Annulation des décisions n°0011 et 0012 MS des 8 et 11 mars 2017 : La rupture est-elle évitable entre Poulo et IBK ?

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Notre pays vient d’échapper à la justesse à la sanction de la FIFA. Le salut est obtenu sur le fil du rasoir. Pour arriver à ce dénouement heureux d’une crise qui n’avait que trop duré au plan interne, le Gouvernement a été obligé de remettre en cause les prérogatives du Ministère des Sports. L’obligation faite au Ministre Poulo de déclarer nulles les deux décisions qu’il a prises, en toute responsabilité, est aujourd’hui analysé comme l’expression d’un lâchage du Ministre Housseini Amion Guindo, Président de la CODEM, un parti qui a aidé le Président IBK à conquérir le pouvoir, en 2013. Comment le parti de la quenouille va-t-il accueillir la trahison faite à son Président ? Faut-il s’attendre à un divorce entre la CODEM et la CMP ?

La crise que traverse le football malien, voilà plus de trois ans, a trouvé finalement un dénuement heureux. Le mercredi dernier, au cours du Conseil des Ministres, présidé par le Chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéïta, la crise de la FEMAFOOT, s’était encore invitée aux débats.  Le Chef de l’Etat qui a été informé de l’arrivée à l’expiration du délai donné par la FIFA pour mettre à exécution ses menaces de suspension contre les équipes maliennes engagées dans des compétitions internationales, a, selon nos informations, eu une réaction épidermique. Il n’aurait pas apprécié que, pour des questions de personnes, nos jeunes soient privés de ce privilège de prendre part aux compétitions internationales de leurs catégories respectives. Avec la fermeté dont il sait faire parfois preuve, il aurait ainsi indiqué au Premier Ministre que cette affaire n’a trop que duré et lui a instruit de prendre immédiatement toutes les dispositions qui s’imposent pour trouver solution à la crise. Incessamment, IBK a exigé à ce que soit trouvé, dans un bref délai, de compromis pour mettre notre pays à l’abri de toute sanction inutile de la Fédération internationale de football. On peut, dès lors, dire que le déclic est parti de cette session du Conseil des Ministres où le Chef de l’Etat aurait donné des directives au Premier Ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga, pour mettre définitivement fin à cette crise du football. Et, dès le lendemain, jeudi, 27 avril, le Chef du Gouvernement s’est mis à l’œuvre. Sur ses instructions, une nouvelle équipe de médiation (conciliation ?) a été mise en place. Objectif ? Exorciser une crise qui a atteint aujourd’hui le seuil du non retour.

 

Un désaveu du Ministre des Sports

A l’issue des travaux de la Commission de conciliation, un protocole d’accord a été signé et rendu public, tard dans la nuit. Il a l’adhésion des différentes parties, notamment le Bureau de la FEMAFOOT et le Collectif des Clubs et Ligues majoritaires, qui y voient une panacée à la crise. Aujourd’hui, le moins que l’on puisse dire, c’est que pour obtenir cet accord, le Gouvernement n’a pas hésité à jeter en pâture son Ministre  des Sports, Housseini Amion Guindo, qui était dans un bras de fer avec le Président du Bureau exécutif de la FEMAFOOT, le Général Boubacar Baba Diarra.

En effet, à l’analyse, l’accord conclu sonne comme une victoire du Général Boubacar Baba Diarra contre le Ministre Poulo, dont il a toujours contesté la gestion de la crise de la FEMAFOOT.  Cet accord est d’autant une victoire pour le Bureau de la fédération ; car, il remet le Général Boubacar Baba Diarra dans ses fonctions de Président de la FEMAFOOT. Et, comme si cela ne suffisait pas déjà à mettre le ministre des sports dans ses petits souliers, le protocole d’accord obligea également  Poulo qu’il prononce lui-même la nullité des deux décisions qu’il avait eu à prendre courant mars dernier, pour dissoudre le Bureau du Général Baba Diarra et installer un Comité provisoire. A l’annexe du document, le Gouvernement, faisant fi de tout esprit de solidarité gouvernementale, a donné des gages qu’il prendra (dès la signature du protocole d’accord) des dispositions pour l’annulation des deux décisions qui ont mécontenté la CAF et la FIFA.

Au cours de la même nuit du jeudi 27 avril 2017, le Ministre des Sports s’est exécuté (voir copie) en prenant la décision N°0018 MS qui déclare nulles et de nul effet ses propres deux précédentes décisions.

Comme on peut le constater, il y a eu, certes, un accord, mais un accord sur fond d’un désaveu du Ministre des Sports, contraint de revenir sur sa décision ; un nouveau rebondissement qui place le Ministre Poulo face à une situation plutôt imprévue : la gestion de l’effet boomerang de l’issue de cette crise footballistique.

En tant qu’Homme politique, Poulo va-t-il tirer toutes les conséquences de ce qui est considéré au sein de l’opinion publique comme un lâchage de la part du Chef de l’Etat ? C’est là toute la question.

Oumar Diamoye

 


Source : Maliweb

Maliweb

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