Landerneau politique : Un retour de l’ADEMA au pouvoir dès 2018 ?

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L’idée commence sérieusement à germer dans l’esprit des militants du parti dont certains évoquent déjà la candidature de l’ex président de la transition de 2012, Dioncounda Traoré. On parle également de celle de Kalfa Sanogo, l’actuel maire de Sikasso. A quelques mois des élections présidentielles de 2018, la ruche est entrée en ébullition.
Comme Judas a trahi Jésus, l’ADEMA PASJ, s’apprête-t-il à trahir IBK ? La principale question qui oppose aujourd’hui les militants de ce parti, est : faut-il ou non présenter un candidat contre le président sortant Ibrahim Boubacar Kéita ? La question divise en ce sens que l’ADEMA fait partie de la majorité présidentielle et accompagne les actions du président de la République. Ces cadres sont dans le gouvernement dont le président Tièmoko Sangaré. Cela suffit-il pour ce parti de soutenir l’actuel président de la République, probable candidat à sa propre succession, pour un second mandat ? Dans le parti de l’Abeille, les avis sont divisés à tel point que les observateurs annoncent une cassure.
L’autre question, est : pourquoi l’Adema ou certains militants du parti, croient-ils à une chance de remporter le scrutin présidentiel de 2018 et signer ainsi le retour du parti au pouvoir après l’avoir perdu en 2002 ?
Nul doute que ceux qui ambitionnent de réaliser ce scénario, croient aussi aux statistiques avancées par l’opposition selon laquelle, la côte de popularité de l’actuel président « IBK », serait si faible qu’il n’a aucune chance de se faire réélire. A en croire donc cette opposition, le bilan du premier quinquennat d’IBK, est très sombre. Toute chose qui amènera les électeurs à ne pas lui renouveler leur confiance en 2018.
Ça, c’est ce que dit l’opposition au président de la République. Le camp du président, lui, dresse ou pourrait dresser un autre tableau beaucoup plus reluisant et il appartient, après tout, aux électeurs d’avoir leur propre opinion sur la question.
Présenter un candidat aux élections présidentielles, est un droit reconnu à l’ADEMA PASJ en tant que parti politique. Mais critiquer la gestion actuelle du pays ou contribuer à dénigrer le président IBK, comme le font certains cadres du parti, pour justifier cette présentation, n’est pas politiquement correct. La présence de l’ADEMA dans la majorité présidentielle, est déjà critiquable en soi. Pour nombre de Maliens interrogés sur la question, la présence de l’ADEMA devrait être dans l’opposition, et cela, depuis qu’il a perdu le pouvoir en 2002 après avoir exercé deux mandats successifs. Mais, sûrement le goût du pouvoir, oblige ses dirigeants à vouloir toujours rester dans la majorité présidentielle. Si l’ADEMA PASJ revenait au pouvoir dès 2018, ne serait pas là la preuve que le peuple malien, ne sait pas opérer des changements politiques ?
Beaucoup critiqué dans sa gestion, durant ses deux quinquennats 1991-2002), l’ADEMA est le parti qui n’a pas su mettre en œuvre les idéaux de la révolution de 1991, selon certains analystes. C’est le parti qui a assis la corruption et accentué le fossé entre riches et pauvres. Sensé construire le mur qui protégerait la population contre l’injustice et la pauvreté, l’ADEMA a tout simplement fait un mauvais soubassement qui fait que ce mur est penché. On dit : pour qu’un mur soit droit, il faut que son soubassement soit droit. Le mur construit par l’ADEMA après la révolution de 1991, sensée marquer un nouveau départ dans la vie de la nation malienne, est si tordu que la maison toute entière risque de s’écrouler. Le régime qui a succédé à l’ADEMA n’a pas pu/su redresser le mur. Qu’en est –t-il de celui d’IBK ?
Loin de flatter l’actuel régime, nous reconnaissons son effort à refonder les valeurs de notre société. Reconstruire un homme, ne se fait pas en un seul jour, ni en deux jours. C’est sur le fil du temps qu’on construit/reconstruit un homme sur des valeurs fondamentales. Le plus important, c’est avoir la volonté de le faire. Cette volonté, le président « IBK » l’a affirmé. Peut-il ou pouvait-il réussir cette œuvre au bout de cinq ans ? Il aura, en tout cas, poser les jalons qui amèneront à la reconstruction d’un Malien nouveau en qui on aurait plus confiance et qui travaillera pour le rayonnement du pays.
Par humilité, certains hommes politiques, devraient se taire ou faire profil bas, pour ne pas insulter la conscience d’un peuple dont les dirigeants, jusqu’ici, n’ont réussi à combler les aspirations.
Nous sommes d’accord avec Oumar Mariko, président du Sadi, sur une seule chose : le régime d’IBK, doit marquer la fin de règne de l’ADEMA. Autrement dit, après le président « IBK », ce serait à une nouvelle génération, plus jeune, de prendre les destinées du pays en mains.
Tièmoko Traoré

Source : aBamako

aBamako