Situation sécuritaire : La honte continue

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On ne se faisait aucune illusion sur la gravité de la situation sécuritaire dans notre pays, mais on voulait tout de même croire que les forces armées avaient enfin franchi un cap qui ne laisserait plus de place à l’humiliation qu’on fait subir au peuple depuis 2012. En effet, avec tout ce dont se vantent les autorités actuelles au sujet des supposés investissement dans les FAMA, c’est frustrant d’entendre que celles-ci se fassent encore déloger par le premier venu des bandits armés. Comme on l’a vu à Tombouctou où les FAMA ont été chassés de leurs postes de contrôle par des groupes armés.

Selon les médias français dont RFI, ce sont les troupes Barkhane et onusiennes qui ont intimidé ces groupes armés pour qu’ils abandonnent les check points occupés. L’armée est devenue un tabou dont on ne doit dire que du bien, mais à l’impossible nul n’est tenu. On ne peut éternellement cautionner ce genre d’humiliations qu’on fait subir au peuple. De deux choses l’une : soit les soldats n’ont pas les moyens de leur ambition, et donc ils ne sauraient être mis en cause ; soit c’est justement l’ambition qui leur manque ; ce qui nécessiterait la prise de mesures d’urgence.

En plus de Tombouctou, Fafa et Diéma
A Fafa, dans la localité d’Ansongo (région de Gao), ce sont deux soldats et quelques civils qui ont tués dans une attaque attribuée à des djihadistes. A Diéma, vers la frontière mauritanienne, c’est un bus qui a été attaqué, et ce, en l’absence quasi-totale de forces de dissuasion. La même absence de l’Etat est à l’origine de la crise qui prévaut au centre du pays, précisément dans la localité de Macina. C’est à se demander si ce qu’on appelle ‘’Etat’’ est encore là.

Le sentiment de l’ancien Premier ministre, Moussa Mara
Il était sur les antennes d’une radio locale pour parler de son livre, et l’occasion lui a été donnée de se prononcer sur un certain nombre de sujets, dont l’Armée. L’ancien PM est de tout cœur avec cette armée dont il est conscient du manque de moyens, aériens surtout ; d’où son appel aux autorités à investir davantage dans les FAMA.

Moussa Mara est d’ailleurs optimiste, en raison notamment de la Loi de programmation militaire qui prévoit des investissements énormes et des milliers de recrutements qui ont déjà commencé. Mais à propos de recrutement, il ne manque pas de mettre l’accent sur la pertinence à le faire en milieu rural. Il n’approfondit guère cet aspect, mais on peut supposer que ce serait une pique à l’endroit des recruteurs qui disent avoir recruté des combattants alors qu’ils n’ont sous la main que des « playboys » de Bamako et d’autres grandes villes qui, en général, intègrent l’armée, non pas pour risquer leur vie, mais pour sauver leur quotidien.

Une anecdote fort significative
Moussa Mara se souvient que, lorsque le corps d’un GI (soldat américain) tué au Yémen devait regagner la patrie, c’est le président des USA en personne qui s’était déplacé jusqu’à l’aéroport pour honorer son corps. Avec un tel geste, tout soldat ou presque serait prêt à se sacrifier pour son peuple, et la famille qu’il laisse derrière ne pourrait être que réconfortée même devant une telle perte. En évoquant cette anecdote, le message est clair, l’ancien PM ne semble pas se satisfaire de la manière dont les soldats victimes des conflits et leurs familles sont traités. Et il aurait tout à fait raison. Car s’il est vrai, comme cela a été rapporté sur des radios par des hommes bien branchés, des auditeurs en l’occurrence, que des familles de soldats tués n’auraient eu droit qu’à 100 000 F et un ou deux sacs de riz, on peut se poser des questions…

La Rédaction

Source : aBamako

aBamako

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