Révision constitutionnelle: la grille de lecture de Cri-2002

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Le contexte de la révision constitutionnelle ; problématique ; le traitement du passé ; les concepts fédérateurs de la démocratie au Mali ; les enjeux et les défis ; les perspectives pour un Mali un, indivisible et apaisé, étaient des questions abordées par le Dr Abdoulaye SALL, président de CRI-2002 au cours d’une conférence d’information réunissant les chefs de quartier, les organisations de jeunes, hier, à la Maison des Aînés.

Le thème cette conférence était : ‘’réflexion et action pour la consolidation de la démocratie dans notre pays par le traitement du passé’’.
Dans ses propos liminaires, le Dr SALL a fait savoir que la réflexion était le propre de l’homme et elle débouche sur l’action, à travers le traitement (guérir) du passé. Il définit la démocratie comme le pouvoir du citoyen, par le citoyen, pour le peuple.
Il a mis en évidence l’importance des langues nationales comme facteurs de développement.
Après l’introduction du modérateur, il est rentré dans le vif du sujet.
Le contexte, a fait savoir le Dr SALL, est celui de la révision constitutionnelle ; la Constitution étant la loi fondamentale, à travers laquelle est organisée la démocratie. C’est à ce titre, a-t-il poursuivi, que la Constitution est une latence (une protection pour le citoyen) et une permanence qui fait une double contrainte à l’État : une limitation de mouvement et celle d’être dirigé par des représentants élus auxquels cette même Constitution a donné compétence pour le faire.
Le dernier point évoqué par le ministre SALL, en ce qui est du contexte, est que par nature, dans un pays en co-constuction démocratique et en crise comme le nôtre, toute proposition de révision constitutionnelle donne lieu à de chaudes empoignades tant sur le plan politique, juridique qu’institutionnel.
En ce qui est de la problématique, le président de CRI-2002 a fait savoir que ce dont que nous avons hérité est le projet Mali qu’il fallait traduire en réalité. 57 ans après l’indépendance, le pays court toujours derrière l’opérationnalisation de sa devise : un Peuple, un But-une Foi.
Les concepts fondateurs et fédérateurs de la démocratie portent sur la période du 24 novembre 1958 au 21 septembre 1960, sous la République soudanaise, 1er État de l’ex-Afrique occidentale francophone, membre de la Communauté française ponctuée de l’éphémère Fédération du Mali avec le Sénégal créée le 17 janvier 1960 et dissoute 18 mois plus tard, le 20 août 1960, et celle du 8 juin 1992 à nos jours. Tout le reste de l’évolution politico-administrative de notre pays a été marqué par les régimes de partis uniques et/ou d’exceptions (US RDA, CMLN, CTSP, CNDRE).
Le conférencier, pour parler du traitement du passé, a cité 5 piliers : le savoir ; la vérité ; la justice qui se fait à 3 niveaux (la conscience, la justice institutionnelle ; Dieu) ; les réparations et les garanties de non-répétition. Il a souligné sur la nécessité de travailler sur la justice non juridictionnelle. Pour lui, il faut aussi avoir une connaissance et une compréhension commune, partagées, acceptées sur les concepts fondateurs et fédérateurs de la démocratie au Mali, à travers la Constitution de la 1re République, du 24 novembre 1960 ; de la 2e République, du 2 juin 1974 ; de la 3e République, du 25 février 1992.
Les enjeux et les défis selon le Dr SALL sont : l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger ; la révision constitutionnelle ; les élections de proximité à venir…
Parlant des perspectives pour un Mali Un, Indivisible et Apaisé, le conférencier a souligné l’importance d’un dispositif et système de veille et d’alerte pour la démocratie, la paix, l’unité, la réconciliation nationale, la cohésion sociale au niveau national et au niveau et au niveau des collectivités territoriales ; faire des campagnes vigoureuses d’information, de sensibilisation, de formation et de mobilisation citoyennes et civiques au niveau national et au niveau des collectivités territoriales ; fixer dans la Constitution une date intangible pour l’investiture du président de la République. Toute chose qui a pour avantage de fixer un cap, d’assurer et de garantir la régularité des élections dans des délais constitutionnellement établis, visibles, lisibles, évaluables, et contrôlables par les citoyens.
Le Coordinateur des chefs de quartier de Bamako, Bamoussa TOURE, a rappelé que les chefs de quartier portent une grande responsabilité qu’ils assument au quotidien. En ce qui de leur implication, dans la gestion des affaires publiques, il estime qu’il y a des avancées. La preuve en est qu’ils sont invités à plusieurs rencontres nationales et qu’ils n’arrivent même à honorer de leur présence à certaines d’entre elles. Aussi, a-t-il demandé de la patience aux chefs de quartier, dans l’espoir qu’avec le temps ils auront davantage de satisfaction. Ce, alors que ses collègues se plaignaient du peu de considérations à leur égard ; l’absence de cadre normatif et de soutien matériel pour l’exercice de leur travail.
L’intervenant, qui a abondé dans le même sens que le Dr SALL, en ce qui est de nos langues nationales, est convaincu qu’en apprenant dans la langue d’autrui, on pense comme lui et on finit par être une chauve-souris.

Par Bertin DAKOUO

Source : aBamako

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