Non prise en compte du quota sur le genre dans le nouveau gouvernement : Une injustice faite aux femmes

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Adopter une loi au Mali et l’appliquer est un véritable combat de titan. Et surtout si c’est une loi en faveur de la promotion du genre dans un pays sous le poids de la tradition et la religion. La formation du nouveau gouvernement Abdoulaye Idrissa Maiga a superbement ignoré cette nouvelle loi sur le quota de 30% favorable aux femmes. Ce non-respect de ce quota a provoqué un grincement de dents dans le milieu féminin même si aucun leader des femmes n’a osé lever son petit doigt.

A la grande surprise des Maliens, la liste du nouveau gouvernement est tombée le mardi 11 avril sans prendre en compte le quota de 30% pour la promotion des genres malgré la promesse faite par le Président de la République lors des festivités du 08 mars dernier. Ce qui amène des gens à s’interroger sur la crédibilité de la parole présidentielle dans ce pays qui traverse des crises sécuritaires et sociales.

Certes, la loi sur le genre n’a pas été respectée, mais le leader de la plus grande association féminine notamment Mme Traoré Oumou Touré a été récompensée par un poste ministériel. La présence de cette militante des droits des femmes dans le gouvernement vise néanmoins à remonter le moral des femmes.

Par contre certaines femmes n’approuvent pas la promotion individuelle au détriment du reste des femmes. « Le gouvernement veut nous distraire par la nomination de notre leader or, le gouvernement a violé une loi désormais constitutionnelle », selon une enseignante, militante d’une association féminine.

Pour rappel le conseil des ministres a adopté au mois de décembre 2016, le projet de loi instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives. Avec cette loi, les femmes vont bénéficier d’un quota de 30 % au moins pour les nominations dans les institutions de la République ou dans les différentes catégories de services publics au Mali par décret, arrêté ou décision. La nouvelle loi détermine aussi les catégories électives, y compris les conditions dans lesquelles la recevabilité d’une liste de candidature est soumise à la proportion maximale de 70% de femmes ou d’hommes.

En clair, c’est une loi qui corrige l’injustice dont les femmes sont victimes depuis l’indépendance jusqu’à nos jours. Mais malheureusement l’application de la loi par les plus hautes autorités n’est pas pour demain comme l’en témoigne la composition du nouveau gouvernement.

Fort heureusement, cette violation de la loi, n’est pas inaperçue. Le chef du parti Union pour la République et la Démocratie, principal parti de l’opposition, l’honorable Soumaila Cissé, président de l’URD et chef de file de l’opposition vient d’introduire une requête déposée le 19 avril, auprès du président de la section administrative de la cour suprême aux fins « d’annulation du décret 2017-O320/P-RM du 11 avril 2017 portant nomination des membres du gouvernement de la République du Mali » au motif, selon Me Demba Traoré, de « violation de la loi N°2015-052 en date du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives ».

Pour le parti de la poignée des mains il est inadmissible pour un gouvernement de voter une loi et la violer encore. En attendant les femmes du Mali doivent prendre leur mal en patience jusqu’à l’application de cette loi afin de corriger l’injustice.

Modibo L Fofana

mali24

Source : aBamako

aBamako

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