Des associations contre elle : ‘’AN TE SON A BANA’’ s’organisent.

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Le Dimanche 11 Juin 2017, à la pyramide du souvenir, des dizaines d’associations des jeunes, des artistes engagés, des membres de la société civile, des leaders politiques comme Mme SY Kadiatou SOW de l’ADEMA, Tièblé DRAME du PARENA, et Amadou THIAM de l’ADP-MALIBA réunis sous la coordination CO.M.O.DE sont venus nombreux écoutés les éminents juristes et avocats sur la révision constitutionnelle que le président IBK et son gouvernement veulent imposer au peuple Malien. Malgré le fait que les deux ponts dans la matinée sont restés coupés à la circulation, les forces patriotiques du Mali ne voulaient pas rater l’occasion d’aller exprimer leur position tranchée contre la révision constitutionnelle.

Tiebilé Dramé, cet homme connu pour sa franchise et son engagement pour le Mali, fut le premier à prendre la parole. Après avoir apprécié la qualité des participants, il a longuement encouragé les jeunes, fer de lance de toute action citoyenne, les avocats, les juristes, les artistes engagés et l’ensemble des forces patriotiques à rester unis et solidaires pour la cause du Mali. Le Mali est ébranlé à cause de l’insécurité de plus en plus grandissante depuis 2012 et cela malgré la présence d’une multitude de forces armées étrangères. Cette instabilité a provoqué des conséquences graves y compris, la mort de plus de 500 Maliens, la fermeture de plus de 500 écoles au Centre et au Nord du pays, l’absence de plus de 70 sous-préfets de leurs postes respectifs. C’est dans ce contexte qu’IBK veut réviser la constitution sans le minimum de consensus. Selon M. DRAME cette nouvelle constitution divise le Mali, donc les participants doivent être les nouveaux acteurs démocratiques pour sauver notre démocratie et notre pays.

Quant à Mme SY Kadiatou SOW, pour elle, la CO.M.O.DE et l’ensemble des forces patriotiques doivent barrer la route à cette nouvelle constitution en mettant des stratégies efficaces en place. Nous sommes tous les gardiens et les gardiennes de la démocratie.

L’honorable THIAM dira dans son intervention que c’est un combat collectif qu’on mènera ensemble, raison pour laquelle un comité de coordination a été mis en place. Ce comité directeur sera dirigé par une plateforme qui sera représenté au niveau national et local. Le but recherché est de rejeter cette constitution le jour du vote.

A la suite des premiers orateurs, de brillants avocats à l’image de Maître BEMBA ont fait des interventions remarquables, pour démontrer un manque de concertation, le déficit chronique d’arguments et d’insuffisance juridique par rapport aux motifs de la révision constitutionnelle. Cette nouvelle constitution manque de dates, son contenu est vide, et plein d’incorrections.

Maître TOURE, sans utiliser la langue de bois dira que cette révision constitutionnelle est une tentative de tripatouillage de la constitution. Ce constat est que l’accord d’Alger est basé sur les collectivités alors que la nouvelle constitution fait que les collectivités issues de l’Accord d’Alger sont tellement fortes au point que l’Etat est mis entre parenthèse. Parce que tout simplement ce régime est faible, à chaque pression des ex-rebelles l’Etat cède. En fait l’Accord d’Alger qui défigure le Mali est entrain d’être constitutionalisé alors que les Maliens n’ont pas accepté cet Accord. Et Le Senat est apparu dans cet Accord d’une manière très subtile.

Quant à l’ancien ministre du garde des sceaux, Maître Abdoulaye Garba TAPO, il a dans son intervention invité les uns et les autres à aller au fond dans ce combat. Selon lui, si cette constitution passe, on ne vivra plus dans une République démocratique mais plutôt dans une monarchie que le Mali n’avait jamais connue.

La réunion s’est terminée avec la mise en place d’une plateforme pouvant mener cette lutte d’une manière coordonnée sur l’ensemble du territoire National. La plateforme est composée de 5 comités à savoir : un comité d’information et de sensibilisation, un comité en charge des finances, un comité de stratégie, un comité de travail, et un comité de protocole et sécurité. Les participants ont dénommé leur mouvement ‘’AN TE SON A BANA’’ ce qui pourrait signifier en Français ‘’ne touche pas à ma constitution’’

Plusieurs autres célébrités comme les rappeurs MILMO, Master SOUMI et Ras BATH ont séduit les participants à travers des révélations et des déclarations. Ils ont conseillé de faire moins de réunions et d’agir beaucoup sur le terrain. Pour le Rasta, la présidente de la cour suprême, Manassa DANIOKO, les ministres Tieman Hubert COULIBALY et Maître TAPO sont des traitres.

Pour mieux saisir le contexte, nous vous livrons en intégralité la déclaration de la coordination Malienne des Organisations Démocratiques (CO.M.O.DE) sur la révision constitutionnelle.

Le Samedi 3 juin 2017, l’Assemblée Nationale du Mali a adopté le projet de la nouvelle constitution du Mali déposée à l’initiative du Président de la République. Ce nouveau projet, modifié la constitution du 25 Février 1992 adoptée par le Mali suite à l’insurrection populaire du 26 mars 1991.

Apres analyse, la CO.M.O.DE rejette ce nouveau projet de Constitution qui ne repose sur aucune urgence d’intérêt national. De toutes les justifications avancées par l’Etat, nous retenons qu’il ne s’agit que d’adapter notre Constitution à l’Accord d’Alger ce qui met cet Accord au dessus de la Constitution de la République pourtant votée par le peuple souverain du Mali en 1992. En plus de la vassalisation de notre pays, cette révision constitutionnelle constitue un grand recul par rapport aux acquis du 26 mars 1991. La CO.M.O.DE affirme notamment :

Qu’elle trouve inopportune la création d’une seconde chambre au Mali ;
Que cette révision porte gravement atteinte aux valeurs démocratiques si l’on sait que le Président de la République s’entend s’arroger désormais le droit de réviser la Constitution sans referendum, designer un tiers des membres du sénat et le Président de la Cour Constitutionnelle.
La CO.M.O.DE et l’ensemble des forces patriotiques du Mali se battront pour arrêter la dérive du Président de la République et faire respecter les libertés publiques. La CO.M.O.DE dénonce la répression aveugle qui s’est abattue sur les marcheurs de l’association « trop c’est trop » opposés à ladite révision constitutionnelle. La CO.M.O.DE en appelle à la vigilance et à la mobilisation de tous les démocrates pour faire échec à ce projet de reforme constitutionnelle.

Seydou Diarra

Source : aBamako

aBamako