Bréhima Amadou Haidara, Directeur Général de la BDM SA : « Le financement bancaire constitue un levier pour la croissance économique… »

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« Le thème retenu par le président de l’Association Professionnelle des Banques et Établissements Financiers est : ‘’le financement des entreprises au Mali : défis et opportunités’’. Le financement bancaire constitue un levier pour la croissance économique. En participant au financement, à la création d’entreprises, on participe aussi à la création d’emplois. C’est un thème vraiment d’actualité dans le contexte actuel que nous vivons.

Nous avons, dans le document que nous avons présenté d’abord fait l’état des lieux. Nous avons fait observer que contrairement à l’idée qui est répandue, les banques font beaucoup de choses, font des crédits. Entre 2012 et 2016, les crédits ont évolué de 1174 milliards à 2240 milliards FCFA, soit une augmentation de plus de 88%. Pratiquement, cela a concerné tous les secteurs.
Ce qui est réconfortant c’est que 40% des investissements a concerné les financements des industries. Nous avons fait aussi dans une deuxième partie, le point des difficultés que nous rencontrons. Il ya des difficultés classiques. Nous avons le problème de la non-tenue ou la mauvaise tenue de la comptabilité par les entreprises, la mauvaise qualité du plan d’affaires. Ce qui ne nous permet pas de voir la rentabilité ou la capacité de remboursement des entreprises. Et ceci est un système de blocage pour l’octroi de crédit.
Nous avons aussi abordé les difficultés relatives à l’environnement. Car quand nous faisons du crédit, nous avons du mal à le recouvrer. Nous avons plus de 380 milliards FCFA dans cette masse de crédit de 2000 milliards FCFA. Nous avons 380 milliards FCFA de crédit totalement perdu et impayé. C’est une source de préoccupation. Quand tu fais du crédit et tu n’es pas remboursé, cela crée une espèce de doute chez le banquier quant à la distribution du crédit. Or, le crédit est indispensable aujourd’hui.
Tous les pays du monde s’organisent pour se doter d’instruments de financement. C’est pour cela que nous apprécions les dispositifs mis en place par le gouvernement qui a amélioré le code des investissements à travers le guichet unique. Aussi, le gouvernement à créé des instruments comme le fonds de garantie du secteur privé destiné à garantir les PME pour des montants importants jusqu’à 500 millions FCFA. Ceci participe aussi à la promotion de l’emploi. Le gouvernement a renforcé aussi les structures comme le FARE, l’APEJ. Tout cela dans le but de promouvoir d’abord la création d’entreprises et favoriser l’auto-emploi. Mais aussi de favoriser et réduire le chômage.
Ce que nous recommandons est que tous ces dispositifs soient non seulement revus et améliorés. Mais aussi, que le gouvernement les mette en place dans les régions pour que tout ne se foisonne pas vers Bamako. Il ya un dispositif pour le financement des PME à Mopti et il ya de force chance que les populations de Mopti restent sur place et en bénéficient pour exercer leurs activités. S’il y’a ce même dispositif à Gao ou à Kidal, au lieu de prendre des armes ou de faire du racket, les auteurs de ces pratiques peuvent monter leurs activités.
Quand les gens ont leurs activités, ont du boulot et trouvent à manger, il ya de force chance qu’ils refusent de prendre des armes pour aller faire du mal à autrui.
Nous pensons que beaucoup de choses sont en train d’être faites. Mais elles devraient être améliorées et répandues à l’intérieur du pays. Cette année, on a vraiment abordé un thème important. C’est le thème le plus vivant qui concerne plus d’activités ».
M.A.Diakité

Source : aBamako

aBamako

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