Sans Tabou: retour de l’administration au nord, la volte face de trop de la CMA

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Décidément, la Coordination des mouvements armés (CMA) est loin de renoncer à ses manœuvres dilatoires consistant à mettre le bâton dans les roues du processus de paix enclenché, depuis 2015. À travers un communiqué en date du lundi dernier, elle vient de remettre en cause les recommandations de la 18e session du CSA à laquelle elle a activement pris part, à travers ses représentants, sur le retour de l’administration à Kidal.

Dans un communiqué en date du 12 juin dernier signé de son porte-parole, Ilad Ag Mohamed, la CMA vient de surprendre les acteurs de la paix de notre pays par son désaccord au chronogramme arrêté en commun accord pour retour de l’administration d’État à Kidal.
« La Coordination des mouvements de l’Azawad informe l’opinion nationale et internationale qu’elle vient de prendre connaissance d’un document, intitulé “CHRONOGRAMME DU RETOUR DE L’ADMINISTRATION A KIDAL AVANT LE 20 JUIN 2017” signé le 09 juin courant à Bamako. Ce document est loin de refléter le résultat des pourparlers convenus entre la CMA et les différents acteurs impliqués dans l’établissement du programme du retour de l’administration à Kidal », indique le communiqué. En effet, poursuit le communiqué, la CMA n’est nullement engagée par ce document et appelle tous les acteurs crédibles à une concertation rapide pour élaborer un chronogramme réalisable pour l’opérationnalisation des autorités intérimaires et du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) dans les régions de Tombouctou, Gao, Ménaka, Taoudéni et Kidal afin de concrétiser les actions prévues au cours de cette période intérimaire.
Pourtant, le 6 juin dernier, à la fin des travaux de la 18e session du CSA, il est mentionné dans le communiqué final : « Le Comité́ a salué́ la décision des parties maliennes de mener un certain nombre d’actions, avant le 20 juin 2017, permettant ainsi l’installation des Autorités Intérimaires, du Gouverneur, du Mécanisme Opérationnel de Coordination et Patrouilles mixtes à Kidal ».
Cette position ainsi affichée par la CMA n’est ni moins ni plus qu’une volte-face, un dilatoire visant à prolonger inutilement l’échéance de mise en œuvre de l’accord pour la paix.
Le pire, c’est qu’il ne s’agit pas là d’une première. En effet, à chaque étape de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, la CMA procède à des dilatoires pour prolonger l’échéance. Pour autant, les responsables de ce même groupe armé brillent toujours par des critiques vis-à-vis de l’État par rapport aux retards accusés dans la mise en œuvre de l’Accord, alors que ce sont eux qui sont à l’origine du blocage du processus. À maintes reprises, des étapes de la mise en œuvre de l’accord pour la paix ont pris des retards dans leur exécution, à cause des agissements des responsables de ce groupe armé.

Pour rappel, après avoir salué le décret pris par le gouvernement en conseil des ministres extraordinaire, concernant la mise en place des autorités intérimaires, la CMA est sortie de sa cachette pour crier sur tous les toits en dénonçant une soi-disant incohérence constatée dans ledit décret. De plus, l’opérationnalisation du mécanisme opérationnel de coordination MOC dans la région de Kidal n’a pas pu être effective, à la date d’aujourd’hui, à cause de l’occupation du Camp 1 de la ville par la CMA. Après la décision de mettre à la disposition de la MINUMA le camp de Kidal pour son aménagement en vue d’accueillir le MOC, la CMA a mille fois hésité avant de céder face à la pression de la communauté internationale. Idem, pour l’étape des listes des combattants devant constituer le MOC de Kidal où la CMA a été la dernière à s’exécuter plusieurs semaines après la Plateforme et le gouvernement.

Par Sikou BAH

Source : aBamako

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