Abdoulaye Idrissa Maiga: autopsie d’une DPG

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Ce qu’il propose concrètement secteur par secteur; Ce que coûte concrètement la réalisation de la DPG.

Conformément à la tradition républicaine, le Chef du Gouvernement, SE Abdoulaye Idrissa MAIGA, sera demain jeudi devant les élus de la Nation pour les débats sur la Déclaration de Politique Générale (DPG) qu’il avait présentée avant-hier lundi 12 juin 2017. Objectif : obtenir l’onction de la représentation nationale pour sa mise en œuvre (Article 78 de notre Constitution).
Homme de rigueur, connu pour sa rectitude intellectuelle et morale, SE Abdoulaye Idrissa MAIGA, durant plus d’une heure d’horloge, a entretenu avec franchise et éloquence les députés sur les grandes orientations de la politique qu’il entend mener. Articulée en quatre axes prioritaires, loin d’un catalogue d’intentions vertueuses, politiquement actées et sans aucun engagement, la DPG d’AIM se présente comme un tableau détaillé des actions concrètes, mesurables ainsi que des stratégies et des moyens à mettre en branle pour sa réalisation. Sur le parachèvement accéléré de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, l’apaisement du climat social, le Programme présidentiel d’urgences sociales et l’adaptation de la diplomatie malienne aux ambitions du Mali…, voilà ce que le Premier ministre veut faire. Préoccupations concrètes, réponses concrètes, situations concrètes, solutions concrètes.

Sans far, ni artifice, le Chef du gouvernement a commencé sa DPG par camper le décor de notre Mali de juin 2017 où, rappelle-t-il, «les défis sont immenses et l’éventail des problèmes assez large ». C’est pourquoi dès l’entame de son propos, il a martelé qu’«il nous faut entrer dans une ère de Paix ». C’est pourquoi, le socle de la politique qu’il entend mener sera sans doute « la recherche inlassable du maintien de la paix, de la sécurité et de la stabilité (qui est, pour tous), une quête de tous les instants en cela qu’elles sont la condition indispensable au développement durable et la garantie du bonheur de notre peuple en particulier ».
En effet, pour ce franc-parleur, en dépit des ambitions et des « revendications, somme toute, légitimes (auxquelles son gouvernement est en train d’apporter) autant que possible les réponses appropriées, (il urge de renforcer) la confiance en ce pays, en ses institutions en vue de garantir son avenir ».

Axes prioritaires
Après avoir rappelé les acquis et les avancées depuis septembre 2013, le Premier ministre a décliné sa Déclaration de politique générale « en quatre (4) axes essentiels (qui répondent aux préoccupations fondamentales de notre pays). Il s’agit de :
1. Parachever la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger ;
2. Apaiser le climat social ;
3. Mettre en œuvre le Programme Présidentiel d’Urgences Sociales ;
4. Adapter notre diplomatie aux exigences de notre place et notre rôle dans les questions sous régionales, régionales et internationales ».

Accélérer la mise en œuvre de l’Accord
Soucieux de « l’aspiration légitime des Maliennes et des Maliens à une vie meilleure, à vivre en paix et en sécurité, à accroitre leurs revenus et avoir des emplois », le Premier ministre propose comme mesures phares, d’une part, « d’accélérer la marche du pays vers une société plus solidaire, plus apaisée, plus harmonieuse, résolument tournée vers l’innovation, le progrès et un développement bien intégré » et, d’autre part, de « poursuivre et consolider le Dialogue qu’il a entamé avec tous les acteurs de notre pays, notamment les syndicats et les autres acteurs sociaux. Il s’agit d’entendre leurs préoccupations, d’œuvrer à trouver les meilleures solutions mais également et surtout leur expliquer les efforts déployés par le Gouvernement, malgré ses moyens limités ».

