Contre la révision constitutionnelle : Le PARENA et Tiébilé Dramé affûtent leurs armes !

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Une fois de plus, l’enfant terrible de l’opposition, Tièbilé Dramé, a monté ses grands chevaux, pour s’insurger contre le régime IBK. En effet, samedi dernier, le Président du PARENA (Parti pour la Renaissance Nationale) a animé une conférence de presse sur le projet de révision constitutionnelle de 1992 et le Programme routier « Prioritaires » du Président (PPP).

C’était à la Maison de la Presse de Bamako. Qualifiant l’initiative présidentielle de « révision inutile », Tiébilé et son parti entendent utiliser tous les moyens légaux pour faire barrage au referendum prévu le 09 juillet 2017.

D’entrée de jeu, il a prié l’assistance de bien vouloir observer une minute de recueillement et de prières à la mémoire de toutes les victimes de la crise dans laquelle le Mali est désespérément plongé…

Selon lui, « jamais le Mali n’a été autant divisé sur une question. Jamais ».

« NON AU BRICOLAGE DE LA CONSTITUTION DE 1992 »

A ses dires, la constitution que le président, le gouvernement et la majorité des députés veulent réviser est le fruit d’un consensus républicain élaboré par toutes les forces vives du Mali pendant la conférence nationale souveraine organisée au lendemain de l’insurrection populaire victorieuse de mars 1991. A cet effet, Tiébilé a poursuivi en ces termes : « Si elle n’est ni le Saint Coran ni la Sainte Bible, elle ne doit pas, elle ne peut pas être révisée sans dialogue politique, sans concertation avec l’opposition et les forces vives du pays. Le président et son gouvernement tentent en ce moment un passage en force qui procède du mépris et de l’arrogance et qui heurte la conscience démocratique ».

A l’entendre, cette tentative de révision constitutionnelle divise le pays au moment où il a besoin d’être rassemblé pour faire face aux nombreux défis qui menacent l’existence de notre Nation. « Plus de 500 écoles sont restées fermées au nord et au centre. Au moins 70 sous-préfets ont été contraints de fuir leurs postes. Dans ces conditions, vouloir organiser un scrutin référendaire relève de la cécité et du manque de sagesse », déplore le président du PARENA.

Avant de laisser croire que « ce qui est en cours, n’est pas une révision, c’est un bricolage de la constitution de 199 2 ». C’est pourquoi, il fera comprendre que le PARENA lance un vibrant appel à toutes celles et à ceux qui sont opposés au bricolage encours de notre constitution à se rassembler dans une large convergence, une large coalition, un large front pour exiger le retrait de ce projet diviseur et dangereux pour la cohésion nationale.

« LES PROJETS ROUTIERS “PRIORITAIRES” DU PRÉSIDENT »

Concernant ces chantiers, le président du PARENA a reconnu l’intention louable des autorités du pays. Car, a-t-il expliqué, les populations et l’activité économique souffrent, en toutes saisons, du mauvais état des voies de communication. Toutefois, selon lui, cette opération de désenclavement a été l’occasion de montages financiers douteux et scabreux avec comme résultat une énorme évaporation financière au détriment du contribuable malien.

Tiébilé Dramé a déclaré que les marchés ont été attribués à la suite de “consultations restreintes” qui ont ouvert la voie à d’énormes surfacturations et à des détournements de deniers publics. Comme argument, il a souligné : « interrogés, plusieurs spécialistes travaillant dans le secteur des routes ont répondu que le coût maximum du kilomètre de bitume au Mali ne saurait excéder 250 millions de francs CFA quelle que soient la qualité et l’épaisseur du goudron». Il a exhorté l’Assemblée nationale à diligenter une enquête parlementaire pour faire toute la lumière sur les conditions de financement des PPP. Enfin, il a exigé la démission immédiate de tous les responsables impliqués dans le montage des dossiers et la passation des marchés des PPP.

Aux dires du président du PARENA, cette révision est inutile. Ce referendum n’a pas de sens, a-t-il soutenu. Il a fait comprendre que tous les leaders de l’opposition sont déterminés à combattre cette tentative de coup d’Etat politique. Pour ce faire, il estime que la société civile doit jouer sa partition.

Jean Goïta

Source : aBamako

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