61ème session de la Commission de la condition de la femme : LE Plaidoyer de Mme Sangaré Oumou Ba

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Le chef du département a profité de cette tribune pour expliquer les avancées dans l’autonomisation de la femme sans occulter les défis qui restent à relever

Le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Sangaré Oumou Ba a conduit une importante délégation aux Etats-Unis. Elle a pris part hier au siège de l’ONU à New York à la cérémonie d’ouverture des travaux de la 61è session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies. Cette session a été placée sous le thème « autonomisation économique des femmes dans un monde de travail en pleine évolution : comment tirer parti de la technologie et de l’innovation pour accélérer l’émancipation économique des femmes ».

Mardi, Mme Sangaré Oumou Ba a plaidé la cause des femmes maliennes à cette importante session. Les conditions d’aller á l’autonomisation économique des femmes via l’utilisation des technologies de l’information et de la Communication (TIC) sont, entre autres, l’accès á l’instruction, la lutte contre les violences sexuelles et sexistes et le développement d’un environnement socio-économique et juridique favorable á la femme a t-elle expliqué. Cependant, la fracture numérique entre les genres constitue, selon Mme Sangaré Oumou Ba, un problème majeur dans l’expression des potentiels féminins dans le développement économique du Mali. Cette fracture s’explique par plusieurs facteurs à savoir, le faible niveau d’instruction de la femme, son statut socio-économique et les barrières législatives et règlementaires du pays. Cette situation est accentuée par les avancées technologiques qui ont beaucoup révolutionné le monde du travail et de l’emploi surtout avec l’avènement de l’ordinateur et l’Internet, creusant davantage l’écart entre les deux sexes en matière du travail et d’emploi a t-elle ajouté.

Mme Sangaré Oumou Ba a donné quelques réponses aux préoccupations évoquées au cours de cette rencontre ministérielle de haut niveau. Ainsi, elle a expliqué comment les technologies de l’information et de la communication (TIC) et de l’innovation peuvent-elles booster l’autonomisation économique de la femme ? Pour booster l’autonomisation économique de la femme, le chef du département a mis en exergue la prise en compte de la dimension genre dans les politiques, programmes et stratégies touchant les TIC. Elle a fait référence aux documents de politique nationale de la recherche scientifique et l’innovation, de l’économie numérique, le Mali numérique 2020 et celui de l’éducation nationale qui intègrent tous le genre dans leurs objectifs.

2830 femmes élues contre 927 en 2009 : Mme Sangaré Oumou Ba a saisi l’opportunité pour expliquer la longueur d’avance que notre pays a engrangée sur certains, en l’occurrence en évoquant l’accès des femmes aux instances de prise de décisions. A travers notamment la loi N°2015-052 du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives. Ce qui a permis lors des dernières élections communales de novembre dernier d’avoir 2830 femmes élues contre 927 en 2009, le projet d’émergence des compétences féminines (PRECOFEM) avec comme objectif de contribuer à l’autonomisation des femmes.

En matière de formation et de sensibilisation des femmes et des filles sur l’opportunité de développement économique qu’offrent les TIC et leur appropriation, l’OFP (que tu dois préciser) a posé des actes concrets comme le prix d’encouragement aux meilleures filles scientifiques du DEF et du BAC de l’année scolaire 2013-2014 à l’échelle du pays. Ce prix comprend des matériels didactiques et informatiques. Il a aussi créé un centre socio-éducatif composé d’une salle informatique, d’une bibliothèque et d’une salle de conférence, assuré la formation d’une cinquantaine de femmes politiques leaders sur « femmes et élections » sur la loi électorale, la charte des partis politiques, genre et développement et la loi instituant des mesures pour promouvoir le genre dans les fonctions nominatives et électives.

En matière d’éducation, le département peut inscrire à son actif des actions d’instruction scientifique et technologique des filles et des femmes en intégrant les TIC aux programmes d’enseignement pour rendre les femmes plus conceptrices et gestionnaires qu’utilisatrices. Le projet d’autonomisation des femmes et des adolescentes au Mali avec l’UNESCO et certaines agences des Nations Unies sur financement de KOICA, la mise en œuvre du Projet de la délégation de l’Union européenne pour renforcer les capacités des enseignants sur les violences basées sur le genre (VBG) avec 26.000 enseignants formés font partie des actions posées. On peut relever également l’élaboration d’une politique de santé en milieu scolaire et une intégration de la santé de la reproduction dans les curricula de tous les ordres et types d’enseignement, l’élaboration d’un curriculum depuis 2016 par la Direction nationale de l’éducation non formelle et des langues nationales avec comme objectif d’adapter le curriculum aux besoins des bénéficiaires à majorité féminine.

Une majorité des femmes analphabètes : Mme Sangaré Oumou Ba n’a pas passé sous silence les défis auxquels les femmes sont confrontées. A savoir que celles utilisant les TIC ne constituent malheureusement qu’une minorité urbaine et instruite de la population féminine de nos pays, la majorité étant analphabète et rurale. Le statut socio-économique, éducatif et juridique des femmes qui ne leur permet pas de bénéficier pleinement des avantages des TIC entrainant les défis que sont, entre autres, la prise en compte systématique du genre dans les documents nationaux, l’alphabétisation des femmes, l’orientation des filles dans les filières scientifiques, techniques et technologiques, l’accès des femmes aux ressources et aux opportunités et le développement de stratégies pour l’accès du monde rural aux TIC.

Le département ne perd pas espoir de voir s’améliorer les conditions des femmes à travers notamment la mise en œuvre du PRECOFEM, la mise en œuvre du programme d’appui à l’autonomisation économique des femmes rurales dans le contexte de l’insécurité alimentaire et de changement climatique, à travers l’extension des centres d’apprentissage et des « maisons digitales » et le renforcement des capacités en TIC. Car, le ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille croit que l’avènement des TIC constitue une véritable révolution technologique appelant à modifier en profondeur nos modes de penser et d’agir à laquelle nos pays ne peuvent échapper. Ce nouveau secteur peut contribuer à combler le déficit du développement, entre les nations d’une part et entre l’homme et la femme d’autre part, via un accès plus facile et équitable aux technologies et à l’information.

CC/MPFEF

Source : aBamako

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