Comment ?
Concrètement, il s’agira, rassure M. MAIGA, de « poursuivre toutes les actions jugées nécessaires, veiller à innover et à faire preuve de créativité pour améliorer le bien-être collectif dans un Mali pluriel ».
Parce que le Gouvernement travaillera pour un « Mali en Paix », le premier axe porte de sa politique portera sur la mise en œuvre accélérée de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, issu du processus d’Alger.
Pour y parvenir, le Gouvernement s’attèlera, sans relâche, à la réforme de notre Armée et ce, en mettant en œuvre de façon efficiente et rigoureuse, la Loi d’Orientation et de Programmation Militaire (LOPM).
Dans ce cadre, le Premier promet que tout sera mis œuvre pour le renforcement des capacités d’anticipation, d’intervention et de protection des Forces de défense et de sécurité par l’acquisition d’équipements appropriés et modernes, notamment les aéronefs et les matériels de soutien technique pour l’armée de l’air.
Il ne s’agit pas que d’équiper nos forces, au même moment, le Gouvernement fera d’une priorité l’application du nouveau statut général des militaires en vue de leur épanouissement. Nos Forces armées et de sécurité bénéficieront d’une amélioration conséquente de leurs conditions de vie.
Objectif : hisser nos Forces armées et de sécurité à la hauteur des défis et des enjeux de l’heure, en particulier dans la lutte contre le terrorisme. Est déjà en chantier un Plan intégré de sécurisation des régions du Centre (Ségou et Mopti). Concomitamment, dans le cadre d’une lutte globale et efficace contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, le Gouvernement prend le pari sur :
– le renforcement des capacités en renseignements ;
-la formation en vue d’une meilleure maîtrise de la conduite des opérations ;
– la conduite des opérations de terrain ;
-la dotation en moyens de défense appropriés comme le lui imposent ses obligations régaliennes de protection de la terre de nos ancêtres;
-l’acquisition d’équipements militaires adaptés à nos besoins, d’armes et de minutions ainsi que le renforcement des capacités opérationnelles sur le terrain et ;
-la réhabilitation ou la construction d’infrastructures pour l’exploitation optimale des matériels et des équipements militaires.

Sur le plan sécuritaire, conscient de l’interdépendance entre la Paix, la Sécurité et le Développement, le Gouvernement, explique le Premier ministre, a opté pour une programmation à moyen terme. C’est là toute la portée de la Loi d’Orientation et de Programmation de la Sécurité qui prend en compte le processus de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Intégration.
Traduction concrète : le Gouvernement se focalisera sur les moyens opérationnels du cadre de lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre ; la création d’une Direction Générale de la Police Scientifique et Technique, mais également l’opérationnalisation du Centre d’Analyse et de Fusion du Renseignement. La mise en place des centres de crise au niveau des Directions Générales de la Police Nationale, de la Gendarmerie Nationale et de la Garde Nationale sera effective.

Pour ce qui est de l’uniformisation progressive de la souveraineté sur l’ensemble du territoire qui se traduit par la présence renforcée et/ou le retour de l’Etat sur toute l’étendue du territoire et la consolidation du vivre ensemble, le Premier Ministre propose une approche nationale en trois Temps et trois Actions fortes : Action « Kidal » ; Action « Delta du Niger » et ; Action « Boucle du Niger ».
Pour y parvenir, il promet d’envoyer, avant la fin du mois, une mission de bons offices dans les régions de Kidal, du Delta Intérieur et de la Boucle du Niger ; des rencontres périodiques et régulières seront tenues ; les Autorités Intérimaires, déjà toutes en place, seront renforcées, afin de conduire à bien leurs missions d’organisation du retour de l’Etat et des populations réfugiées et/ou déplacées, de conduite sereine et efficace de l’administration de leur ressort territorial.

