Filière bétail viande : Les barrières tarifaires et non tarifaires au centre des préoccupations

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Avec un minimum de 25 camions transportant, chaque jour, du bétail sur pied à destination des pays voisins, les opérateurs maliens du secteur perdent plus de 3 milliards de Fcfa de recettes indûment payés à des agents de sécurité, des douanes, des services vétérinaires et des collectivités, au niveau des nombreux postes de contrôle, tant aux frontières qu’à l’intérieur des pays. Cette conclusion d’une étude, réalisée sur les barrières tarifaires et non tarifaires à l’exportation du bétail en 2016, par le Programme élevage pour la croissance économique au Mali « Livestock For Growth ou L4G », est au centre d’un atelier d’échanges qui a débuté, mercredi, à l’Hôtel Salam. La rencontre regroupe des participants venus du Mali, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le secrétaire général du ministère en charge de l’Elevage et de la Pêche, Youssouf Coulibaly, en présence des représentants des directeurs de l’USAID au Mali, David Yanggen, de L4G, Joseph Sedgo et d’autres personnalités. L’étude a été menée dans les Cercles de Bankass et de Koro, dans la Région de Mopti et sur les axes du commerce du bétail : Koro-Mopti-frontière Côte d’Ivoire-Abidjan ; Koro-frontière Burkina Faso-frontière Bénin-Cotonou et Kayes-frontière du Sénégal-Dakar. Dans leur démarche, les enquêteurs ont, de prime abord, analysé les documents relatifs au commerce du bétail au Mali et dans les espaces communautaires (CEDEAO et UEMOA) pour se faire une idée sur la réglementation en vigueur, tant au Mali qu’à l’intérieur des deux espaces économiques, avant d’analyser les manquements à la réglementation. Ensuite, ils ont procédé à des entretiens (individuels et en groupe) avec des acteurs principaux comme les commerçants de bétail, les transporteurs, les éleveurs, les clients, les organisations de jeunes. En outre, ils se sont entretenus avec les services techniques déconcentrés de l’Etat de la Région de Mopti, impliqués dans l’organisation du circuit commercial. Par ailleurs, ils se sont penchés sur la collecte des données sur les montants payés par les commerçants et les transporteurs ainsi que sur la nature des contrôles effectués par axe. Ils ont aussi procédé à des comparaisons des résultats obtenus par les enquêteurs du L4G et recouper avec ceux d’une étude similaire réalisée par le Comité inter Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS). Durant deux jours, les participants ont examiné le contenu du rapport d’étude et écouté les témoignages vivants des opérateurs économiques (emboucheurs, chargeurs, commerçants de bétail) relatifs aux barrières tarifaires et non tarifaires qui affectent la vente et la compétitivité du commerce du bétail sur le marché malien et sur les marchés d’exportation de la sous-région. Suite à l’atelier, il est prévu de mettre en place un comité de suivi comprenant les acteurs privés et étatiques en vue de proscrire les pratiques néfastes au commerce de bétail et de mieux lutter contre la pauvreté rurale au Mali. Car, selon le secrétaire général du ministère de l’Elevage et de la Pêche, le secteur de l’élevage contribue à hauteur de 19% à la formation du Produit intérieur brut (PIB) du Mali, se plaçant ainsi au 3è rang des principales sources de revenus pour notre pays après les mines et les productions végétales (coton) avec 114 millions de dollars, soit environ 57 milliards de Fcfa en 2012. L’élevage occupe également plus de 8,4 millions de personnes, soit le plus gros pourvoyeur d’emplois après l’agriculture. Chaque famille, dans le milieu rural, a son petit troupeau de bétail qui lui procure un peu d’argent frais, renchérit le représentant du directeur de l’USAID-Mali. Selon lui, l’élevage contribue pour beaucoup à la capacité de résilience de notre pays et à la sécurité alimentaire. Raison pour laquelle, son institution s’est investie pour la mise en œuvre du programme L4G. Rappelons que cette initiative, financée par les USA via l’USAID, vise à accroitre la compétitivité inclusive des entreprises (micro, petite et moyenne) et des opérateurs de la chaine de valeur bétail-viande au Mali (bovins, ovins, caprins) en vue d’augmenter la croissance économique à travers le renforcement des capacités techniques et organisationnelles des professionnels de la chaine de valeur. Le projet couvre 28 communes de la Région de Mopti et 3 cercles de la Région de Tombouctou pour une durée de 5 ans.

Amadou O. DIALLO

Source : aBamako

aBamako

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