées qui sont porteuses de réelles plus-values pour le Peuple et la Nation.

Si nous avons pu tenir tant bien que mal le pari de notre aventure, c’est grâce –en grande partie –à tous ces facteurs énumérés ci-dessus. Car le Nouveau Réveil –en dépit de la constante croissance de son audience –a du mal à s’intégrer dans le marché de la publicité qui, vraisemblablement, obéit à des paramètres subjectifs voire politiques dans notre pays.

En ce centième numéro en deux ans d’existence, l’hebdomadaire « le Nouveau Réveil » voudrait ainsi renouveler son contrat avec ses lecteurs et les patriotes de tout bord qui rêvent d’un Mali digne et prospère, d’un peuple solidaire et épanoui pour poursuivre la marche.

Jean Pierre James

Source : aBamako

aBamako