Apaisement du climat social
En très bon pédagogue, M. MAIGA propose de faire du Dialogue Social le fil d’Ariane de sa politique et de toutes les actions qui seront menées dans le cadre de l’apaisement du climat social. Aussi la Stratégie d’action est et sera : le renforcement du dialogue social avec l’ensemble des partenaires sociaux sans exclusive aucune.
Objectif : encourager un consensus entre les principaux acteurs du monde du travail pour résoudre les questions économiques et sociales importantes, promouvoir la bonne gouvernance, favoriser la paix et la stabilité sociale et stimuler l’économie.
Cela se passera concrètement par les actions suivantes :
-l’adaptation du Code du Travail à l’évolution du contexte socioéconomique et institutionnel. Ce nouveau Code permettra, d’une part, d’apaiser le climat social en créant les conditions de bonnes relations de travail et, d’autre part, de contribuer à faire du secteur privé le moteur de l’économie nationale ;  
-la création du Conseil National du Dialogue Social dont la mission sera de contribuer à l’instauration d’un climat social apaisé à travers l’animation d’un cadre permanent de concertation entre le Gouvernement et les partenaires sociaux en vue de prévenir et de mieux gérer les conflits collectifs ;
-l’élaboration d’une politique nationale en sécurité et santé au travail ;
-la poursuite de la révision des conventions collectives en vue de les adapter à l’évolution de l’environnement du travail et;
-la mise en œuvre du Programme Pays pour le Travail Décent, qui contribuera à améliorer les conditions de vie et de travail dans tous les secteurs de la vie économique.
Pour prendre en compte les spécificités sectorielles, le Premier ministre envisage d’organiser une série de conférences sociales dont : une Table-ronde sur la problématique salariale ; une Table-ronde sur l’éducation ; une Table-ronde sur la santé et une Table-ronde sur l’enseignement supérieur.
Pour ce qui est du renforcement de la démocratie au niveau local, le Premier ministre promet de soutenir et d’amplifier la stratégie de transfert des ressources aux Collectivités territoriales pour la réalisation de l’objectif de 30% des ressources transférées en 2018.
Dans la loi des finances 2017, les ressources transférées aux Collectivités territoriales se chiffrent à 261,8 milliards de FCFA contre 213,3 milliards de FCFA en 2016, représentant 18,3% des recettes budgétaires.

Programme Présidentiel d’Urgences Sociales
Pour conduire de manière diligente le Programme Présidentiel d’Urgences Sociales qui vise à réduire de façon significative les inégalités dans l’accès aux services sociaux de base pour la période 2017-2020, le Gouvernement œuvrera, avec équité dans la gestion de chacun des secteurs (Eau, Santé, Energie et Pistes rurales).

En matière de gestion de l’eau
Le Premier ministre se propose de réaliser :
-le Projet d’Alimentation en eau potable de la ville de Bamako à partir de Kabala en 2018 qui sera rigoureusement suivi afin de permettre l’accès à l’eau potable à plus d’un million de personnes ;
-449 équivalents points d’eau modernes en milieu urbain et semi urbain dont 55% en 2017 et 45% en 2018.
Avec ces réalisations, le taux d’accès de la population à l’eau potable sera porté en 2018 à 73%, en milieu urbain, et 65% en milieu rural, contre respectivement 70% et 63,30% en 2015.

Dans le domaine de la gestion de l’énergie
M. MAIGA rassure que la mise en œuvre des urgences sociales permettra de résorber le déficit en matière d’offre énergétique et de renforcer les systèmes d’approvisionnement, de production, de transport et de distribution de l’énergie tout en améliorant la qualité du service public de l’électricité.
A terme (en 2018), le Gouvernement se propose de porter le taux d’accès à l’électricité, en milieu urbain, à 89%, contre une réalisation de 80% en 2015 et pour le milieu rural 31,23% contre 16,57% en 2015.

Dans le secteur de la santé
Le Premier ministre se propose d’axer les efforts du Gouvernement, au cours de la période 2017-2018, d’une part, sur les Soins de Santé Primaires (SSP) et la Couverture Sanitaire Universelle (CSU) -qui serviront de leviers pour faciliter l’accès des populations aux services de santé de qualité – et, d’autre part, sur la mise en œuvre de la réforme sanitaire ainsi que le renforcement des plans et stratégies pour mieux organiser le système de gestion des grands hôpitaux (Point G, Hôpital Gabriel Touré, Hôpital du Mali, Hôpital de Kati ainsi que les hôpitaux régionaux).

