Révision constitutionnelle : Une curieuse jonction Plateforme-Cma à l’Assemblé nationale

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En tant que facteur de rapprochement entre les protagonistes de l’Accord pour la paix et la réconciliation, la conférence d’entente est probablement passée par là. Car, le mur de glace n’est pas seulement brisé entre les deux mouvements armés du Septentrion. Il se dessine en plus une convergence jusque-là inimaginable entre loyalistes et séparatistes.

C’est l’impression qui se dégage en tout cas de la posture par laquelle les représentants de la Plateforme et de la Cma ont surpris plus d’un en abandonnant leurs antagonistes de principes pour souffler dans la même trompette sur une question si déterminante dans le devenir des zones que les deux mouvements ont en partage. Il s’agit notamment de la réforme constitutionnelle sur laquelle les deux ennemis de naguère affichent désormais une position commune. C’est la disposition qu’ils ont affichées, la semaine dernière, en se présentant bras dessus, bras dessous, devant la Commission législation de l’Assemblée nationale où diverses sensibilités de la nation défilent depuis quelques semaines dans le cadre des écoutes parlementaires sur  le projet de constitution en pleine procédure législative.

De sources concordantes, la Plateforme et la Cma ont en outre accordé leurs violons sur les orientations à donner au contenu du texte fondamental ainsi que son adaptation à la libre administration, une donne que le mouvement loyaliste semble savourer avec la même satisfaction que la tendance rivale.

Face aux députés, tous ont milité en tout cas pour une constitutionnalisation des principes de la libre administration, seul gage à leurs yeux de durabilité des engagements auxquels le gouvernement a souscrit dans l’Accord  pour la paix et la réconciliation. Les consacrer dans une constitution soumise par référendum est une caution plus fiable que leur déclinaison dans des lois susceptibles d’être remises en cause par n’importe quel régime, estiment les mouvements armés engagés manifestement dans une vicieuse dynamique de verrouillage du contenu de l’Accord.

Comme tout le monde le voit, la mise en œuvre de celle-ci révèle peu à peu l’ampleur et les dimensions réelles des concessions faites à Alger, au regard d’une tendance inexorable au statut autonome et du gout qu’en prennent ses plus farouches contempteurs de naguère.

Quoi qu’il en soit, ce nouvel épisode pourrait avoir déjà alourdi le processus référendaire avec des revendications comme la référence à l’Accord dans la constitution, au motif qu’il intervient substantiellement dans la refondation de l’Etat. Ce n’est pas tout.

Les mouvements partagent en outre la suspension du calendrier référendaire et de révision constitutionnelle à la rédaction de la Charte d’entente nationale, au motif de sceller une bonne fois pour toutes l’unité nationale autour de l’Azawad, dont l’appellation parait moins important à leurs yeux que son contenu politique.

Toutes choses qui ne vont pas manquer de rencontrer la farouche résistance des Maliens auquel l’Accord d’Alger a été présenté sous des traits différents de l’interprétation qu’en font les adeptes de l’autonomie des régions du Nord ainsi que du profit qu’ils en tirent au grand dam des défenseurs d’une république unitaire.

La Rédaction

 


Source : Maliweb

Maliweb

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