DE L’EAU, de l’eau, de L’eau : Au compte-gouttes à Lafiabougou à l’heure du crime

14

Depuis bientôt deux décennies, l’eau ne coule plus à flot à Lafiabougou. Partout, la galère règne en maître absolu, sans doute, au grand bonheur du ministre en charge de la flotte indispensable à toute vie. Il ignore que c’est un crime d’assoiffer un individu !

De l’aurore au milieu de la nuit, aucune goutte d’eau ne provient de la Somagep, qui, toujours encline à déconnecter de son réseau les mauvais payeurs, sans crier gare, adopte le silence de carpe face au douloureux calvaire de la populace de ce lugubre quartier.
De l’heure du crime jusqu’à l’appel du muezzin pour la prière du matin, les femmes mettent à rude épreuve leur échine pour assurer la provision d’eau potable de la famille pour la journée. Les nanas, principalement les B52 qui emprunte l’escalier pour accéder au premier palier, voire deuxième, souffre le martyre. Et, demain elles recommencent de plus bel. Ainsi de suite… Chaque jour, dès que Dieu réveille l’humanité, elles prennent leur mal en patience. Mais…
Pendant la journée, les vendeurs d’eau parcourent de très longues distances à pied derrière leur diable pour vendre à 50 F CFA un bidon de 20 litres aux nantis. Dans ce nébuleux quartier populeux, l’eau - c’est la vie - manque plus que toutes les denrées de première nécessité.
Là-bas, c’est le ras-le-bol. Le vase déborde de dépits. Chez les femmes, l’heure de la révolte raisonne dans le silence et rappelle celle qui les poussèrent, il y a longtemps, à battre le macadam.
Qu’IBK ne soit pas du tout surpris que cet avatar de son ministre en charge de l’Eau potable -la vie - devienne un mépris à consommer amèrement à la prochaine élection présidentielle.
Pour corser cette note très salée, la Somapep, qui se targue d’ailleurs, à coups de milliards, de doubler, sous peu, la capacité de la station de pompage de Kabala, manque de perspectives. Pour la bonne et simple raison que la Société malienne du patrimoine de l’eau potable, marche sur les traces de son ancêtre. Elle marche vraiment à contre-courant.
C’est dire justement qu’elle ne tient pas encore de l’accroissement très rapide de la populace, dont les besoins en tout, notamment en eau, va crescendo. Là-bas, dans ce patelin brumeux aux allures de bourgade, en moyenne une vingtaine de personnes vivent dans la promiscuité dans un lopin de terre d’environ 20 m2.
Les responsables du triste sort de la populace de Lafiabougou, entres autres citoyens dépourvus d’eau courante, dépassent de loin un criminel sang ici en République du Mali.
Philipe No

Source : aBamako

aBamako