Deuxième mandat en 2018 : Qu’est ce qui fait courir IBK entre les deux Grands Chérifs du Mali ?

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Elu avec un grand espoir de sortir le pays de la crise multidimensionnelle, le peuple dans sa majorité a donné son quitus à IBK, un homme reconnu au paravent comme quelqu’un qui sait prendre de bonnes décisions pour le Mali donc un homme à poigne.

Au début de son quinquennat, il a fait savoir à son parti et au peuple malien que ce sont les religieux qui l’ont élu et non son Parti le RPM. Cette déclaration a surpris plus d’un malien. Le RPM est le parti qu’il a créé en 2001 avec les maliens, à l’époque qui pensaient qu’il était le dauphin naturel d’Alpha Oumar KONARE et ce dernier l’a trahi.

Parmi ces accompagnateurs, il y avait certains militants de l’ADEMA qui ont pris un grand risque en le suivant dans sa nouvelle aventure durant douze ans sans rien avoir en retour. Le seul réconfort moral pour eux était qu’IBK reconnaisse après sa victoire éclatante en août 2013, en disant merci aux militants du RPM.Malheureusement, cela n’a pas été le cas, au contraire, il a commencé à les combattre. Particulièrement Dr TRETA qui a été combattu, du fait qu’il a voulu que les principes de la bonne gouvernance dans les nominations soient respectés. Son premier gouvernement a été constitué par les membres de ‘’la famille d’abord’’ au détriment du Parti. A la fin le Secrétaire général du Parti a été chassé de son poste de super Ministre du développement rural. N’eut été les sections, lors du dernier congrès du Parti en 2016, Dr TRETA allait rater le poste de Président du Parti. Malgré cette sérénité apparente, le Dr TRETA a fait bon cœur contre mauvaise fortune. Aujourd’hui les déclarations du genre ‘’seul le RPM pourra faire élire IBK au premier tour’’ sont devenues désormais des slogans vides de sens pour plusieurs raisons. D’abord, les militants du RPM sont déçus du bilan depuis son arrivée à la tête de l’Etat.Ensuite son soutien principal qui est le Haut Conseil Islamique du Mali semble lui avoir tourné le dos, pour non-respect de ses engagements envers l’Union des Jeunes musulmans du Mali présidée par Mohamed Macky Bah. Son incapacité à éradiquer la crise sécuritaire a été démontrée plus d’une fois. A son arrivée au pouvoir, l’autorité du pouvoir central s’étendait sur Kidal. Tel n’est plus le cas depuis mai 2014. Pour les élections de 2018, il n’aura pas le soutien de l’ex junte militaire qui l’a soutenu et qui se trouve actuellement entre les griffes de la justice malienne par rapport à l’assassinat des bérets rouges en 2012. Donc, la junte n’est plus là pour faire voter le million de cartes NINA dans les camps militaire.Les Partenaires Techniques et Financiers ont pris du recul parce que IBK manque de visions, dans la résolution de la crise malienne. Aussi bien l’ancien Président Hollande que le tout nouveau président français, trouve que la ligne de résolution de la crise ne bouge que lentement sur tous les fronts.Au même moment, à la dernière rencontre du G7 à Taormina en Sicile en Italie, IBK en tant que président du G5 Sahel n’a pas été invité, c’est le Président du Niger Mahamadou Issoufou qui a eu cet honneur pour aller donner son point de vu par rapport à la crise sécuritaire au Sahel . Et tout juste après, c’est Modibo SIDIBE le président des FARE qui a été invité par deux anciens premiers Ministres français Jean Pierre Raffarin et Alain JUPE à tenir une conférence sur ‘’le développement et la sécurité’’ à Paris. Au même moment cet autre ancien Premier Ministre français Dominique de Villepin, pense qu’IBK ne fait pas suffisamment pour résoudre la crise et qu’il n’a pas de vision pour le Mali. Le fait que toutes ces remarques coïncident au même moment n’est pas fortuit. Les Européens cherchent en fait, un visionneur pour le Mali. IBK se doute désormais du soutien des Européens quant à un éventuel deuxième mandat. Ces blancs ne font rien au hasard, IBK sachant cela se trace une autre voie. C’est d’ailleurs pourquoi, il profite de ce dernier virage pour lancer des travaux routiers, dont les retombées bénéfiques lui profiteront certainement. Ce fut le cas du lancement de la route Baraoueli-Tamani, avec un coût de plus de 7,2 milliards de nos francs à l’Etat, au bénéfice du Chérif Ousmane HAIDARA et sa grande fête religieuse annuelle à Tamani. L’aménagement de cette voie était vivement souhaité par le Chérif Ousmane HAIDARA et ses talibés au nombre d’un million d’électeurs potentiels. Au même moment, les FAMAS restent mal équipées, bien qu’une loi de programmation militaire votée depuis le 28 février 2015 par l’Assemblée Nationale peine à être financer .Nous pensons qu’il faut d’abord la sécurité avant la route, car un état qui n’a plus de frontière au nord ne mérite pas d’avoir le nom d’Etat. A peine le lancement de la route fini, IBK est vu également à Nioro au pas de course pour les obsèques du fils du Chérif Bouillé HAIDARA. En effet, il est en froid avec ce dernier depuis deux ans. Le traditionnel Conseil des Ministres du mercredi a été sacrifié pour les dits obsèques. IBK dit qu’il n’est pas fou du pouvoir, mais qu’il est fou du Mali. Cela étonne plus d’un malien. Lui, qui étale le tapis rouge, jusque dans les bouses de vaches lors de la journée de célébration de la vaccination du cheptel. Lui, qui aime les honneurs et qui se promène avec la chaise sur laquelle, il doit s’asseoir lors des cérémonies officielles. Lui, qui a payé un avion pour ses déplacements sans que le prix exact ne soit connu par les maliens jusque-là.Lui, dont la gestion a été épinglée par le bureau du vérificateur général et celui de la cours des comptes pour des surfacturations. Nous nous posons la question de savoir si ce sont les maliens qui sont fous d’IBK ou si c’est IBK qui est fou du pouvoir ?

Sinon comment avec un tel bilan peut-on encore continuer à courir entre les Chérifs de Nioro et de Tamani? Pour prouver qu’il n’est pas fou du pouvoir, et avec ce maigre bilan, il doit renoncer à se présenter pour un second mandat. Mais le constat est fait, le Nègre et le pouvoir, ne se séparent jamais en bon terme. Tel semble être le cas pour IBK qui ne fera pas exception à la règle. Que Dieu sauve le Mali !

Ivette GUINDO

Source : aBamako

aBamako

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