Accord pour la paix et la réconciliation au Mali : Pourquoi le régime adopte deux dates différentes ?

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Nous avons été surpris de constater sur la bande annonce du journal l’ESSOR N° 18840 du jeudi 8 juin 2017, deux dates d’anniversaire de la signature du fameux accord dit d’Alger. Lorsque devant un parterre de Chefs d’Etat Africains et de hauts responsables de la Communauté Internationale, la signature a été faite par la Plateforme, le Gouvernement et d’autres mouvements armés non moins importants le 15 mai 2015 au Pavillon des Sports à l’ACI-2000 en l’absence des rebelles de la CMA, IBK a dit dans son allocution que les négociations étaient terminées. Le peuple malien a applaudi et salué le courage de son président en la personne d’IBK, surtout que c’était dans un langage franc et sincère.

C’était mal connaitre le Monsieur car aussitôt quelques jours après cette déclaration fracassante, à l’occasion de la journée du paysan, il est revenu sur tout ce qu’il avait dit lors de la signature.

A la rigueur, le peuple malien a été désabusé par le comportement et le double langage de son président. Une autre cérémonie de signature a été organisée pour les rebelles de la CMA avec faste, le 20 juin 2015. Ils ont même fait attendre des heures, le Président de la République, toute chose contraire à la pratique protocolaire. Peut-être pour cela, IBK n’avait pas le choix, la pression française était très forte.

Le 5 juillet 2015, les parties se sont encore retrouvées à Alger pour d’autres séances de négociation après qu’IBK ait proclamé que les négociations étaient terminées. Voilà, le comportement de l’homme en qui 78% des maliens ont fait confiance, toujours prêt à lâcher la dignité et l’honneur tant chanté pendant la campagne électorale de 2013. Pour ce qui concerne les conclusions de la Conférence d’Entente Nationale (CEN). La reconnaissance d’une entité politique répondant au nom d’Azawad figure bien dans les conclusions de la Conférence d’Entente Nationale. Il en est de même pour les futures négociations à entreprendre avec les terroristes Iyad Ag GHALI et Amadou KOUFA. Dans les recommandations de la CEN il a été bel et bien dit de négocier avec eux. Mais en dépit de cela le Président IBK dans son discours de clôture trouve à dire que la question d’Azawad n’a pas été réglée. Et pour résoudre cette délicate, une commission d’experts sera mise en place intégrant la CMA (forte de ses armes) le Gouvernement (auquel la CMA a toujours imposé ses vues) et la médiation internationale qui met constamment la pression sur le gouvernement.

Cette commission travaillera à huis clos pour résoudre la question. Cela est une manière de contourner les conclusions pour légitimer une Azawad politiquement correct contre la position exprimée par la majorité des Maliens lors de la Conférence d’Entente Nationale.

Quant aux éventuelles négociations avec Iyad Ag GHALI et Amadou KOUFA, IBK a balayé cette recommandation d’un revers de main parce que les Européens à travers les ministres des affaires étrangères de la France et de l’Allemagne ont mis IBK en garde contre cette décision. Cela est une insulte à l’égard de la conférence d’entente Nationale car la question de la négociation avec Iyad et KOUFA a été discutée et la majorité des participants a décidé qu’il faut envisager cette option. Or le président IBK va jusqu’à affirmer que cela n’a été acté nulle part. On se rappelle que c’est seulement deux jours après la clôture de la CEN que les Ministre Français et Allemand des Affaires Etrangères se sont pointés à Bamako pour mettre en garde IBK contre une quelconque négociation avec ces deux djihadistes, qui sont les commanditaires des rapts et des assassinats d’ Européens.

Nous ne sommes pas étonnés qu’IBK falsifie donc les conclusions de la CEN, pour deux raisons inavouées à savoir : – il a promis l’autonomie de la région de Kidal aux autorités Françaises en 2013 pour avoir leur soutien électoral les autorités Françaises tiennent à ce que cette promesse soit tenue . Aussi dans le texte de la future constitution IBK a laissé une porte de sortie pour la création de la nouvelle région autonome de Kidal par le truchement des articles 92 et 98 qui ont pour effet d’aller à la partition d’un pays déjà fragile, d’un Etat fragile. Le fait de falsifier les conclusions de la CEN n’est pas fortuit donc comme on peut le constater.

En conclusion IBK sait ce qu’il veut dans la résolution de la crise malienne, mais c’est le peuple qui ne le sait pas malheureusement. La classe politique et la société civile ont baissé les bras pour une raison ou une autre, comme si toute notre capacité de réagir avait été neutralisée par un phénomène de lassitude.

Dans ces conditions nous ne sommes pas étonnés de voire deux dates d’anniversaires pour la signature de l’Accord d’Alger. C’est le contraire qui nous aurait surpris. Pour le Président IBK l’ascension est terminée. Il a planté depuis quatre ans son drapeau au sommet il peut donc brimer les maliens. Mais attention au point culminant d’un l’oxygène se raréfie et l’évanouissement n’est pas à exclure sur ce lieu haut perché !

La Rédaction

Source : aBamako

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