Lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre : Le rôle majeur de la société civile

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L’un des objectifs de la rencontre est de contribuer au changement de mentalité et de comportement par rapport à la détention et à l’utilisation illégale des armes légères et de petit calibre par des personnes non autorisées

Les organisations de la société civile malienne renforcent leurs capacités en matière de lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre à travers un atelier initié par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), en partenariat avec le ministère de la Sécurité et de la Protection civile. La cérémonie d’ouverture qui s’est déroulée, hier à l’hôtel Al Farouk, était présidée par Lanzeni Konaté, conseiller technique au ministère de la Sécurité et de la Protection civile.

La crise sécuritaire que traverse le Mali a des impacts socio-économiques néfastes sur les populations du pays, en général, et sur celles du District de Bamako en particulier. La prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre sont sans doute parmi les facteurs d’exacerbation des méfaits de la crise et de l’insécurité dans le pays.
Bien que des avancées considérables aient été enregistrées dans la résolution de cette crise, (Accord pour la paix et la réconciliation entre le gouvernement et les groupes armés en 2015), des actes de banditisme, de braquage et de violences diverses sont légion dans plusieurs localités du pays, y compris le District de Bamako.
Dans la perspective de la sensibilisation des populations sur les dangers de la prolifération et de la circulation illicite des ALPC, les organisations de la société civile jouent un rôle fondamental pour non seulement rétablir les mesures de confiance entre les communautés et l’Etat, mais aussi pour prévenir et résoudre des conflits dans l’ensemble du territoire national. D’où la tenue de cet atelier qui cible les différentes organisations de la société civile dans le processus de lutte contre la prolifération des ALPC : les représentants des organisations de la société civile nationales et internationales, l’Association des Municipalités du Mali, les autorités religieuses, coutumières et traditionnelles.

La rencontre doit contribuer à un changement de mentalité et de comportement par rapport à la détention et à l’utilisation illégale des ALPC par des personnes non autorisées.
La sensibilisation et le dialogue public sur cette problématique permettront également d’appuyer les efforts de promotion d’une culture du dialogue et de prévention, ainsi que la création d’un environnement propice au développement durable. L’objectif global de cet atelier est de promouvoir l’implication des organisations de la société civile dans les efforts de sensibilisation des populations sur les impacts et les effets négatifs des ALPC sur la sécurité humaine et de contribuer à l’amélioration du dialogue public avec les communautés et l’Etat.
La rencontre permettra aussi de favoriser la compréhension des organisations de la société civile sur les outils de conception et d’application en matière de contrôle et de lutte contre la prolifération des ALPC, de promouvoir le dialogue entre les organisations de la société civile et les différentes couches sociales et communautaires sur la problématique des ALPC. Il s’agit également de faciliter le plaidoyer des organisations de la société civile pour le dialogue avec les divers acteurs (administration, collectivités locales, forces armées et de sécurité, secteur privé) en matière de lutte contre la prolifération des ALPC.
Les résultats attendus sont l’amélioration de la compréhension des organisations de la société civile sur les outils de conception et d’application en matière de contrôle et de lutte contre la prolifération des ALPC ; le renforcement du dialogue entre les organisations de la société civile et le dialogue avec les divers acteurs (administration, collectivités locales, secteur privé) en matière de lutte contre la prolifération des ALPC; le développement du leadership des organisations de la société civile en matière de gouvernance locale en lien avec la circulation des ALPC.

Dans son intervention, le conseiller technique du ministère de la Sécurité et de la Protection civile a rappelé que la crise sécuritaire et multidimensionnelle dans notre pays a été marquée par la prolifération des armes légères avec des conséquences évidentes sur le développement et les conditions de vie des populations sur le territoire national. «Le nouveau contexte sécuritaire a favorisé divers conflits intercommunautaires au nord et au centre du pays. C’est pourquoi, il est nécessaire de renforcer la synergie de partenariat entre les acteurs de la société civile et d’autres acteurs institutionnels», a ajouté Lanzeni Konaté.

Quant à la conseillère technique au PNUD, elle a noté que la solution n’est pas de voir chacun se doter d’une arme pour se protéger, ce qui serait d’ailleurs inquiétant pour la sécurité publique. En vue de récupérer ces armes en circulation, Mme Aussad Fatouma Traoré s’est dite favorable à l’élaboration d’un projet «Armes contre développement». «On ne peut pas consolider la paix tandis que les armes continuent à circuler sur l’étendue du territoire», a-t-elle soutenu.

Chercheur à ARGA (Alliance pour Refonder la Gouvernance en Afrique), Ambroise Dakouo a précisé qu’il y a au moins 640 millions d’armes en circulation, dont 8 millions d’armes légères en Afrique de l’Ouest et plus de 500.000 personnes trouvent la mort chaque année. Selon le Conseil africain des leaders religieux, près de 60% des armes à feu du monde entier sont entre les mains de citoyens privés. Environ 40% des ALPC seraient entre les mains des civils. Au moins 1 million d’armes à feu sont volées ou perdues à travers le monde chaque année.
Adama DIARRA

Source : aBamako

aBamako

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