Pour réussir, le Premier ministre prend l’engagement de procéder :
-à l’érection de 12 Centres de Santé Communautaire en Centres de Santé de Référence, de 6 Centres de Santé de Référence en Etablissements Publics Hospitaliers de 2e référence, de 4 Établissements Publics Hospitaliers de 2e référence en 3ème référence;
-au démarrage des travaux de construction des Centres d’Hémodialyse des Hôpitaux de Mopti et de Kayes, du Centre de prise en charge de la drépanocytose et de la Banque de sang à l’Hôpital de Mopti et le nouvel hôpital de Kayes et ;
-à la transformation de l’hôpital Gabriel Touré en un hôpital d’accueil, de tri, de stabilisation pendant 24 heures à 72 heures au maximum et de référence pour les urgences très sévères traumatiques, gynéco-obstétricales et pédiatriques. Ainsi, les premiers soins reçus seront offerts gratuitement par le Gouvernement du Mali. Toutes les autres urgences médicales, chirurgicales, les consultations et les soins primaires pourraient être dirigés vers les autres structures de référence de district, les CSCOMs et certaines structures privées.
Objectif : augmenter le taux d’accès de la population à des infrastructures de santé de 58% en 2015 à 61% en 2018.

Dans le domaine de l’éducation
Le Chef du Gouvernement s’engage à élaborer la 2ème génération du Programme Décennal de Développement de l’Education, PRODEC-II et à entreprendre, à l’horizon 2018, au bénéfice de l’école malienne, les actions suivantes :
-le renforcement des capacités des enseignants, de leurs conditions de vie et l’amélioration de la gestion du personnel enseignant ;
-le renforcement de la gestion décentralisée et déconcentrée du système éducatif;
-le renforcement des infrastructures scolaires par la création des lycées de Niamana, Nara et Mandiakuy, la création d’Académies d’Enseignement à Nioro, Ménaka et Taoudenit et des Centres d’Apprentissage Professionnels, d’Instituts de Formation Professionnelle à Sikasso, Kita, Yélimané et Kidal ;
-le financement de filières porteuses dans 12 établissements publics et privés d’Enseignement Technique et Professionnel pour un montant d’Un Milliard de francs CFA ;
-la poursuite du Programme de développement des manuels scolaires ;
-la mise en place, dès cette année, d’un Système Intégré de Gestion de la Formation Continue des Maitres (SIG-FC) ;

-la mise en place, en 2018, d’un Système Intégré de Gestion des examens, le SIG-EXAMENS ;
-la mise en place des critères de certification des établissements d’enseignement privés ;
-l’amélioration de la gestion du système décentralisé d’éducation dans l’optique d’une meilleure dotation des établissements en enseignants de qualité et enfin ;
-la mise en place des dispositions de la généralisation effective du port de la tenue scolaire.
Objectif : améliorer l’éducation à tous les niveaux et l’alphabétisation en portant le taux d’admission au premier cycle de 59,6% en 2015 à 67% en 2018.

Dans le domaine de l’emploi et la formation professionnelle
M. MAIGA a promis de concentrer les actions sur les priorités suivantes :
– l’évaluation du deuxième Programme Emploi-Jeunes (PEJ II) ;
-l’élaboration et la mise en œuvre du troisième Programme Emploi – Jeunes (PEJ III), avec un accent particulier sur l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali et le Programme d’urgence ;
– le développement de l’esprit d’entreprise chez 30 000 jeunes ;
– le financement de 8 500 projets au profit des jeunes ;
– le renforcement du dispositif de suivi-évaluation des activités ;
-le démarrage d’un projet pour la création d’opportunités d’emplois au Mali, financé par le fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique de l’Union Européenne ;
-la prospection en matière d’insertion des jeunes dans les filières agro-sylvo-pastorales et halieutiques ainsi que d’autres métiers porteurs et enfin ;
-la poursuite du Programme d’urgence dans les régions du Nord.
-et la poursuite de la mise en œuvre du projet de Formation professionnelle, Insertion et appui à l’Entrepreneuriat des jeunes Ruraux (FIER), qui permettra de couvrir plus de 500 nouveaux villages en 2017 et l’extension des activités du Projet aux régions de Kayes et Ségou. Globalement, à l’horizon 2018, ce sont 15 000 jeunes qui seront alphabétisés et 7 500 projets de jeunes seront financés.

