Fête du travail : L’UNTM rappelle des principes essentiels

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A l’occasion de son traditionnel défilé, la centrale syndicale a prôné la promotion de la justice sociale et souligné la nécessité du dialogue entre le gouvernement et ses partenaires sociaux

Dans la bonne tradition, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a célébré le 1er mai consacré à la fête du travail, elle-même instituée à la suite d’une pression syndicale exercée par des milliers de travailleurs américains en 1886 et qui a permis d’obtenir 8 heures de travail par jour.
Le clou de l’événement a été le grand défilé organisé par la plus grande centrale syndicale du pays sur le Boulevard de l’indépendance sur le thème : « La justice sociale et l’égalité des droits sont la base du développement ». La cérémonie, présidée par le ministre du Travail et de la Fonction publique, chargé des Relations avec les Institutions, Mme Diarra Raky Talla, s’est déroulée en présence de son collègue de la Promotion de l’Investissement et du Secteur privé, Konimba Sidibé, du secrétaire général de l’organisation syndicale, Yacouba Katilé et de nombre d’invités de marque. La mobilisation était grande. Toutes les sections syndicales affiliées à la première centrale syndicale du pays étaient présentes au rendez-vous pour célébrer la fête dédiée aux travailleurs. Ces différents syndicats ont paradé pendant des heures, soit pour faire la promotion de leurs produits, soit afin de souligner les préoccupations liées à leur secteur d’activités ou encore dénoncer les mauvaises conditions de travail dans certaines entreprises. Ainsi les enseignants du Syndicat national de l’éducation et de la culture (SNEC), demandent pour le même travail, un salaire égal tandis que le Syndicat des travailleurs du chemin de fer réclame la mise en circulation des trains voyageurs. Quant aux artistes, ils exigent plus de célérité et plus d’implication de l’Etat dans la lutte contre la piraterie.
Les travailleurs de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) dont le slogan demeure : « la performance au quotidien », étaient également de la fête avec leur produit phare : le Quotidien national L’Essor. Ils ont été acclamés sur tout l’itinéraire du défilé.
Auparavant, le secrétaire général de l’UNTM avait souligné que « la fonction première et fondamentale d’un syndicat est la défense et la promotion des droits et libertés des travailleurs avec comme objectif final, leur bien-être, celui de leur famille et par extension l’intérêt de tout le peuple ». Pour lui, le combat syndical se résume à une quête de progrès pour la nation. Il a rappelé que « l’année 2016-2017 a été éprouvante au plan social et politique ». A ce propos, il a évoqué la question sécuritaire dans le nord et le centre du pays, la tenue des élections dans des conditions délicates, la difficile acceptation des Autorités intérimaires sur une partie du territoire et l’ombre des élections de 2018 qui se profile, avec des menaces terroristes en arrière-plan.
Yacouba Katilé a, par ailleurs, a souligné la nécessité d’aller à des élections crédibles en 2018 et de reconstituer les embryons de développement industriel que nous ont légués la 1ère République, de promouvoir la justice sociale à travers des dispositions établissant l’égalité de chance. « Il importe de mettre fin à la perpétuation du service des fonctionnaires, conformément à la réglementation. Ceux qui ont fait valoir leur droit à la retraite dans les cabinets ministériels, dans la diplomatie ainsi que des non fonctionnaires qui ne sont plus habilités à occuper des postes dans la Fonction publique », a dénoncé le secrétaire général de l’UNTM. Selon lui, cela permettra d’améliorer la dynamique de création d’emplois ainsi que la gestion du trésor national.
Revenant sur le débrayage des syndicats de la santé et la grève illimitée de l’enseignement supérieur, le syndicaliste a expliqué que « l’UNTM impute la responsabilité des troubles sociaux qui rendent bancales nos entreprises, à l’absence de négociations collectives, à l’impossibilité de conclure des accords d’établissements et au manque de dialogue social ». En réponse aux différentes préoccupations ou doléances exprimées par le secrétaire général de l’UNTM, le ministre en charge du Travail a expliqué que le gouvernement est soucieux de l’amélioration des conditions des travailleurs. « Je salue l’engagement de l’UNTM à accompagner les efforts du gouvernement dans l’atteinte des objectifs de développement pour le bien-être des populations maliennes.
Les revendications n’aboutissent toujours pas à temps mais les droits des travailleurs sont respectés au Mali », a soutenu Mme Diarra Raky Talla, avant de rappeler la nécessité de privilégier le dialogue social pour la stabilité et la paix sociale. Il convient de noter que la manifestation était sécurisée par les agents des commissariats du 1er et 2è arrondissements et du Groupement mobile de sécurité (GSM).

Seydou TANGARA

Source : aBamako

aBamako

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