Wulu: derrière l’ascension d’un trafiquant de drogue, les maux du Mali

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Le film malien Wulu, en salles mercredi, raconte l'ascension d'un trafiquant de drogue tout en dépeignant les maux du Mali (violence, groupes jihadistes, corruption, chômage, prostitution, pauvreté, népotisme).

Réalisée par le Franco-Malien Daouda Coulibaly, cette grosse production de genre thriller qui a bénéficié de fonds européens, a remporté en mars le prix Ousmane-Sembène du 25e Festival panafricain du cinéma et de la télévision de
Ouagadougou (Fespaco).

"Parfois on arrive à éveiller les consciences. C'est un film sur l'univers de la cocaïne et sur les effets politiques de ce trafic en Afrique de l'Ouest", avait expliqué Daouda Coulibaly lors du festival faisant allusion au Nord-Mali en proie aux groupes jihadistes. "Ca porte préjudice à la sécurité
du pays. Toute une partie du territoire est difficile à gérer".

Le tournage, initialement prévu au Mali, avait dû être délocalisé au Sénégal pour des raisons de sécurité après l'attaque de Bamako qui avait fait 20 morts en novembre 2015.

"Si (les jihadistes) qui déstabilisent cette région ont le moyen de le faire, c'est parce qu'ils ont les ressources pour le faire. Ils profitent de ce trafic, soit ils y sont associés, soit ils en sont les organisateurs", avait-il dit.

Pour le jeune réalisateur, "on a beaucoup parlé du terrorisme, mais si on ne se pose pas la question du financement de ce terrorisme et qu'on le combat uniquement sur le terrain (militaire), je ne pense pas que cela permettra du sortir du problème".

Le film dénonce aussi la corruption et la collusion des forces armées avec le narco-trafic: "Ca fait partie du problème. Des soldats, au moment de la mutinerie qui s'est transformée en coup d'Etat (mars 2012), reprochaient à des généraux d'avoir des rapports très intimes avec des narco-traficants. Tout ça s'imbrique", dit Daouda Coulibaly.

Pour lui, dont c'est le premier long métrage, c'est un film "sur la jeunesse africaine qui n'a pas eu accès à l'éducation, a des difficultés à trouver des emplois... Et quand elle en trouve, c'est très mal payé. Elle est susceptible d'être tentée par les sirènes du trafic de drogue".

pgf/jpc/ial/dar


Source : Africatime

Africatime

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