Le président du parti Sadi face à la presse : Dr Oumar Mariko demande un audit du stock de cartes Nina non distribuées

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Pour renforcer les échanges entre le parti et les militants à la base, l’Honorable Dr Oumar Mariko, président du parti Sadi (Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance) était devant la presse, hier jeudi 8 juin 2017, pour échanger sur les résolutions des journées communales du parti tenues les 22 et 23 avril 2017 à Koutiala. Aussi, a-t-il profité de cette tribune pour décocher des flèches vers le président Ibrahim Boubacar Kéïta.

Les journées communales de Sadi sont organisées conformément aux recommandations du 4e congrès statutaire du parti. Aux dires de Dr. Mariko, les journées communales visaient, entre autres, à renforcer les connaissances des élus du parti pour leur permettre de jouer pleinement leurs rôles, de promouvoir la participation des citoyens longtemps exclus des processus de prises de décisions et du partage des fruits du travail social, des avantages du progrès économique, technique et culturel ; d’améliorer le niveau d’information des élus de la commune sur le fonctionnement de l’institution communale ; d’établir un dialogue constructif sur le développement de la commune pour parvenir à la transparence dans la gestion ; d’identifier des pistes de solutions pour améliorer les performances de la commune ; d’impliquer les populations dans la gestion de leurs propres affaires ; d’améliorer la confiance entre les acteurs pour renforcer le partenariat et la participation autour des questions de développement. “Le parti Sadi s’est toujours investi inlassablement dans le travail fondamental et déterminant d’éducation politique par l’information, la sensibilisation, la formation des populations et le débat démocratique afin d’assurer la prise de conscience scientifique de leur situation sociale et des enjeux qui déterminent leur devenir, leur mobilisation et leur action autonome, seuls garants du changement social réel et de la maîtrise de leur destin”, a dit Dr Mariko.

A l’issue des journées, le Bureau politique et les élus communaux ont convenu d’instituer ces journées communales dans l’agenda politique du parti afin de renforcer les échanges entre le sommet et la base, permettre aux élus de jouer pleinement leur rôle de militants au service de la communauté et au Bureau politique de cerner les difficultés de gestion communale sur le terrain, d’évaluer le rapport entre le pouvoir et les élus Sadi.

Au cours des journées, les élus, les membres du Bureau politique, du Comité central, les membres du Comité scientifique ont abordé toutes les questions liées à la gouvernance du pays par le régime d’Ibrahim Boubacar Kéita. Il s’agit du foncier, de la situation sécuritaire qui se dégrade chaque jour davantage, à la révision constitutionnelle, à la résolution de la crise sociale au Mali.

Sur la gouvernance d’IBK, les élus (conseillers et maires), selon Oumar Mariko, ont constaté avec amertume que l’espoir suscité par l’élection d’Ibrahim Boubacar Kéita à la présidence de la République en août 2013 a vite tourné au cauchemar pour l’écrasante majorité des Maliennes et des Maliens. “Aux scandales politico-financiers du début de mandat d’IBK, se sont succédés l’immobilisme, l’injustice, la corruption, l’insécurité généralisée dans l’indifférence de celui qui est censé être le gardien de notre sécurité et de notre souveraineté. Les élus du parti Sadi ont constaté l’incapacité de M. Ibrahim Boubacar Kéita et ses alliés à faire face aux défis qui sont imposés à notre nation. Les élus du parti Sadi appellent les patriotes et progressistes du Mali à s’unir pour infliger à Ibrahim Boubacar Kéita et au RPM en 2018 une sanction exemplaire à la hauteur des dégâts occasionnés par leur gouvernance “, déclaré Dr. Mariko.

Sur le foncier, les élus du parti Sadi ont constaté que des spéculateurs fonciers et leurs alliés-protecteurs, convaincus de leur impunité, débordent actuellement le cadre urbain pour s’attaquer aux terres agricoles, privant ainsi des milliers de paysans de leur base de vie. “Les élus du parti Sadi appellent le peuple souverain du Mali à prendre conscience de l’expropriation rampante de nos terres par des prétendus opérateurs économiques nationaux, véritables chevaux de Troie du capital financier international “, a-t-il indiqué.

Par rapport à la sécurité, les élus du parti Sadi ont déploré la généralisation de l’insécurité sur l’ensemble du territoire national. Ils ont exprimé leur reconnaissance et leur soutien aux forces de défense et de sécurité du Mali ; ils ont appelé les Maliens à l’unité, à la vigilance et à ne pas céder aux démons de la division et des replis communautaires.

Le parti Sadi demande l’audit des stocks des cartes Nina

Sur les cartes Nina, les élus Sadi ont constaté que l’enrôlement au Ravec ne se fait pas dans une grande partie des communes, surtout pour les personnes nouvellement en âge de voter ; que l’accès à la carte Nina est devenu un facteur de discrimination pour l’accès aux emplois ; constatent qu’un nombre important de cartes Nina non distribuées sont stockées dans les bureaux des sous-préfets et des maires des communes du district de Bamako. Les élus de Sadi ont appelé à un audit diligent des stocks non retirés de cartes Nina sur toute l’étendue du territoire du Mali et à des solutions pour en assurer la traçabilité et une gestion transparente.

“La nouvelle Constitution est une Constitution libérale”

Sur la révision constitutionnelle, Dr. Oumar Mariko a laissé entendre que les élus Sadi ont exprimé leur opposition au projet de révision constitutionnelle en cours qui s’attache beaucoup plus, à leurs yeux, au renforcement des pouvoirs du président de la République et à la création d’institutions dont la pertinence est discutable. “Dans la nouvelle Constitution, le président de la République devient le chef suprême de la nation avec tous les pouvoirs. Il n’y a pas eu de débats autour de cette Constitution. Ce qui est une carence, une insuffisance de la démocratie. Le peuple n’a pas droit au chapitre.

Le régime fait tout pour que le peuple reste ignorant. Nous avons ce problème au Mali. Les élus ont insisté sur le fait que l’insécurité généralisée au Mali, la montée des revendications sociales, les tensions politiques nées du mépris et de l’arrogance du régime, ont créé une situation délétère sur le front social peu propice à des débats sereins que requiert la révision de la Constitution. La nouvelle Constitution d’IBK est une Constitution libérale. Pour cela, les élus Sadi appellent le peuple malien pour un changement de régime en 2018 et enclencher un changement de Constitution pour aboutir à une nouvelle République basée sur les valeurs”, a-t-il avancé.

D’autres sujets, comme le traitement des maires, les régions nouvelles créées dont celles qui ne sont pas opérationnelles, ont été abordés.

Selon Dr. Oumar Mariko, les élus du parti Sadi ont engagé le gouvernement à rendre opérationnelles les régions de Bandiagara, Douentza, Nara, Nioro, Kita, San, Dioïla, Bougouni et Koutiala avant les prochaines élections municipales. “Il s’agit d’un devoir de justice”, a-t-il dit.

Siaka Doumbia

Source : aBamako

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