« Wulu » : lignes blanches dans le désert

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En suivant un convoyeur de cocaïne sur le trajet Dakar-Bamako, Daouda Coulibaly signe un dynamique « Scarface » malien.

Parce qu’il s’extrait de la misère en faisant commerce de cocaïne, on aura tendance à faire de Ladji, le héros de Wulu, un « Scarface malien », une version bamakoise de Tony Montana. Mais c’est justement ce qui rend ce premier film passionnant que de mettre en scène un autre rapport au crime organisé que celui qui domine dans une société riche.
L’immigré cubain de Brian De Palma se lançait, comme tous ses nouveaux concitoyens, à la poursuite du bonheur, Ladji – comme des centaines de millions de jeunes au sud du Sahara – cherche, lui, sa juste place dans la société des hommes. Le titre même du film, qui fait référence aux rites initiatiques préludant à l’admission d’un garçon dans une société secrète au Mali, pointe dans cette direction : Wulu est un récit d’apprentissage autant qu’un film de gangsters.
Dans le même mouvement, Daouda Coulibaly, Marseillais d’origine malienne, invite les spectateurs à faire l’apprentissage de cet autre paysage moral, dans lequel les gendarmes sont aussi des voleurs. Il le fait avec un impressionnant sens du rythme et de l’action, imprimant à son film une dynamique qui fait passer le manque d’épaisseur de certains personnages et l’accumulation de situations qui n’ont parfois d’autres raisons d’être que de compléter la démonstration de l’auteur.

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Source : Africatime

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