Mme Haïdara Aïchata Cissé dite Chato : ‘’Le Mali ne pourra jamais être en sécurité tant que le désarmement de tous les groupes et de tous les individus n’est pas effectif’’

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Hier, jeudi 15 juin 2017, lors des débats autour de la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier Ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga à l’Assemblée nationale du Mali, l’honorable HaïdaraAïchata Cissé dite Chato, député élue à Bourem a fait une intervention sur la sécurité au nom du groupe parlementaire APM (Alliance pour le Mali). Dans sa déclaration, la présidente des femmes parlementaires du Mali, l’honorable Chato, non moins présidente du Caucus des femmes du parlement panafricain a mis l’accent sur l’insécurité récurrente qui sévit au Mali depuis belle lurette. Selon elle, le Mali ne pourra jamais être en sécurité tant que le désarmement de tous les groupes et de tous les individus n’est pas effectif. « Dans le Nord et au centre du Mali, les armes se vendent sans contrôle, cela n’est pas de nature à ramener la sécurité tant recherchée », a-t-elle déploré.

S’adressant au Premier Ministre, l’honorable Chato a fait savoir que la mise en place du MOC (Mécanisme Opérationnel de Coordination) à Gao est à saluer mais le constat sur le terrain est qu’il y a beaucoup de problèmes. Avant d’ajouter que malgré la présence du MOC au sein duquel tous les groupes sont représentés et qui est censé faire des patrouilles pour sécuriser les populations, le constat est que les braquages, les enlèvements de biens et de véhicules sont devenus le quotidien à l’intérieur même de la ville. Par exemple, dit-elle, cinq véhicules ont été enlevés par des groupes plus ou moins connus. « Monsieur le Premier Ministre, pouvez-vous nous dire le résultat des enquêtes et les dispositions qui ont été prises pour mettre les bandits hors d’état de nuire ? Quel est le rôle de la Minusma pour aider les FAMA à ramener la sécurité afin de rassurer les populations? Quels sont les critères d’embauches des membres du MOC ? Il nous revient avec insistance que certains membres du MOC s’adonnent à des actes de banditisme. Si cela est prouvé, que comptez-vous faire pour y remédier ? A quand sa fonctionnalité dans les autres régions ? Comment expliquez-vous que, malgré les moyens sophistiqués : drones, hélicoptères dont disposent la Minusma, il y a régulièrement des roquettes lancées sur la base de Tombouctou. Ces équipements ne peuvent-ils pas détecter ces roquettes ? », S’interroge-t-elle. Concernant le processus de DDR (Démobilisation, Désarmement et Réinsertion), l’honorable HaïdaraAïchata Cissé note ceci : « Notre pays ne pourra jamais être en sécurité tant que le désarmement de tous les groupes et de tous les individus n’est pas effectif. Dans le Nord et au centre du Mali, les armes se vendent sans contrôle, cela n’est pas de nature à ramener la sécurité tant recherchée ». A l’en croire, toutes les routes en constructions vers le nord et le centre sont souvent arrêtées où dynamitées à cause de l’insécurité. « La route Gao/ Bourem en souffre ; pouvez-vous nous dire où est ce qu’on en est par rapport à cette route et quelles sont les dispositions prises pour sécuriser le matériel et les travailleurs ? Monsieur le Premier Ministre, je vous demande par la même occasion de prendre les dispositions idoines pour contrôler le port de la tenue militaire et la circulation des engins à deux roues. Le constat est qu’aujourd’hui, n’importe qui peut porter la tenue militaire et abuser des populations. Il est à noter que la plupart des attaques se font par des bandits armés à moto », a-t-elle déploré. En outre, l’honorable Chato s’étonne de voir la base de Nampala enregistré autant de problèmes. « La sécurité repose en grande partie sur le renseignement et la bonne communication d’où la nécessité d’associer les populations pour dénoncer toute personne suspecte auprès des autorités. J’exhorte le gouvernement à mieux communiquer en donnant la bonne information en temps réel à travers les journaux et les réseaux sociaux. Monsieur le Premier Ministre, la tâche est tellement difficile que l’union sacrée des Maliennes et Maliens reste la seule alternative pour un Mali en paix, un et indivisible. Aucune force étrangère ne pourra pacifier notre pays, si nous ne nous donnons pas la main pour un sursaut patriotique », a conclu la présidente des femmes parlementaire du Mali.

Aguibou Sogodogo

Source : aBamako

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