Sans Tabou: dépenses publiques, jusqu’où ira le nouveau PM ?

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En plus de sa bonne réputation d’être attentif aux préoccupations des Maliens, qui a été prouvée par une gestion rapide et efficace de la crise du secteur de la santé, le nouveau Premier ministre, Abdoulaye Idrissa MAIGA, a annoncé sa volonté de rationaliser les dépenses publiques. Un mot que les Maliens aiment bien entendre, sauf que beaucoup de promesses, dans ce sens, avant lui, sont restées au stade d’effets d’annonces.

Lors de son premier conseil de cabinet avec les membres de son gouvernement, le chef du gouvernement a affiché son intention de mettre fin aux dépenses inutiles. Pour ce faire, il a appelé le ministre de l’Économie et des finances à revoir et à réformer le système des avantages en nature, notamment les carburants et les produits alimentaires par l’instauration d’un système de Cartes. Ce, dans le souci de rationaliser, dans un cadre de prévision et de maitrise, le seuil des besoins et des consommations de sorte que des limites raisonnables soient respectées. Comme le disent les Bambara « Nii ko i bè sama fièrèbô, i ye kuma ba fô, nii sera kaa kè, i ye ko bakè », autrement promettre d’habiller un éléphant est une grande ambition, le concrétiser, c’est faire acte de grandeur. En tout cas, les Maliens qui ont appris la nouvelle avec enthousiasme ne peuvent attendre mieux de la part d’un Premier ministre.

Mais celle-ci reste toutefois sceptique, puisqu’avant lui, les mesures draconiennes allant dans le sens de la bonne gouvernance ont été annoncées, avant de mourir de leur belle mort. Car dans notre pays, des responsables, à leur prise de fonction dans des services stratégiques montent les enchères pour être en phase avec les masses populaires. Ces mesures accueillies avec ferveur généralement ne durent pas plus que le temps d’un feu de paille. Le nouveau PM, qui annonce des mesures de rationalisation de dépenses publiques chères aux Maliens, pourra-t-il aller au bout de sa logique ? En tout cas, dans un passé récent, des hauts responsables avaient déclaré la guerre contre le retard dans les services, l’absentéiste chronique, l’utilisation des véhicules de l’État à des fins personnels, la circulation des véhicules non immatriculés ou aux vitres teintées, le gaspillage de l’eau et de l’électricité dans les lieux publics…

Ces mesures pourtant saluées par les Maliens sont restées lettre morte.
En cette période de crises sécuritaires, socio-politiques voire économiques, la décision de rationaliser les dépenses publiques ne peut que susciter de l’espoir chez les populations. Mais une chose est de prendre des décisions courageuses et une autre en est de les faire appliquer. Pour cela, les autorités doivent se donner les moyens de leur politique pour bénéficier la confiance des populations qui aspirent au changement.

PAR MODIBO KONE


Source : Maliweb

Maliweb

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