Pour le Secteur Agricole
Estimé à 30,95% du Produit Intérieur Brut de notre pays en 2016, pour une contribution de 2,2% à la croissance, le secteur agricole contribue de façon significative à la croissance économique. La politique agricole qui est en œuvre, vise à garantir la sécurité alimentaire et à faire du secteur agricole, le vecteur de la croissance, assurant le bien-être des Maliens.
Le Premier ministre s’engage résolument à promouvoir une agriculture intensive, diversifiée et durable, assurant, non l’autarcie, mais l’autosuffisance alimentaire et un bon niveau de compétitivité sur les marchés sous régionaux et internationaux.

Abdoulaye Idrissa MAIGA s’engage aussi à réaliser le reliquat de 41 718 hectares sur les 100 000 programmés sur le quinquennat et annonce qu’une partie servira à installer les jeunes pour la production en cultures sèches et irriguées dans la perspective des nouveaux villages agricoles.
Tout comme il promet de renforcer et de diversifier la mécanisation de notre agriculture à travers la mise à disposition de 300 tracteurs, 500 motoculteurs, 800 batteuses et décortiqueuses, 100 motopompes, 1 000 unités mixtes multiculteurs, semoirs et charrettes, 250 semoirs épandeurs, et le contrôle de qualité des engrais à travers la rationalisation du nombre de fournisseurs et à l’analyse approfondie des engrais commercialisés.

Dans le domaine de l’Elevage, la Pêche et de l’Aquaculture
Le Chef du Gouvernement entend poursuivre le programme d’insémination artificielle, la construction d’abattoirs modernes, la production de vaccins et l’exécution des autres projets de développement intégré ou des programmes de développement pastoral. Il annonce au profit des éleveurs et des pêcheurs : 500 botteleuses motorisées, 500 haches pailles semi-motorisées, 120 cages flottantes, 800 kits de conservation et de transformation de poisson.
Conformément à l’engagement du Président de la République, le Premier ministre rassure que les efforts de financement se poursuivront en faveur du secteur agricole, qui bénéficie, cette année, de 15,01% de l’ensemble des ressources budgétaires.

Dans le domaine du foncier
Le Premier ministre annonce que son Gouvernement, d’une part, adoptera un document de politique nationale domaniale et foncière et procèdera à la relecture du Code domanial et foncier, en vue de rationaliser la gestion du domaine national ; et, d’autre part, produira un Système d’Informations Foncières pour asseoir véritablement les fondamentaux de la gestion moderne du foncier et de la fiscalité locale foncière.
Objectif : maîtriser la gestion foncière en vue d’assurer un accès équitable et sécurisé de tous les citoyens à la terre.

Dans le domaine de la Gouvernance
Le pragmatique Premier ministre se propose, dans le cadre de la Politique de Gestion axée sur les Résultats approuvée en février 2016 par le Gouvernement, d’améliorer la qualité des services rendus aux usagers, mais également, d’utiliser de façon plus efficace et transparente les fonds publics.
Pour Abdoulaye Idrissa MAIGA qui prend l’engagement d’y veiller personnellement, « l’atteinte des objectifs d’une telle politique requiert la rénovation des outils du contrôle des finances publiques, afin d’aligner le système de contrôle sur les normes et standards internationaux mais également d’assurer, avec efficience et efficacité, une gestion saine des deniers publics».

Investissement et promotion du secteur privé
Poursuivre la promotion du secteur privé et de l’investissement en améliorant l’attractivité du Mali à travers le développement des infrastructures, des services sociaux de base et la promotion de l’emploi. Ce challenge se traduira par :
– la mise en œuvre de projets en Partenariat Public-Privé (PPP) ;
-des mesures visant à rendre l’environnement des affaires beaucoup plus incitatif au développement de l’entreprenariat et de l’investissement privé ;
-le renforcement de l’efficacité du dialogue Etat-Secteur Privé sur les politiques publiques et ;
-le renforcement et l’amélioration de l’efficacité de l’appui aux PME, PMI à travers la mise en œuvre d’un important programme d’appui au développement des PME, notamment l’accès à la commande publique, l’accès au financement et le renforcement des capacités.

