IBK : « Allah Soubhana Watallah m’a adressé un curieux message à la mecque : il me demande d’être candidat a ma propre succession en 2018 »

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Après quelques brasses dans la piscine, IBK rejoint sa table à manger, située au fond du salon, non loin du frigo. Au menu, du haricot au piment, de la bouillie de mil, du « tô couché » réchauffé, du « déguè » au fromage de chameau…….
En découvrant le menu du jour, colère du « Kankélintigui » : « Mais c’est quoi ça ? Il n’y a ni caviar, ni fromage ? », s’interroge-t-il. Avant de mettre le chef-cuisinier en garde : « Un français mange français ; un Malien mange malien. La prochaine fois que tu te tromperas de menu, tu passeras à la casserole. Et ton poste, avec ».
Apercevant après coup notre présence, il nous met en garde : « Si je vois une seule ligne sur ce qui s’est passé ici, tu vas voir ce que tu vas voir ! ». Puis, d’un geste de la main, il nous invite à prendre place, en face de lui, dans le jardin pour la traditionnelle interviou imaginaire. Ou presque.

Mr le président, comment s’est passée votre visite d’Etat en Arabie Saoudite ?

Très bien ! J’ai été accueilli comme un Prince manding : revue des troupes, 12 coups de canon, visite des lieux saints de l’islam, signature de conventions de coopération….. Et quand un historien arabe a rapporté au Roi que je suis le descendant direct de Soundiata Keïta, le souverain saoudien était au bord des larmes. Il m’a regardé droit dans les yeux en me disant : « Brahim, si moi je suis le roi d’Arabie Saoudite, toi, tu es le Roi des Rois ! Le prince des princes ! Tu t’imagines, le royaume de ton arrière-arrière-grand-père s’étendait du Sahara à l’Océan Atlantique ». Avant d’ajouter, en se jetant dans mes bras : « Il est fort possible que nous soyons cousins ! »

Mr le président, le retour de Tiéman Hubert Coulibaly dans le gouvernement Abdoulaye Idrissa Touré continue de faire jaser au sein de l’opinion publique nationale et internationale. Le savez-vous ?

Je le sais, qu’est-ce que tu crois ? Mais ce n’est pas moi qui l’ai fait nommer à ce poste.

C’est qui alors ?

Je ne peux pas le dire !

Il est député ?

Oui !

Il est président d’une commission de l’Assemblée nationale ?

Oui !

Vous ressemble-t-il ?

Oui !

Avez-vous un lien de parenté avec lui ?

Ce n’est pas impossible !

Et avec tout ça, vous ne pouvez pas nous dire son nom ?

Oui !

Pourquoi cette personne innommable a tant de pouvoir sur vous, Mr le président ?

C’est parce que cette personne a le pouvoir dans son ADN !

Pouvez-vous être plus clair ?

Non !!!!!!!!

Mr le président, une question qui brûle les lèvres de tous les maliens : comptez-vous vous présenter à la présidentielle de 2018 ?

Dis-moi Le Mollah : pourquoi tu es contre moi comme ça ? A chaque interviou, la même question : serais-tu candidat en 2018 ? En quoi ma candidature te gêne-t-elle ?

Ce n’est pas votre candidature qui pose problème, Mr le président, mais le bilan de votre quinquennat finissant, jugé « catastrophique » par vos concitoyens..

C’est, justement, pour cela que j’ai droit à un second mandat pour finir ce que j’ai commencé.

Peut-on savoir ce que vous avez commencé et qui n’est pas terminé ?

Le processus de paix, le retour des exilés, le redéploiement de l’administration au nord… la liste est longue. D’ailleurs, lors de ma visite d’Etat en Arabie Saoudite, Dieu m’a adressé un curieux message : il me demande d’être candidat à ma propre succession en 2018.

Etes-vous sûr de pouvoir gagner la présidentielle de 2018 ?

Sûr et certain ! A part une poignée de « Bagningos » et de « Hassidis chlorhydriques », les Maliens m’adorent ! Ils souhaitent, malgré tout, que je reste au pouvoir. Avec ou sans élection.

Propos recueillis
par Le Mollah Omar

Source : aBamako

aBamako

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