Arcanes politiques : Ça gronde à l’Adema-Pasj

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Les esprits s’échauffent dans la Ruche à mesure qu’approche l’élection présidentielle, une échéance qui ne cesse d’accentuer les clivages depuis que le ton des divergences a été donné à la dernière conférence nationale du parti. Et, le remaniement ministériel n’était point de nature à apaiser la tension entretenue par les adeptes de la candidature interne et ceux de la realpolitik et des calculs de survivance. Comme souvent dans la Ruche, le contexte est propice à la transformation de la moindre braise en incendie et l’alibi a été tout trouvé dans les circonstances ayant jalonné la formation du nouveau gouvernement.

En effet, les membres du comité exécutif ont massivement convergé à Bamako-Coura pour les enchères de leur participation à l’équipe d’Abdoulaye Idrissa Maïga lorsqu’ils ont été pris au dépourvu par la survenue de l’objet des plans qu’ils traçaient sur les comètes. Surpris et rabroué par la publication de la liste du gouvernement en pleine réunion, les Abeilles, toutes tendances confondues, ont dû adoucir leurs ardeurs et convenir d’un autre cadre pour tirer l’affaire au clair. Ce cadre n’est autre que la réunion extraordinaire du mercredi dernier qui a donné lieu à un lever de boucliers d’une rare intensité dans la Ruche.

Sur fond de conflit à peine voilé entre tendances favorables et hostiles au rapprochement avec le pouvoir, le président du parti, Tiémoko Sangaré, non moins ministre des Mines, fraichement reconduit, a dû couper les cheveux en quatre pour convaincre sur les conditions dans lesquelles la présence de l’Adema au gouvernement a été négociée aussi bien en nombre, en qualité qu’en préséance. Pourquoi le deuxième parti de la majorité présidentielle s’est contenté de trois représentants au gouvernement et de la relégation de son président au septième rang ? Qui s’est chargé de fournir une liste au nom du part ? Telles sont, entre autres, les questions épineuses ayant dominé les débats dans un premier temps lors de la réunion extraordinaire des Ruchers, la semaine dernière.

Le président a beau expliquer que le processus lui est passé par-dessus la tête ou lui a échappé à l’ultime étape, il ne pouvait que laisser sur leur faim une vicieuse tentative de se servir de l’épisode pour remettre en cause le devoir de loyauté de l’Adema envers un pouvoir qui lésine tant sur l’ouverture aux partenaires. De là à transporter le débat sur le terrain de la candidature de l’Adema à la présidentielle, il n’y avait qu’un petit pas que certains n’ont pas hésité à franchir. Ils ont en effet exigé et obtenu du comité exécutif que la problématique sorte des terroirs aux oubliettes pour être portée une bonne fois pour toutes sur la tribune des confrontations entre adeptes et contempteurs de la candidature interne.

Sur la question, les passes d’armes annoncées risquent d’être déterminantes pour l’avenir du Pasj qui compte une foultitude de tendances en chassée croisée. On distingue ceux qui estiment que la démarcation est réellement préférable au soutien à un régime en disgrâce dans l’opinion, ceux qui sont tout aussi convaincus qu’un accompagnement sur la base d’un partage intelligent du pouvoir est préférable à un audacieux affrontement électoral du président sortant, puis les Ruchers qui ne s’accommodent point de ce qui passe à leurs yeux pour une simple instrumentalisation de l’ensemble par une poignée de camarades qui se suffisent de strapontins et de marocains.

Faute d’équilibre et de conciliation de tous ces courants d’intérêts et de perceptions, le Pasj court le péril d’un éclatement à le rendre inapte à servir quiconque.

La Rédaction

Source : aBamako

aBamako

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