Sans Tabou: révision constitutionnelle, l’incohérence de Soumi

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Reçu par la Commission loi de l’Assemblée nationale dans le cadre des écoutes en vue de la révision constitutionnelle, le 20 avril dernier, le Chef file de l’opposition malienne, Soumaïla CISSE, s’est montré très peu cohérent. Alors qu’il la juge nécessaire, dans un premier temps, le chef de file de l’opposition pense dans un second temps que le moment ne s’y prête pas.

À peine annoncé, le projet de révision constitutionnelle ne cesse de faire des bulles dans les milieux politiques de notre pays. L’opposition politique populiste juge trop risquée, l’initiative de révision constitutionnelle, alors que le pays traverse une période de crise sécuritaire très précaire. Invité par la commission loi de l’Assemblée à se prononcer sur la question, Soumaïla Cissé est resté ambiguë, le 20 avril dernier : « Nous sommes pour la révision constitutionnelle, mais le contexte n’est pas approprié ». Au regard de ces propos, il clair et précis que Soumi, comme le président IBK consent la nécessité d’une révision constitutionnelle pour notre démocratie. Pour ce qui est du moment, les positions divergent. Cependant, au regard des affirmations du chef de file de l’opposition, il n’y a véritablement pas péril en la demeure en ce qui concerne le risque sécuritaire, comparativement aux enjeux. Il s’agit de la mise en œuvre de l’accord. En effet, dès lors que l’accord pour la paix qui constitue la solution de la crise de notre pays, aucun risque sécuritaire ne peut être brandi comme motif de rejet d’une initiative concourant à cette paix. La logique est très claire : l’accord a été signé pour aller à la paix et la révision constitutionnelle constitue un passage obligé l’applicabilité de cet accord.

Quel risque d’explosion sociale plus grave que celle de 2012 peut-on en courir en allant à cette révision constitutionnelle ?

À moins que certains, qui n’ont pas hésité d’appeler à l’embargo contre leur propre pays en pleine crise en 2012, ne soient aujourd’hui au regret de voir cette nation sortir du gouffre grâce à la conviction et à la clairvoyance d’un homme politique qu’ils croyaient fini et même enterré. Soumi champion, cette révision, ce n’est ni pour IBK ni pour le RPM, mais pour le Mali. Il s’agit d’un engagement auquel le pays a souscrit devant la communauté internationale. L’État étant une continuité, notre pays est aujourd’hui dans l’obligation d’honorer cet engagement avec ou sans IBK. Ici, il n’y a pas lieu de trouver un argument de campagne. Trouvez-en ailleurs si vous en avez besoin et laissons le pays avancer. En 2015, à Alger, le gouvernement et les groupes armés signataires de l’Accord de paix ont convenu de : « Réactiver et diligenter le processus de mise en place de la 2e chambre du parlement sous la dénomination du Sénat, de Conseil de la nation ou de toute autre appellation valorisante de sa nature et de son rôle dont les missions et la composition favorisent la promotion des objectifs du présent Accord ». Toute chose qui n’est pas possible sans un changement dans la loi fondamentale.

Plus loin dans le document, il est écrit : « A court terme, prendre des mesures dans le sens de l’ouverture du Haut Conseil des collectivités, notamment aux représentants des notabilités traditionnelles, aux femmes et aux jeunes ».

Toujours selon l’Accord signé au nom de tous les Maliens, il est dit ceci : « Assurer une meilleure représentation des populations du nord du Mali dans les institutions et grands services publics, corps et administration de la République ». Autant d’arguments qui rendent irréversible la question de révision constitutionnelle sur la table des députés de l’Assemblée nationale.

Par Abdoulaye OUATTARA


Source : Maliweb

Maliweb

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