Abdoulaye Idrissa Arrive à la Primature : Objectif : sauver les meubles

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Dans le langage militaire, on pourrait dire que le nouveau Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga, a une mission commando. A un peu plus d’un an de la fin du quinquennat d’IBK, il doit sauver un régime mal en point dans l’opinion. Tout comme IBK lui-même l’a fait lorsqu’il a appelé par Alpha Oumar Konaré dont il a sauvé le pouvoir d’un naufrage certain. La question c’est pourra-t-il réussir là où trois de ses prédécesseurs ont échoué ?

L’Etat est une continuité. Les Hommes passent, mais les Institutions restent. Nommé Premier Ministre par décret présidentiel, Abdoulaye Idrissa Maïga, a pris officiellement fonction en début de semaine, au terme d’une cérémonie de passation de service avec le Chef de Gouvernement sortant, à la Primature. Au-delà de tous les commentaires partisans et politiciens, disons que l’homme qui s’installe à la tête de l’Exécutif, a pour mission de « sauver les meubles ». C’est une mission commando.

Appelons le chat par son nom, c’est dans un contexte particulièrement difficile, marqué par un front social en ébullition et une situation sécuritaire très préoccupante. Ces facteurs constituent de véritables obstacles pour la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale. En effet, on pourrait dire qu’Abdoulaye Idrissa Maïga, est un PM de défi. Les attentes du peuple sont nombreuses et énormes. Pourra-t-il faire mieux que ses prédécesseurs ? C’est la question qui taraude les esprits. Parmi les priorités, il incombe au nouveau patron de la Primature de relever en tout premier lieu le défi du dialogue social. Face aux grèves illimitées de tout ordre, il revient à M. Maïga de restaurer la confiance entre Gouvernement et syndicats pour trouver une solution définitive et durable. La gestion de ces conflits sociaux qui débordent, se présente comme le premier grand défi auquel le Chef du Gouvernement doit résoudre au plus vite. Rien ne vaut la santé et l’école dans ce pays. C’est pourquoi, il est urgent d’instaurer un dialogue franc entre les pouvoirs publics et syndicats. Lesquels pensent être injustement traités.

Secondo, il faut reconnaitre qu’en dépit de tous les efforts ça et là déployés par les uns et les autres, le centre du pays demeure le théâtre de vives tensions intercommunautaires. Lesquelles sont attisées par des groupes extrémistes qui, défiant l’autorité de l’Etat, procèdent à des assassinats ciblés et forcent à la fermeture des écoles dans certaines localités, privant les enfants de leur droit d’aller à l’école. Pour ce faire, il urge de renforcer les capacités opérationnelles des Forces Armées et de sécurité pour favoriser la libre circulation des biens et des personnes, mais aussi pour permettre le retour de l’Administration et des réfugiés et déplacés dans les zones anciennement occupées. Par ailleurs, la gestion foncière demeure capitale. Que dire du respect des droits de l’homme. Tous sont unanimes que l’on est jugé à raison ou à tort selon le poids de sa poche. Aujourd’hui, les maliens aspirent à une justice équitable.

Un autre défi, pas le moindre, c’est la finalisation du processus de mise en place des autorités intérimaires, qui constitue une équation difficile à équilibrer. Taoudénit et Ménaka, deux régions nouvellement créées, peinent à installer leurs autorités transitoires.

L’organisation des élections régionales et la révision constitutionnelle qui se pointent à l’horizon sont aussi des enjeux capitaux. Comment y parvenir ? C’est pourquoi, on se pose la question de savoir si le tout nouveau PM aura le temps et le soutien sincère de la classe politique, de la société politique pour combler les attentes. Le temps nous le dira.

Bamey Diallo

Source : aBamako

aBamako

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