Précampagne 2018 : Qu’est ce qui fait courir certains cadres de l’Adéma ?

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Pour la présidentielle de 2018, l’Alliance pour la démocratie au Mali/Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ) n’a aucune orientation politique à quelque 14 mois de ce grand rendez-vous. Aujourd’hui, certains cadres du parti de l’Abeille courent dans tous les sens et certains parmi eux inondent les réseaux sociaux par leurs agitations. Le parti risque une nouvelle implosion.
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Depuis sa création, l’Adéma/PASJ est écartelé entre plusieurs courants : les communistes, les socialistes, puis le clan de la Compagnie malienne de textile (CMDT) autrement les libéraux et les autres… La vieille dame n’a jamais su faire l’unité autour d’une orientation politique surtout quand il s’agit d’une élection présidentielle. D’aucuns affirment que l’Adéma a toujours peur d’aller à l’opposition pour l’avoir fait subir à d’autres.
Cette fois-ci encore, comme en 2002 et en 2007 le parti de l’Abeille ira aux élections en rangs dispersés. Plusieurs scénarios sont possibles : une partie de l’Adéma présentera un candidat en 2018 aux élections. Ce sont les "très fâchés". Pour n’avoir pas eu à souhait leur désir notamment des postes "juteux". Ils sont très remontés contre le président IBK, peut-être pas contre sa gestion réellement, mais plutôt pour n’avoir pas eu des postes de responsabilités comme souhaité par certains. Mais aussi, parmi eux ceux qui doutent de la réélection du président Ibrahim Boubacar Kéita. Ils cherchent la direction du vent. Pour eux, l’essentiel c’est d’être au bon moment et au bon endroit. Ils sont près à retourner au camp IBK s’ils sentent la victoire se dessiner doucement. C’est des véritables opportunistes qui ne pensent qu’à leur seul bien-être.
L’autre clan, ce sont ceux-là qui ont été clairs et sincères avec IBK. Ils souhaitent l’accompagner pour avoir un deuxième mandat. Ce sont "les amis" d’IBK depuis l’Adema originelle. C’est aussi ceux-là qui mouillent le maillot aujourd’hui avec lui pour le Mali. Pour eux, quoi qu’il advienne leur soutien ne fera pas défaut à la réélection d’IBK pour 2018. Ce soutien est d’autant plus important que c’est la frange la plus importante de l’Adéma qui soutiendra Ibrahim Boubacar Kéita qui a toutes les chances de son côté pour gagner en roue libre les échéances de 2018. Certes, il y aura assez de bruit, et après ? C’est le Mali qui avance.
Rien ne va plus dans l’Adéma. Sa fusion avec le RPM ayant avorté, la Ruche est affaiblie et n’est plus en possession des moyens de sa politique comme avant. Les cadres qui sont en train de courir dans les sens ignorent cet état de fait. La jeunesse sur qui certains militants misent aujourd’hui dans le parti ne pourra sortir un meilleur candidat capable de faire face à la situation de l’heure.
L’on se souvient du fiasco de 2013, après le choix porté sur Dramane Dembélé. Elle veut remettre ça ? Pas si sûr. Le mieux pour elle, c’est de mieux se positionner et de s’organiser sérieusement pour aller à la conquête du pouvoir pour 2023.
D’autres partis comme la Convergence pour le développement du Mali (Codem) ou l’Union malienne/Rassemblement démocratique africain (UM-RDA) ne doivent plus jouer au petit malin. Si on est de la majorité présidentielle, on s’assume et le parti renonce à présenter un candidat pour soutenir le candidat de la majorité. Ou alors, si le parti a l’intention de présenter un candidat, il quitte le gouvernement avec toutes conséquences. C’est aussi simple que cela. D’ailleurs, c’est ce qu’ATT en son temps avait dit à tous les partis représentés dans son gouvernement. Cela doit être valable sous Ibrahim Boubacar Kéita.
On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et la fermière. Il y a une logique et la responsabilité dans un parti. Dans tous les cas, IBK doit s’exprimer là-dessus pour un jeu clair dans son propre camp.
Irelie Dara

Source : aBamako

aBamako