Candidature unique de IBK en 2018 : La CMP au bord de l’implosion

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La Convention de la majorité présidentielle traverse en ce moment une période critique de son existence. En effet, la question de présenter un seul candidat à la présidentielle de 2018 divise les états-majors des partis politiques qui soutiennent les actions du président IBK. Le cas au sein de l’ADEMA est le plus édifiant, où le débat fait rage.

Pour que les voix de la soixantaine de partis politiques qui composent la Convention pour la majorité présidentielle (CMP), créée le 7 septembre 2014, pour soutenir les actions du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) durant son quinquennat (2013-2018), ne se dispersent pas entre les candidats du regroupement politique, le Rassemblement Pour le Mali (RPM), parti présidentiel, est en train de battre campagne pour la seule candidature de l’actuel chef de l’Etat.

Un des cadres du parti, en la personne de Mamadou Dirrassouba, 1er question de l’Assemblée nationale, avait annoncé les couleurs en ces termes : «Ceux qui pensent que IBK ne sera pas candidat, en 2018, se trompent. Il se présentera volontiers ou nous l’exigerons même s’il ne le voulait pas. Et pour cela, nous ferons tout de nos moyens pour qu’il soit élu dès le premier tour».

Le parti est aidé en cela par IBK lui-même  qui sera candidat, en à pas douter, à sa propre succession malgré son âgé avancé et un bilan pas assez reluisant. C’est pour quoi il avait souhaité que tous les chefs des partis de la CMP soient nommés ministres dans le gouvernement de Abdoulaye Idrissa Maïga, formé le 11 avril dernier. Cela se manifeste également avec la présence de quatre ministres de l’ADEMA au sein du nouveau gouvernement. Une manière pour lui d’acheter le silence des dirigeants de la CMP.

La transformation de ce soutien politique en soutien électoral pour que IBK rempile sans coup férir, en 2018, proposée par les cadres du RPM aux autres formations politiques de la CMP n’arrive pas à faire l’unanimité.

Certains partis ont déjà donné leur caution comme le RDS de Younous Hamèye Dicko pour que IBK soit le seul candidat du regroupement politique. Il déclarait en substance lors du 3ème congrès de son parti : «Le président IBK sera candidat à l’élection présidentielle de 2018, même s’il ne le veut pas». Cette prise de position lui a propulsé à la tête de la Société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP). Il a été nommé président directeur général de cette structure. D’autres ne veulent pas s’engager dans cette voie qu’ils considèrent comme suicidaire. C’est le cas de l’ADEMA, le parti qui a dirigé le Mali durant dix ans (1992-2002).

Malgré la présence dans le gouvernement de Abdoulaye I. Maïga de son président, Tiémoko Sangaré, les abeilles ne veulent plus rééditer le scénario de 2007, l’année où l’ADEMA a sacrifié son candidat à la présidentielle sur l’autel des intérêts personnels et égoïstes pour soutenir la candidature du président sortant ATT.

La suite, on la connaît. La ruche a pris feu. Certains caciques du parti ont préféré quitter le navire en créant leur propre formation politique. C’est le cas de Soumaylou Boubèye Maïga qui s’est présenté à la présidentielle de 2007 sous les couleurs de l’Alliance pour la solidarité au Mali-Convergence des forces patriotiques (ASMA-CFP).

L’idée de soutenir la candidature du président IBK au sein de la CMP, divise déjà l’ADEMA. La vieille garde veut que le parti aille au charbon en 2018, pour présenter un candidat afin de récupérer le pouvoir perdu, en 2002. Mais du côté de la frange juvénile, elle souhaite aligner derrière la candidature de IBK, pour dit-on, ne pas être ingrate à l’endroit du bienfaiteur.

Du côté de Yèlèma, le parti de l’ancien Premier ministre Moussa Mara, on apprend que le parti présentera un candidat. Il reste maintenant à savoir si les chefs de partis qui n’ont pas été ministres  vont accepter le marché proposé par le RPM. Surtout avec la nomination de Tiéman Hubert Coulibaly, les langues commencent à se délier. Certains leaders de la CPM, qui se voyaient déjà ministres, ont sévèrement critiqué son retour. Ils considèrent ce retour comme un déni à leur égard.

Si le souhait de IBK est de faire participer tous les chefs des partis de la CMP pour que l’unanimité soit faite autour de la seule candidature, les jours du gouvernement Abdoulaye Idrissa Maïga seraient comptés.

Yoro SOW


Source : Maliweb

Maliweb

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