L’ancien président du conseil régional des jeunes de Tombouctou, Oumar cissé “Le discours de Macron à Gao est un signal fort pour que l’Algérie joue pleinement son rôle dans la lutte contre le terrorisme”

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Dans une interview qu’il a bien voulu nous accorder, l’ancien président du Conseil régional de la jeunesse de Tombouctou, aujourd’hui controleur des douanes à la Bmi, nous donne son point de vue sur la mise en œuvre de l’accord d’Alger et la visite du président français, Emmanuel Macron, au Mali. Pour M. Cissé, nonobstant quelques obstacles, des avancées significatives ont été enregistrées dans la mise en œuvre de l’accord.

Aujourd’hui-Mali : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis Oumar Cissé, ancien président du Conseil régional de la jeunesse de Tombouctou, ancien membre du bureau du Conseil national de la jeunesse du Mali, ancien président de la Commission d’organisation du cinquième congrès ordinaire du Cnj-Mali.

Vous avez très actif sur le terrain dans la région de Tombouctou pour la mise en œuvre de l’accord d’Alger. Quel bilan tirez-vous, un an après sa signature ?

Je pense que, de nos jours, des avancées très significatives ont été enregistrées dans le cadre de la mise en œuvre de cet accord, nonobstant quelques obstacles. De nos jours, je peux affirmer sans risque de me tromper que la plupart de ces obstacles ont été surmontés, de la question des autorités intérimaires jusqu’au Mécanisme opérationnel de coordination (Moc). Le Moc est opérationnel par endroit et je pense qu’au niveau de Tombouctou, toutes les dispositions sont en train d’être prises pour qu’il soit effectif. Le terrain est vraiment balisé pour cela. On était dans des questions de leadership entre les groupes et chacun de ces groupes avait des revendications particulières. Mais Dieu merci, le gouvernement a fait des efforts avec l’aide de la Communauté internationale on enregistre des avancées sur cette question de Moc. Il reste maintenant le DDR.

Plus concrètement au-delà du Moc, pouvez-vous nous citer quelques avancées ?

Au-delà du Moc, on peut citer sans nul doute les autorités intérimaires car Tombouctou avait fait de la résistance à ce niveau. Et certains ont cru qu’il y aurait les autorités intérimaires partout sauf à Tombouctou, compte tenu des divergences à l’époque. Mais aujourd’hui cette question est résolue. Il y a des avancées aussi sur les questions de DDR car le site de cantonnement a été choisi. Nous apprenons aussi que les différents groupes armés sont en train de faire des listes de leurs éléments. Il y a un représentant du Moc qui a été désigné, celui-ci sera chargé de conduire cette opération. Le plus important et délicat.

Malgré ces avancées, l’insécurité persiste dans les régions nord du Mali et Tombouctou ne fait pas exception à cette règle. N’est-ce pas là une source d’inquiétude ?

Le constat est que les groupes responsables de cette insécurité ne sont pas partie prenante de l’Accord. Ce sont des groupes terroristes et ils ne cherchent qu’à saboter l’Accord. Je lance un appel au gouvernement et à toutes les forces étrangères, Minusma, Barkhane, à s’impliquer davantage avec les Fama pour sécuriser la zone. Mais il faut reconnaitre que toutes ces forces sont en train de faire leur mieux. Aussi, je suis aussi optimiste surtout avec le discours du nouveau président français, Emmanuel Macron, à Gao. Il a haussé le ton face à certains pays dans la lutte contre ces terroristes. Il s’agit de l’Algérie qu’il a clairement citée. Je pense que c’est un signal fort à l’endroit de ce pays afin qu’il joue pleinement son rôle dans la lutte contre le terrorisme. Si c’est le président français qui tient de tels propos, c’est réconfortant et c’est surtout tirer la sonnette d’alarme.

En tant que leader jeune, peut-on savoir la contribution des jeunes à la mise en œuvre de cet Accord ?

Nous avons largement contribué à la mise en œuvre de l’Accord, à travers des campagnes de sensibilisation pour expliquer son contenu, des foras, des marches de soutien…Je pense que la jeunesse de Tombouctou a largement contribué et d’ailleurs continue toujours d’apporter sa pierre à l’édifice pour que cet accord soit appliqué. Et chaque fois qu’il y a des rencontres, la jeunesse est impliquée et cela depuis Alger où les jeunes ont été associés aux négociations, à travers le Conseil national de la jeunesse. Et ce processus continue toujours. C’est pourquoi je remercie la jeunesse de Tombouctou qui n’a ménagé aucun effort pour le retour de la paix et de la réconciliation nationale.

Réalisé par Kassoum THERA

Source : aBamako

aBamako

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