Le terrorisme : Une nouvelle menace contre la sécurité intérieure du Mali

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Les analystes et commentateurs ne sont pas unanimes sur une définition du terrorisme cela est dû au fait que les gens ont tendance à tolérer les groupes qu’ils soutiennent ou à inclure les groupes qu’ils veulent dénoncer.
Etymologiquement, du latin terror qui signifie terreur. Le mot terrorisme a été utilisé pour la première fois, en 1974, pour designer la doctrine des partisans de la terreur pendant la Révolution française.

Une définition relativement neutre considère le terrorisme comme un moyen d’actions mis en œuvre par différents groupes. Il se base alors sur l’usage de la violence ou menace de violence exécuté par des groupes structurés afin d’atteindre des objectifs politiques ou promouvoir une idéologie.
La violence, particulièrement dirigée contre les civils innocents plus vulnérables. Il brise la distinction combattant et non combattant. Un gouvernement peut être l’auteur des violences ou la cible.

L’acte terroriste peut prendre forme d’attentats, d’assassinats, d’enlèvements, de prises d’otages, de sabotages, et d’actes d’intimidation.
Il constitue également d’actes terroristes : le fait de transporter des explosifs et des matières radioactives ou toute arme biologique, chimique ou nucléaire sachant que ceux-ci sont destinés à provoquer ou à menacer de provoquer la mort, des dommages corporels ou matériels graves. Le financement, la commandite et la facilitation desdites infractions ou crimes sont aussi considérés comme des actes terroristes.

Le terrorisme, l’arme des plus faibles est maintenant la principale menace pesant sur la paix et sécurité internationales.

Au début des années 2000, la menace pesait spécialement sur les pays occidentaux d’où les attaques sanglantes dirigées contre les Tours jumelles aux USA, en 2001, les infrastructures touristiques de Bali, en 2002 et 2005, l’explosion des bombes dans des trains à Madrid, en 2005, l’attentat à l’aéroport de Glasgow, en 2007, etc.

Longtemps considéré comme une menace extérieure au continent africain, le terrorisme islamiste est aujourd’hui la principale menace contre la sécurité intérieure des Etats. Il a fait du monde un champ de combat qui ne respect aucun droit international humanitaire. Il peut frapper n’importe quel groupe de population dans les transports, les hôtels, les supermarchés, les écoles les lieux de cultes, etc.

Récemment l’implantation de groupes terroristes très actifs au Nord-Mali a déstabilisé le Sahel ; plus particulièrement le Mali. Cette zone sert de foyer, voire de sanctuaire, pour des groupes terroristes qui agissent en toute impunité.
Les attentats de Radisson Blue Bamako, de Grand-Bassam en Côte d’Ivoire, l’attentant de Ouagadougou et de Paris, et les attaques sporadiques au sud du Mali démontrent une fois de plus que la menace terroriste est globale. Après une décennie de lutte de la communauté internationale contre cette nouvelle forme de guerre, des menaces terroristes ne décroissent pas.

La lutte contre le fléau a souvent été menée de manière individuelle par les Etats africains, qui pourraient expliquer la recrudescence de l’insécurité de la zone sahélo-sahélienne.

Sur le plan national, la lutte s’organise dans sa mission régalienne, qui est la protection des personnes et de leurs biens, une nouvelle unité de la police a vu le jour : le Groupe d’intervention de la police nationale/ Force spéciale anti-terroriste GIPN / FORSAT. Cette nouvelle unité a pour mission de faire face aux nouveaux défis sécuritaires tels que : le terrorisme, les crimes organisés, et trafic de drogue. Le GIPN / FORSAT est une unité d’invention rapide composée de spécialistes.

La lutte contre le terrorisme ne peut être efficace s’il n’y pas de cadre juridique qui prévoit de législation pour endiguer le fléau. C’est dans ce cadre que la République du Mali a renforcé son système juridique en élaborant deux principales lois anti-terroristes: la Loi N°08.025 de juillet 2008 portant répression du terrorisme et la Loi N°10.062 du 30 décembre 2010, loi uniforme relative à la lutte contre le financement du terrorisme. Ceux-ci constituent le cadre légal et institutionnel de la lutte contre le terrorisme au Mali. La première loi définit les actes, les infractions terroristes et les sanctions. La dernière est un instrument de prévention.

C’est dans ce cadre que le Mali a enclenché le processus de réforme du secteur de sécurité en vue de combler les lacunes et lutter efficacement contre les nouveaux défis sécuritaires. Le gouvernement a aussi pris des mesures pour renforcer le système de renseignements qui doit être capable de prévenir toute menace sur toute l’étendue du territoire.

Pour s’inscrire dans une lutte efficace contre le terrorisme, il faut évidemment doter les forces de défense et de sécurité des moyens appropriés en termes de logistique et de formation. C’est-à-dire introduire le concept ‘‘terrorisme’’ dans le programme de formation de base de la police, la gendarmerie, la garde nationale.

Et la création de la police de proximité permettra de réduire les menaces dans les zones où les postes de contrôles sont à des centaines de kilomètres.

Transformer le climat de méfiance et de frayeur se trouvant entre porteurs d’uniforme et population civile en climat «pour le service du peuple» et de collaboration.

A l’échelle sous régionale, les pays du Sahel doivent synchroniser les efforts pour faire des patrouilles conjointes au niveau des frontières, et surtout partager les renseignements pour vaincre le terrorisme. La menace est multiforme et perpétuelle, cela demande une vigilance accrue de la part des Etats africains.

Soumaïla TRAORE, expert en genre paix et sécurité

Source : aBamako

aBamako

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