Fin de la visite du président Kéita en Arabie Saoudite : Echanges fraternels et sans détour avec la communauté malienne

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Respectant une tradition bien établie, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita a, dans le cadre de sa visite officielle en Arabie Saoudite, rencontré jeudi dernier dans l’après-midi, la communauté basée dans ce pays frère et ami du Mali. La rencontre, qui s’est déroulée au palais des hôtes de Djeddah (résidence du chef de l’Etat), a enregistré la présence des ministres de la Sécurité et de la Protection civile, général Salif Traoré, des Affaires religieuses et du Culte, Thierno Omar Hass Diallo, du président du Haut conseil islamique (HCI), Mahmoud Dicko.

Les grands imams des mosquées de Bamako, Koké Kallé et de Tombouctou, Abdrahamane Ben Essayyouthi et bien d’autres membres de la forte délégation présidentielle étaient aussi présents. La rencontre a commencé par des prières et des bénédictions pour le pays. Après, c’est l’ambassadeur du Mali en Arabie Saoudite, Zeini Moulaye Haidara qui a brièvement présenté la communauté malienne d’Arabie Saoudite, estimée à entre 30.000 et 50.000 individus (l’absence de statistiques précises s’explique par le fait qu’il n’y a pas eu de recensement depuis belle lurette). Le diplomate a assuré que les Maliens installés dans ce pays sont résolument engagés aux côtés du président de la République pour la construction nationale, même s’ils rencontrent assez de problèmes.

Intervenant à son tour, le vice-président du Conseil de base des Maliens d’Arabie Saoudite, Youssouf Soumaré, a confié que nos compatriotes suivent avec beaucoup d’attention les efforts déployés par le président Kéita pour ramener la paix au Mali. Il a cité la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger et l’organisation de la Conférence d’entente nationale. Youssouf Soumaré s’est ensuite appesanti sur les problèmes auxquels nos compatriotes vivant en Arabie Saoudite sont confrontés.

En effet, il a regretté le fait que les Maliens n’aient pas d’école en Arabie Saoudite pour l’inscription de leurs enfants, obligés de fréquenter les cours d’autres pays. Toute chose, à l’en croire, qui pourrait impacter négativement l’éducation de leurs progénitures. L’intervenant a également mis l’accent sur l’indispensable synergie entre les différents acteurs dans l’organisation du pèlerinage, fustigeant au passage l’amateurisme de certains encadreurs. Et M. Soumaré de proposer la mise en place d’une structure permanente pour l’organisation du Hadj. Il a en outre plaidé pour l’octroi des sièges de députés à l’Assemblée nationale et des représentants au Sénat aux Maliens de l’extérieur, compte tenu de leur poids dans le développement du pays.

Par ailleurs, a-t-il ajouté, nos compatriotes installés en Arabie Saoudite rencontrent énormément de difficultés dans l’obtention de la carte de séjour, du fait qu’ils ne disposent pas facilement du passeport. La raison ? La lenteur pour entrer en possession de la carte NINA, a-t-il expliqué. Le dernier problème soulevé par Youssouf Soumaré porte sur la situation de maltraitance dont seraient victimes certains de nos compatriotes de la part de leurs employeurs saoudiens.

Avant d’apporter des éléments de réponses, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita s’est dit très heureux de rencontrer les Maliens résidant en Arabie Saoudite. De même, il dira que le fait qu’il se trouve dans ce magnifique pays est une joie de cœur et d’esprit, qualifiant de très haut niveau le niveau de l’accueil qui lui a été réservé. « Cette décoration du roi Salman Bin Abdul Aziz Al Saoud, au-delà de ma personne, est un honneur fait au Mali », a déclaré le chef de l’Etat.

Le Président Kéita a dit avoir pris bonne note des doléances exposées par le vice-président Soumaré. Ibrahim Boubacar Kéita a indiqué que les bénédictions qui ont été faites pour notre pays, la veille, à la mosquée du Prophète (PSL) à Médine, ont commencé à être exaucées. Le chef de l’Etat faisait ainsi allusion à la mise en place des Autorités intérimaires à Tombouctou et à Taoudenit, ce qui constitue une avancée importante du processus de paix. Il a avoué partager il y a longtemps le souci de la représentation des Maliens de l’extérieur à l’Assemblée nationale.

« J’ai été très sensible à la question des écoles, elle sera étudiée par nous à l’aune du possible. C’est une doléance tout à fait légitime qui vous honore », a répondu le président de la République. Sur le sujet de l’organisation du Hadj, Ibrahim Boubacar Kéita a mis l’accent sur l’encadrement humain. Il s’est dit ouvert aux différentes propositions pour une meilleure organisation du pèlerinage.

S’agissant de la question relative à l’obtention du passeport et de la carte de séjour, le président Kéita a soutenu qu’il est important de veiller sur la qualité des documents qui portent le nom du Mali, lesquels avaient été dévoyés. Il a rappelé que n’importe qui se baladait avec des documents maliens.

Selon le chef de l’Etat, cette identification de manière sécurisée, quoique chère, protégera les Maliens de l’extérieur eux-mêmes en tout premier lieu. « Il faut qu’on fasse la différence entre qui est Malien et qui ne l’est pas », a-t-il martelé.

S’exprimant sur le cas des Maliens qui ne seraient pas bien traités par leurs employeurs du pays d’accueil, Ibrahim Boubacar Kéita a déclaré qu’un Malien ne doit pas être soumis à des traitements dégradants. « Le Malien n’est pas taillable et corvéable à merci », a lancé le président Kéita qui a assuré que les services maliens compétents en la matière feront leur travail, conformément aux conventions internationales. En revanche, le chef de l’Etat a appelé nos compatriotes au strict respect des lois du pays d’accueil.

Envoyés spéciaux
Massa SIDIBE
Oumar DIOP


Source : Maliweb

Maliweb

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