Soutien de l’ONU à une force antijihadiste au Sahel: Le Drian pense « y arriver »

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Dakar, 15 juin 2017 (AFP) - Le ministre français des Affaires étrangères
Jean-Yves Le Drian s'est dit jeudi à Dakar plutôt confiant dans les chances de
faire approuver par l'ONU la création d'une force conjointe antijihadiste par
les pays du G5 Sahel.
Le projet de résolution présenté par la France pour appuyer, y compris
financièrement, le déploiement de cette force conjointe du G5 Sahel (Burkina
Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) rencontre des réticences au Conseil de
sécurité, en particulier de la part des Etats-Unis.
Face à "l'accroissement de la menace terroriste sur certains Etats du
Sahel, singulièrement d'ailleurs sur le Mali, le Burkina et le Niger", M. Le
Drian a salué l'initiative de ces pays qui, au sein du G5 Sahel, ont "décidé
de créer une force conjointe pour mener des opérations contre le terrorisme".
"Nous pensons qu'il faut les appuyer dans cette démarche, parce que la
sécurité des Africains ne viendra, in fine, que par les Africains eux-mêmes"
a-t-il ajouté, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue
sénégalais Mankeur Ndiaye.
Avec le Sénégal, qui siège actuellement au Conseil de sécurité, "nous
essayons de faire avancer cette thèse, je pense que nous y arriverons", a
affirmé le chef de la diplomatie française.
Avant le Sénégal, M. Le Drian a entamé sa tournée ouest-africaine par la
Guinée mercredi soir. Il est attendu ensuite en Mauritanie, ou il doit
notamment se rendra au siège du "G5 Sahel
Le prochain sommet du G5 Sahel se déroulera le 2 juillet à Bamako en
présence du président français Emmanuel Macron.
Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes
jihadistes liés à Al-Qaïda. Les jihadistes ont été en grande partie chassés de
cette région par une intervention militaire internationale, lancée en janvier
2013 à l'initiative de la France, et qui se poursuit actuellement.
Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes,
françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières,
malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix censé isoler
définitivement les jihadistes.
Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du pays, et
le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le
Niger.
Cette dégradation de la situation a conduit les pays touchés à réactiver le
projet de force conjointe du G5 Sahel, évoqué depuis 2015.
sst/sba

Source : aBamako

aBamako