Evelyne Decorps, Ambassadrice de France au Mali : « Il n’y a aucune volonté de l’armée française d’empêcher l’armée malienne de rentrer à Kidal. »

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L’historique des relations de coopération entre la France et le Mali sur les plans politique, économique et socioculturel en passant par les acquis et les perspectives étaient entre autres sujets abordés par Evelyne Decorps, Ambassadrice de la France au Mali lors d’une rencontre, le samedi dernier à Bamako, avec la presse malienne. Selon Evelyn Decorps, ce n’est pas l’accord de coopération militaire entre le Mali et la France qui empêche l’armée malienne de rentrer à Kidal. « Il n’y a aucune volonté de l’armée française de bloquer l’armée malienne, de l’empêcher de rentrer à Kidal.», soutient –elle. Au contraire, ajoute-t-elle, l’armée française aide l’armée malienne en l’accompagnant dans son redéploiement.

« Les relations de coopération franco-malienne, historiques, acquis et perspectives. » Tel était le thème d’une conférence de presse organisée, le samedi 27 mai 2017, par l’Union des journalistes pour la promotion de la diplomatie au Mali (UJDM) avec comme invitée l’Ambassadrice de la France au Mali, Evelyne Decorps. C’était à la Maison de presse en présence du président de l’UJDM, Amadou Mahamane Sangho et de son président d’honneur, Sory Kèmsso.
Lors de cette rencontre, plusieurs sujets furent abordés par Evelyne Decorps, Ambassadrice de la France au Mali notamment l’intervention de l’armée française sur le sol malien, la visite récente du nouveau président français, Emmanuel Macron à Gao, l’accord de coopération militaire etc. Selon la conférencière ce n’est pas l’accord de coopération militaire entre le Mali et la France qui empêche l’armée malienne de rentrer à Kidal.

« Il n’y a aucune volonté de l’armée française de bloquer l’armée malienne, de l’empêcher de rentrer à Kidal. Je voudrais rappeler que l’armée française travaille main dans la main avec l’armée malienne. Par exemple : lors de la visite du président Emmanuel Macron à Gao, les deux présidents ont rencontré ensemble l’armée malienne et l’armée française pour qu’elles travaillent main dans la main », selon Evelyne Decorps. Elle ajoutera que depuis plus d’un an, Barkane conduit des patrouilles, chaque fois que c’est possible, à l’intérieur de Gao pour la sécurisation, à Ber, dans la région de Tombouctou et au centre du Mali enfin de travailler main dans la main avec l’armée malienne. « L’armée française n’empêche pas l’armée malienne d’entrer à Kidal, mais au contraire elle essaie d’aider l’armée malienne en l’accompagnant dans son redéploiement et dans sa formation.

Il y a aussi, l’accord de partenariat de coopération militaire transfrontalière du G5 Sahel dont le Mali, la Mauritanie, le Burkina, le Niger et le Tchad qui permet aux différentes armées des cinq de pays de travailler ensemble, elles font des entrainements ensemble et des opérations ensemble et Barkane sert d’appui», a-t-elle indiqué. Selon elle, l’armée malienne a connu un certain nombre de problèmes par le passé qui n’étaient pas de la faute de l’armée française. Par rapport au retour de l’administration à Kidal, elle a noté qu’il y a des conditions pour le retour de l’administration à Kidal et ces conditions sont en phase d’être levées parce que les autorités intérimaires ont été nommées et un gouverneur a été nommé à Kidal. « Les ministres de la Décentration et de l’Administration Territoriale et de la Réconciliation Nationale sont en train de travailler ensemble pour le retour de l’administration à Kidal. »

« Il y a un accord de paix dont les signataires sont le gouvernement, la plateforme et la CMA. Nous travaillons avec le gouvernement du Mali en la manière de faciliter la mise en œuvre de l’accord de paix. Nous n’appuyons ni les uns ni les autres, nous faisons en sorte que toutes les parties puissent s’entendre. Nous avons même avec les groupes armés quelques escarmouches parfois», a dit Evelyne Decorps. Concernant la visite du président français au Mali, la conférencière a indiqué que le président français avait annoncé depuis longtemps qu’il allait rendre visite à ces troupes. A l’en croire, après son investiture, il a rencontré le président malien qui lui a dit que s’il venait au Mali qu’il souhaitera que ce soit à Gao et qu’il se déplacera pour le rencontrer à Gao car Bamako ou Gao c’est le Mali. Toute chose qui témoigne, selon elle, la complémentarité de Barkane, de la France et du Mali dans la lutte contre le terrorisme. « Cette visite à Gao a été un symbole de la parfaite entente politique et militaire sur le terrain qui n’aurait pas été aussi symbolique à Bamako», a-t-elle conclu.
Moussa Dagnoko


Source : Africatime

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