« Le Franc malgré son nom est la monnaie des Africains » (ministre français)

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Abidjan, 14 avr 2017 (AFP) - Le ministre français de l'Economie Michel
Sapin a refusé vendredi d'évoquer le débat sur le Franc CFA en Afrique, se
retranchant derrière la souveraineté des Africains sur le sujet lors d'une
réunion des ministres des Finances de la zone franc à Abidjan.
"Ce n'est pas un sujet que j'aborde car c'est un sujet qui appartient aux
Africains. Le Franc malgré son nom est la monnaie des Africains, ce n'est plus
la monnaie de la France, il a disparu en Europe. Sur toutes ces questions-là,
c'est aux Africains de se prononcer et ce n'est pas à nous de le faire à leur
place", a affirmé le ministre.
"Il y a un rôle institutionnel bien connu: nous sommes un élément de
garantie de la monnaie mais, pour le reste, le rôle est avant tout d'écouter,
de faciliter et d'appuyer lorsqu'il le faut", a-t-il précisé
"La France est là en amie pour soutenir, aider des pays qui sont puissants,
ont beaucoup d'avenir, mais qui doivent faire face à un certain nombre de
difficultés", a-t-il ajouté alors que de nombreux pays de la zone CFA ont
actuellement des problèmes budgétaires touchés par un ralentissement de
l'activité et une baisse de certaines matières premières.
Le "CFA", utilisé par 15 pays francophones d'Afrique de l'ouest et du
centre (155 millions d'habitants), est lié à l'euro par un système de parité
fixe. Pour garantir cette parité, les Etats africains doivent déposer 50% de
leurs réserves de change auprès du Trésor français.
La zone Franc comprend 14 pays d'Afrique subsaharienne (Bénin, Burkina
Faso, Côte d'Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun,
Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, Centrafrique et Tchad). Le quinzième membre
est l'archipel des Comores.
Ce lien fort avec l'euro est considéré par beaucoup comme un gage de
stabilité. Mais certains économistes, responsables africains et militants
accusent le CFA de freiner le développement de l'Afrique et considèrent que ce
lien avec l'ancienne puissance coloniale est une perte de souveraineté, les
pays étant tributaires de la zone euro.
Paris s'est dit ouvert, à la mi-mars dernier, "à toutes les propositions"
que les 15 pays de la zone franc pourraient formuler lors de la réunion
d'Abidjan où il sera aussi question des programmes du FMI et l'accès des pays
à des emprunts.
pgf/jlb

Source : aBamako

aBamako

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