Politique nationale de communication pour le développement : Décryptage

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Elle est destinée à établir un dialogue véritable et permanent entre les différents acteurs du développement, à accompagner les initiatives consensuelles et jeter les bases d’une véritable gestion concertée.

Adoptée en Conseil des ministres le 30 mars dernier, la Politique nationale de communication pour le développement (PNCD), constitue, à n’en pas douter, une avancée majeure en matière de développement. Un document du ministère de l’Économie numérique et de la Communication explique que la communication pour le développement, enjeu de la démocratie et de la responsabilisation, gage de la participation citoyenne, est un point de convergence fondamental des différents secteurs d’activités dans le cadre d’un développement durable. Plus de vingt ans après la définition et l’adoption du document de la PNCD, beaucoup de chantiers ont été ouverts en termes d’élaboration de politiques, de stratégies ou programmes sectoriels indique la même source. Mais, ce qui était un atout majeur pour une élaboration efficiente de ces différents documents, n’a été que partiellement pris en compte ou carrément ignoré, poursuit le document. Aussi, plusieurs facteurs ont handicapé la mise en œuvre effective des interventions de communication pour le développement depuis l’élaboration du document de base de la PNCD en 1993, dont le manque d’engagement politique, l’absence de coordination, de moyens pour le pilotage et l’opérationnalisation. Sans oublier le fait que tous les départements ministériels ne disposent pas encore d’une cellule de communication ou cette cellule demeure embryonnaire. D’où l’importance de s’accorder sur la vision, la définition et les missions qui sous-tendent la PNCD pour une mise en œuvre effective. Responsabilisation des populations. Evoquant la question, Assana Diawara, conseiller technique au Ministère de l’Économie numérique et de la Communication a rappelé que la crise multidimensionnelle qui a frappé le Mali en 2012, a montré une fois de plus, la nécessité d’une responsabilisation des populations dans le cadre d’une décentralisation effective qui faciliterait une politique nationale robuste de communication pour le développement. Ce qui explique, selon lui, la tenue des ateliers régionaux de 2009, de la session de validation de janvier 2012, et de l’atelier de relance de la PNCD en mai 2015. Concernant les objectifs, le document souligne que la PNCD vise à bâtir une société malienne au sein de laquelle, les individus vivent ensemble en toute équité et établissent un dialogue permettant aux hommes, aux femmes, aux enfants, aux familles et aux communautés d’avoir accès aux savoir, savoir-faire et savoir-être nécessaires pour générer leurs propres solutions, participer aux décisions affectant leur vie dans le cadre de la bonne gouvernance, faire des choix avertis, assurer, développer pleinement leurs potentiels et réaliser leur droit à un développement durable, dans la paix et la cohésion sociale. Ainsi, il s’agit donc, de construire un Mali où les institutions, les communautés et les familles établissent un dialogue pour accroître l’impact des programmes de développement. La vision de la communication pour le développement du gouvernement est celle d’un processus social, destiné à établir un dialogue véritable et permanent entre les différents acteurs du développement, à accompagner les initiatives consensuelles et à jeter les bases d’une gestion concertée, indispensable à la réussite des œuvres de développement. LES OBJECTIFS GéNéRAUX. Les objectifs généraux de la PNCD consistent à promouvoir la participation de la population à la définition et à la mise en œuvre des grandes orientations de développement du pays en favorisant le dialogue entre tous les acteurs du développement. Elle vise aussi à appuyer les initiatives au niveau des communautés de base en favorisant l’échange d’informations, de savoir et techniques entre ces communautés. Il s’agit, entre autres, de permettre à tous ceux qui ont la responsabilité de diffuser des informations de disposer d’instruments de communication sociale et éducative leur permettant de le faire dans les meilleures conditions et de promouvoir pour tous les intervenants au niveau du monde rural, les systèmes de