Communication et nouvelles technologies
Le Premier ministre promet de s’employer à ce que rien n’entrave l’exercice normal des libertés publiques, dans le strict respect, bien entendu, des dispositions légales en vigueur et de faire de l’accès à l’information une priorité.

Genre et enfance
La stratégie d’AIM consiste en une intensification de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, à travers l’élaboration et l’adoption d’un Plan décennal d’autonomisation de la femme et de développement de l’enfant et de la famille. Concrètement : assurer la protection des droits de la femme et la lutte contre les violences basées sur le Genre et acquérir dans les meilleurs délais des infrastructures de jeux et loisirs pour les enfants.

Renouveau diplomatique
Il s’agira, explique le Premier ministre de renforcer la présence du Mali sur la scène internationale.
Pour ce faire son Gouvernement intensifiera ses efforts qui seront résolument tournés vers le renforcement de l’action diplomatique pour garantir la paix et la sécurité, la mobilisation des partenaires bilatéraux et multilatéraux ainsi que de tous les Maliens pour une participation active à l’effort de développement national.
Dans ce cadre une Conférence des Ambassadeurs se tiendra cette année même pour fixer les jalons pour une meilleure promotion de l’intégration africaine, de la protection des intérêts économiques et de celle des Maliens vivant à l’extérieur.
Pour réussir ce renouveau diplomatique, le Premier ministre propose, pour la période 2017-2018, une batterie de mesures :
-la relecture de la carte diplomatique et le renforcement de notre place dans le monde;
-la promotion des Maliens aux différents postes, au sein des Organisations Internationales, régionales et sous régionales ;
-la tenue de la 11e Conférence des Ambassadeurs et Consuls généraux ;
– le renforcement de la sécurité juridique de la diaspora malienne ;
-l’implication de la diaspora dans le développement du Mali, à travers le TOKTEN ;
-la poursuite du processus de déploiement de la Force conjointe du G5 Sahel et;
-la poursuite du processus d’élaboration de la Politique Nationale de Coopération au Développement.
Enfin le Premier ministre annonce que son Gouvernement veillera à ce que les Maliens vivant à l’étranger qui souhaitent venir s’installer au pays, puissent bénéficier de facilités les incitant à y investir. Le Code des investissements, en cours de relecture, tiendra compte de cet engagement.

Financement de la DPG
Comment Abdoulaye Idriassa MAIGA compte-t-il mettre tout en musique en termes de priorisation et de moyens à déployer, connaissant les maigres ressources dont dispose l’Etat fortement impactés par les divers engagements souscrits envers les partenaires sociaux ?
Il répondra sûrement au regard de son tempérament, nous dit-on, qui est rigueur et parcimonie. Aux députés il a garanti la traçabilité et annoncé, sans aucun artifice, que «les engagements pris par le Chef de l’Etat, entre Octobre 2015 et Avril 2017, seront mis en avant, dans le sens d’une mobilisation urgente des financements à travers un pacte de partenariat renouvelé ».
En termes de coût financier, le Chef du Gouvernement estime les dotations budgétaires mobilisables, au titre de la Déclaration de Politique Générale, à hauteur de 2 201,164 milliards de FCFA contre 1 682,829 milliards de FCFA en 2017. La répartition des dotations entre les cinq (5) secteurs intervenant sur les quatre (4) axes prioritaires du Gouvernement, se fera de la manière suivante : 32% pour le secteur des « Infrastructures et Production » ; 29% pour le secteur du « Développement social et culturel » ; 23,0% pour le secteur de la « Souveraineté » ; 9,8% pour le secteur du « Développement Durable » et 5,8% pour le secteur de la « Macroéconomie et investissement ».

Par El Hadj Sambi TOURÉ


Source : Africatime

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