‘‘Forum de la presse” : Pour mieux comprendre les missions de la CVJR

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Invité de l’émission ”forum de la presse” organisé le jeudi 13 Avril 2017 par la Maison de la presse afin d’éclairer la lanterne des maliens sur les différentes questions vitales de la nation, le président de la Commission, Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) M. Ousmane Oumarou Sidibé a passé aux peignes fins les différentes missions assignées à sa structure, tout en faisant ressortir les actions menées depuis la mise en place par les commissaires et les antennes régionales pour l’instauration d’une paix durable pour la recherche de la vérité, la réconciliation et la consolidation de l’unité nationale.

Tout d’abord, le président de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation a fait la genèse de sa structure qui, pour lui, a été créée pour contribuer à l’instauration d’une paix durable au Mali à travers la recherche de la vérité, la réconciliation et la consolidation de l’unité nationale et des valeurs démocratiques.

Aux dires du Ministre Ousmane Oumarou Sidibé, depuis son indépendance, notre pays, le Mali a connu quatre rébellions (1963, 1990, 2006, 2012 et trois coups d’Etats (1968, 1991 et 2012), qui ont entrainé des violations des droits des droits de l’homme et occasionné des souffrances énormes pour l’ensemble de la population. Aujourd’hui, la CVJR est chargé d’enquêter sur les cas de violations graves des droits de l’homme ; individuelles et ou collectives commises dans le pays et spécifiquement celles commises à l’égard des femmes et des enfants ; de mener des enquêtes sur les cas d’atteinte à la mémoire individuelle et ou collective et au patrimoine culturel ; établir la vérité sur les violations graves des droits de l’homme ; créer les conditions de retour et de réinsertion sociale des personnes réfugiées et déplacées ; favoriser le dialogue intra et inter communautaire, la coexistence pacifique entre les populations, etc.

Ce qui veut dire que le mandat de l’équipe conduite par M. Ousmane Oumarou passe par le traitement des douloureux évènements de 1960 à nos jours. Dans ce cadre, ils ont rencontré les acteurs de la justice dès leur prise de fonction. Cependant, leur rôle n’est pas de juger ou de condamner cela relève de la compétence de la justice, a-t-il déclaré. Pour le moment, la commission a recensé les victimes et mènera des enquêtes pour établir la vérité sur le conflit et le dernier mot revient à la justice.

Il a noté que la CVJR n’est pas un tribunal mais qu’elle reconnait la nécessité de combattre l’impunité et adhère au principe de non-amnistie des crimes graves prévus par l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger avant de laisser entendre que le recours à la justice pénale reste ouvert pour toute victime ayant témoignée devant la CVJR. Ousmane Oumarou Sidibé a souligné qu’à la date d’aujourd’hui, les antennes régionales de la commission ont reçu plus de 300 dépositions et que plus d’une centaine de victimes ont besoin de l’appui des psychologues.

Les enquêteurs sont déployés sur le terrain avec une politique définie et le tout est recentré sur une base de données pour être remis au Président de la République et le dernier mot reviendra à la justice malienne pour l’inculpation des bourreaux des victimes. ”Dans notre mission, on met l’accent sur le pardon après les dépositions et on organise des cérémonies pour réconcilier les Maliens. Notre mandat concerne toutes les violations des droits de l’homme pas seulement les rébellions, toutes les graves violations sur le territoire malien”, a-t-il martelé.

Il faut noter que cette émission était animée par les directeurs de publication des journaux ”les Echos” Alexis Kalambry, du ”22 Septembre” Chahana Takiou et ”du Témoin” Abdramane Keita.

Youssouf Sangaré

Source : aBamako

aBamako

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