vulgarisation, d’encadrement, de formation et de communication basés sur des stratégies de messages verticaux. L’objectif ultime de cette politique étant de permettre aux populations rurales de mieux maîtriser leur environnement y compris l’agriculture, la santé, l’habitat et les autres facteurs dont dépend la qualité de leur vie en liaison avec l’action gouvernementale. En outre, la communication pour le développement doit participer à la consolidation des acquis démocratiques, institutionnels et politiques y compris la prise de conscience par les citoyens de leurs droits et devoirs et par l’État de ses responsabilités et de son autorité. Selon Assana Diawara, conseiller technique au ministère de l’Economie numérique, après l’approbation de la nouvelle version de la politique nationale de communication pour le développement par les autorités, il faudra mettre en œuvre le plan d’actions avec l’UNICEF (partenaire stratégique) et organiser une table ronde pour assurer son financement pour qu’elle soit effective. 1,3 milliard Fcfa. Pour sa part, le Secrétaire général du département de l’Économie numérique et de la Communication, Cheick Omar Maïga a qualifié la récente adoption du texte par le gouvernement, d’avancée significative, car permettant d’avoir un cadre législatif et règlementaire. « La communication pour le développement touche à tous les secteurs de la vie. C’est un cadre d’échange et de dialogue qui associe tout le monde aux prises de décisions, pour qu’au niveau des résultats chacun se sente concerné », a t-il souligné. Par ailleurs, ses axes stratégiques ont trait à la recherche, à la formation, à la production/diffusion et à la mise en œuvre d’interventions de communications inclusives et participatives pour le développement. Sa mise en œuvre implique la participation de partenaires des secteurs public, privé et de la société civile pour un coût total de 1,3 milliard Fcfa. Sur ce montant, 1.087.000.000 sont pris en charge par les partenaires techniques et financiers des Nations unies (UNICEF, PNUD, UNFPA, OMS, ONU Femmes etc.) Le chef Communication pour le Développement du bureau de l’UNICEF à Bamako, Ndiaga Seck, lui a souligné que la PNCD apportera, comme valeur ajoutée, une cohésion dans la manière de communiquer, une harmonisation des activités de communication. Saluant la récente adoption de la PNCD par les autorités, il a rappelé l’existence d’ une feuille, réaffirmé la volonté de l’UNICEF d’accompagner le gouvernement dans la vulgarisation de cette politique. Parlant du bien fondé de la PNCD, Oumar Attaher Touré, directeur adjoint de l’Agence nationale de communication pour le développement (ANCD) expliquera qu’en raison des résultats probants obtenus ailleurs, les partenaires , notamment la FAO, ont décidé d’implanter, d’abord ce projet au Mali dans le cadre de la formation des agents phytosanitaires de l’OPAM. C’est le Centre de services de production audiovisuelle (CESPA) qui s’occupait de la communication pour le développement, mais n’avait pas les moyens de sa politique, a t-il déploré. « On ne peut pas développer un pays tant que les populations, prioritairement concernées, n’y adhèrent pas. Il faut d’abord les informer, les sensibiliser, les former pour qu’elles adhèrent aux différents projets de développement. C’est pourquoi ce projet est pertinent et a un sens », a –t-il estimé, avant d’exprimer tout son optimisme envers les prochaines phases. Faisant allusion à un proverbe de l’écrivain Amadou Hampâté Bâ, le directeur général de l’ORTM, Sidiki N’Fa Konaté, concernant le concept de la communication pour le développement soulignera : « On ne peut pas raser la tête de quelqu’un en son absence ». La PNCD est basée sur un certain nombre de concepts comme la participation, le partage, l’adhésion et la responsabilisation, a t-il précisé. En outre, cette politique suppose que pour le développement ( à confondre avec la croissance), il faut responsabiliser les participants au processus de développement. « L’Homme est au début et à la fin de l’ensemble du processus du développement. Il est également important de valoriser et dynamiser les savoirs et les savoirs faire traditionnels », a t-il fait remarquer. Pour lui, il est également indispensable de se donner les moyens d’évaluer la PNDC.

Massa SIDIBÉ


Source : Africatime

Africatime

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