Un illustre inconnu à l’Elysée : Emmanuel Macron, d’où viens- tu ?

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Comment est-ce possible ? Que dans un pays séculaire, multimillénaire et structuré comme la France, un inconnu sortie du néant pour exercer le plus suprême de des pouvoirs ? Des livres sont déjà en chantier pour décortiquer le phénomène du siècle.

Contentons-nous ici de découvrir le parcours sommaire du berceau au plus haut des bureaux, histoire d’avoir une base de compréhension. Macron est né à Amiens, département de la Somme…

Oui, oui la ville que vous avez étudiée dans les cours sur la 2e guerre mondiale. Amiens est dans le nord. Un détail qui a son importance. Il est venu au monde en décembre 1977 dans une famille de médecins de haut niveau : par son père, sa mère et son petit frère et sa petite sœur.

Donc l’enfance difficile, «n’est pas pour lui». Il serait le seul littéraire de la famille malgré son bac (scientifique) et passera hypocagne, khâgne avant d’être lauréat du concours général de français en 1994. Avec son bac mention très bien, il prépare une maitrise de philo (sur Hegel) et un DEA sur Machiavel.

Oui Machiavel ! Là, au lieu de s’inscrire en thèse, il va faire Sciences PO à l’IEP de Paris (1999-2001) et enchaine immédiatement avec l’ENA (2002-2004) d’où il sort 5e de la promotion «Senghor» avec le grade d’inspecteur des finances (comme Valery-Giscard d’Einstein).

Son bon rand à la sortie de l’ENA lui ouvre les portes de l’IGF (Inspection général de France), l’une des boites prestigieuses où le patron l’adopte et le prend sous ses ailes. Ceci est l’une des caractéristiques dans la vie de Macron. : Partout il se fait remarqué des chefs qui le couvrent, qui le protègent et le recommandent.

Car, il faut le dire, toujours le plus jeune, mais aussi le plus brillant, le plus culotté et le plus assidu au travail. Le jeune a du bagage, de l’intelligence et de l’ambition. Il n’a jamais compté que sur lui-même et son travail.

Alors qu’il n’a intégré le corps des inspecteurs de l’IGF qu’en 2004 en tant que stagiaire, le voilà en 2007 rapporteur de la commission ATTALI. Incroyable ! En 2010, il est membre titulaire de la commission par décret, s’il vous plait. Il est sollicité par les ministres et refuse des offres.

Il en a marre de la Fonction publique, car attiré par le privé. Il intègre une banque. Pas n’importe laquelle : Rothschild ! Nous sommes en 2008. Le génie devient gérant-associé en un clin d’œil : il devient un patron parmi les plus grands patrons de France pilotant ainsi des opérations bancaires d’envergure.

Petit détail : pour avoir sa disponibilité et quitter la fonction publique (la loi l’oblige à rester 10 ans), il paie 54 000 euros à l’Etat français. Mais il faut savoir qu’une fois banquier d’affaire, il gagne 2.800.000 euros entre 2009 et 2013. Le «Mozart des finances» (son surnom) est immensément riche.

Toujours plus haut, toujours plus fort

La vie de Macron à ce jour, est une suite de successions heureuses discontinues. Certains cherchent toute leur vie à être ministre sans y parvenir. Lui y arrive sans rien demander, sans se battre et sans aller voir aucun marabout.

Et pas n’importe quel ministère : celui de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique. Et il démissionne au bout de deux ans (août 2014 août 2016) pour fonder «En Marche» ! Il tente l’aventure de rien : auparavant il avait quitté les banques pour devenir le Secrétaire général Adjoint du cabinet du président de République. A ce poste, on ne parlait que de lui et plus personne ne se rappelle du SG titulaire.

Côté politique et militantisme, Macron a été acquis à la Gauche grâce à la mine de sa mère. Une Noguès pauvre des Pyrénées (la France espagnole ou basque pour lui qui préfère). Un lien qui le rapproche de Manuel Valls espagnole devenu français en 1982. C’est Valls qui demande à Hollande deux fois de nommer Macron ministre.

La première fois les circonstances ont empêché le choix. Il a été militant du PS en 2006 seulement. Et il payait sa carte et ses cotisations. Il était toujours à jour. En 2009, il ne reprend son conte. Mais le mentor parmi les mentors Jacques ATTALLI n’a jamais pris sa carte de PS. Son bureau était pourtant le passage pour accéder au président François Mitterrand. La porte qui communiquait le bureau du Conseiller spécial à celui du PR n’était jamais fermée.

Jusqu’ici tout a été facile. Jusqu’ici !

Tentiguiba DANTE

Source : aBamako

aBamako