Affaire bérets rouges : Amadou Haya Sanogo et ses co-accusés attendent la reprise de leur procès

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Le 22 mars 2012 le capitaine Amadou Haya Sanogo renversait le pouvoir en place suite à une mutinerie. L'ex chef de la junte est aujourd'hui détenu à Sélingué. Il est accusé avec 17 autres d’ « enlèvement et d’assassinat, complicité d'enlèvement et d'assassinat » de soldats dont les corps ont été retrouvés dans un charnier à proximité du camp de Kati en 2013. Partie civile et défense sont aujourd’hui dans l’attente de la reprise du procès.

A ce jour aucune date n’est encore retenue pour la reprise du procès. Dans un entretien aux médias, Amadou Haya Sanogo se dit pressé de dire sa part de vérité dans cette affaire. En prison depuis quatre ans, l’ex chef de la junte affirme croire en la justice malienne et maintient qu'il est innocent.
Amadou Haya Sanogo et ses 17 co-accusés sont poursuivis par la justice malienne d’ « enlèvement et d’assassinat, complicité d'enlèvement et d'assassinat », après la découverte des corps d’une vingtaine de bérets rouges près de Kati. Cette unité de l’armée malienne avait tenté de le renverser le 30 avril 2012.
L’ex chef de la junte et ses co-accusés ont été présentés à la barre en novembre 2016. Le jugement est renvoyé après quatre suspensions d’audiences. Les avocats de la défense réclament une nouvelle expertise des corps des militaires assassinés. Depuis, victimes et accusés sont dans l'attente de la reprise du procès. Des sources judicaires indiquent que le laboratoire Mérieux de Bamako a commencé à procéder aux nouveaux tests ADN la semaine dernière.
Le changement à la tête du Parquet général n'inquiète pas les défenseurs d’Amadou Haya Sanogo et ses co-prévenus. Selon eux, un changement de magistrat ne devrait pas avoir d'incidence sur la procédure.
Maitre Cheik Oumar Konaré, membre du pool d'avocats d'Amdaou Haya Sanogo :
« Je ne pense que les changements de magistrats aient une incidence quelconque sur le déroulement des procédures. Il pourrait y avoir quelque flottement lié à la période de transition. Mais, n'oubliez pas que l'administration est une continuité et que le dossier en réalité est connu de tous. En tout cas de ceux qui se succéderont au niveau du Parquet général. Je crois que celui qui est pressenti pour devenir Procureur général de Bamako, a connu le dossier avant d'être muté à Kayes. Donc, il pourrait y avoir quelque petit flottement mais le dossier va suivre son cours normal surtout que l'arrêt de renvoi est déjà rendu. Il n'y a que des mesures de supervision à superviser ».
Pour la partie Civile, le plus important est de faire rapidement les expertises des corps des victimes. Toutefois, ils estiment que le nouveau Procureur pourrait prendre du temps avant de mieux maîtriser le dossier.

Maître Moctar Mariko est l'un des avocats des familles des victimes :
« Si c’est le cas, pour moi ça ne pause aucun problème. Parce qu'il s'agit de la continuité du service. Le Procureur qui va venir sera obligé de continuer ce dossier. Il y a des substituts, et tous les substituts ne peuvent pas partir. Il y a aussi les avocats généraux qui sont là-bas devant la Cour d'appel, qui peuvent aider le nouveau Procureur à continuer la procédure. Le problème qui nous intéresse le plus est l'expertise qui a été ordonnée. Si nous arrivons à avoir cette expertise, je crois que le reste sera facile. Ce changement ne m'inquiète outre mesure. J'étais en face avec le premier Procureur Malamine Coulibaly. C'est avec lui qu'on a combattu les arguments présentés par la défense et les arguments de droit étant universels. C'est le droit en vigueur au Mali qui s’applique et n'importe quel Procureur qui viendra à la place de Malamine Coulibaly pourra faire la même chose. Mais cela peut prendre un peu de temps pour le nouveau Procureur, le temps de comprendre le dossier ».

Source : aBamako

aBamako

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