Il faut le dire… 22 mars : une singulière date pour le Mali

47

En consultant l’éphéméride des évènements marquants au Mali, force est de constater que le mois de mars est bien particulier et le 22 mars une date bien singulière pour notre pays. En effet, nous venons d’entamer la semaine des martyrs avec les activités entrant dans la commémoration du 37ème anniversaire de l’assassinat le 17 mars 1980, du leader estudiantin des années quatre-vingt du siècle dernier, Abdoul Karim Camara, Cabral pour ses intimes. Elle s’achèvera le 26 mars, journée commémorant le 26èmeanniversaire de la chute du dictateur Moussa Traoré qualifié de « grand républicain » vingt-trois ans après, par un des acteurs du mouvement démocratique. Hélas !
Sans vouloir remonter dans notre histoire lointaine, il y a de cela 26 ans, le vendredi 22 mars 1991, Bamako brûlait et Bamako était inondée de sang, de sang rouge de patriotes qui avaient pour simple tort de demander à s’exprimer librement et surtout de pouvoir s’organiser en partis politiques de leur choix. Ce vendredi-là, on tira sur plusieurs manifestants aux mains nues, c’était un 22 mars. Les hôpitaux étaient débordés. Malgré la situation dramatique, comment ne pas admirer la solidarité entre les manifestants ? Des blessés transportés par leurs camarades dans des formations sanitaires au risque de leur propre vie. Comment ne pas louer et admirer ces va-et-vient incessants des femmes et des hommes en blouse blanche s’activant sans discontinuer, donnant quelquefois eux-mêmes leur sang afin de sauver les vies de ces hommes et de ces femmes tombés sous des balles traîtresses des soldats, des soldats de leur armée ? De blanches, leurs blouses étaient devenues rouge-sang à la fin de la journée. Dans Bamako embrasée, malgré la violence de la soldatesque, et peut-être à cause d’elle, la détermination se lisait sur tous les visages. Comme des lucioles attirées par une luminescence, les manifestantes et manifestants ouvraient leurs poitrines aux balles. Le bilan a été très lourd surtout en perte en vies humaines : plus de deux cents morts ! Malgré ce drame, cette date demeure une ode à la gloire du peuple malien, indigné, révolté, victorieux.
Mais puisque le processus d’érection d’une nation ne se réalise pas qu’avec des évènements valorisants et glorifiants, un autre 22 mars allait souiller le précédent. En effet, il y a cinq ans, jour pour jour, le mardi 22 mars 2012, un groupe de soldats ayant fui les combats au nord ont mis fin au mandat d’un président légitime à quelques deux mois de l’échéance de l’élection présidentielle. Cette rupture qui a été un déshonneur pour notre armée républicaine, a accentué la décrépitude de l’état à tel point que l’organisation cahin-caha des élections pour renouveler les institutions de la république, n’est malheureusement pas parvenu à l’interrompre. Et, surtout que les nouveaux dirigeants de ces institutions ne sont pas pour la plupart, des parangons de sagesse dans la bonne gouvernance ni de vertu.
…sans rancune
Wamseru A. Asama

Source : aBamako

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here