Procès Karim Keita contre Le Sphinx : Le verdict attendu le 20 juin

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Le Procureur a requis la peine de 3 mois avec 100 000 d’amende contre Adama Dramé en demandant au Tribunal de lui reconnaitre le bénéfice du sursis à l’exécution de cette peine

Le procès tant attendu en diffamation opposant l’hebdomadaire d’investigation Le Sphinx à l’honorable Karim Keita s’est tenu hier mercredi 14 juin au Tribunal de Grande instance de la Commune III du District de Bamako. C’était en présence du prévenu, Adama Dramé, directeur de publication. Le plaignant, Karim Keïta était absent à la barre, mais représenté par ses avocats dont l’ancien ministre, Me Mamadou Gaoussa Diarra et autres.

Cette audience au fond intervient 15 jours après celle portant sur l’audience de consignation. Le procès a d’abord démarré sur fond d’exception de nullité de la procédure soulevée par la défense assurée, entre autres, par Me Cheick Oumar Konaré, Me Diop. Pour la défense, la procédure porte sérieusement atteinte à l’intérêt de la défense. Les avocats ont demandé la nullité de la procédure et l’arrêt des poursuites contre Adama Dramé.

Quant aux avocats de la partie civile, ils ont jugé ces moyens de dilatoires, avant de demander à entrer dans le fond du dossier.

Suspendue puis reprise sans les avocats de la défense qui ont refusé de plaider pour insuffisances procédurales, l’audience a débattu la question au fond en présence du directeur du Sphinx seul, avant de fixer la date du délibéré au 20 juin prochain. Sur les intérêts civils réclamés par Karim Keita et qui s’élèvent au montant de 4 milliards, le procureur a jugé cette demande exagérée avant de demander au Tribunal de ramener à juste proportion. Quant aux avocats de la partie civile, ils ont demandé à ce que cette question ne soit pas ce qu’il a toujours été en matière de délit de presse, à savoir « la condamnation au franc symbolique », mais de fixer un montant pour qu’il serve d’exemple et marquer le sérieux dans l’affaire.

Ce qu’il faut retenir en attendant le verdict, c’est que le ministère public a retenu le prévenu dans les liens de la prévention en le déclarant coupable des faits de diffamation. Sur la peine, il a requis la peine de 3 mois avec 100 000 d’amende contre Adama Dramé en demandant au Tribunal de lui reconnaitre le bénéfice du sursis à l’exécution de cette peine. Mieux, le représentant de la société a traité Adama Dramé « de grand journaliste d’investigation ».

Les faits : Le Sphinx est accusé par Karim de diffamation dans un article titré « Les Hirondelles, rebaptisé hôtel Sefeto, vient d’être acheté par le nouveau nabab de Bamako, Karim Kéïta, à 4 milliards de francs CFA ». Dans un autre article mettant en cause le député dans une affaire de libération d’un escroc qui aurait dédouané une marchandise avec un chèque non certifié. Karim Keita estime être lésé et réclame 4 milliards de FCFA à l’hebdomadaire pour diffamation.

Daniel KOURIBA et AMTouré

Source : aBamako

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